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mercredi 13 mars 2013

Les requins (dé)masqués



L'attraction principale de la ville de Québec n'est pas ce que l'on peut croire. Pas le Château Frontenac. Pas la Grande Allée. Pas le futur amphithéâtre que l'on peut voir pousser de l'observatoire de la ville.

Même pas toutes ces radios cacophoniques.

Non, l'attraction numéro un, c'est le maire Labeaume. Pas une journée de congé dans les journaux. Pas une. 

Des Unes ! Il est intraitable. Il est infatigable.

Bénédiction du pape...heu...du maire Labeaume.


L'une de ses dernières sorties en liste, la semaine dernière - on en dénombre vingt-trois depuis - concerne sa réaction à la hausse débile de 1000 % de taxes municipales encaissée par des fermiers de Beauport.

« C'est la vie. » dixit le Maire.

Et d'ajouter que cela n'a rien à voir avec les spéculateurs, ou ce que l'on peut appeler les requins des champs.



J'en parlais justement un peu en août dernier.

Ainsi vient la mise à jour...

***

Vous avez tout plein de fric. Vous voyez ces terres à vendre dans une zone agricole. Vous payez jusqu'à 15 fois la valeur réelle.

Achetez-en plusieurs. Encerclez ceux qui résistent à vos incessantes - et fichtrement alléchantes - offres d'achat.

Faites-vous des contacts à la ville. Attendez un dézonage. Rêvez déjà à ce tout nouveau quartier résidentiel que vous construirez. Salivez devant toutes ces années à vivre dans le Sud en regardant simplement votre compte en banque accumuler tous ces revenus.

Vos amis vous le disent. Vous êtes à deux pas du statut de génie !



Pendant ce temps, les fermiers résistants verront leurs comptes de taxes exploser, ça finira bien par devenir intenable - ils finiront bien par vendre, les saligauds !

Et lorsqu'il n'y aura plus de terres à vocation agricole dans la dite zone, ça deviendra facile de dézoner, tiens !

Même si ces terres agricoles sont supposées être protégées par la Ville jusqu'en 2025...

La nouvelle et les réactions ici, là-bas et un peu plus loin, genre à Beauport.

***

D'un côté, la Ville se dit ouverte à l'idée de l'agriculture urbaine, et de l'autre, il y a ce que je viens de résumer.

Non mais, humons donc, c'est le parfum de la contradiction, non ?

On souhaite de plus en plus acheter des produits alimentaires de proximité. À titre personnel ou local, l'agriculture urbaine peut contribuer.

La ferme en ville aussi !

Bien hâte de voir la nouvelle politique agricole du ministre Gendron, qui dit souhaiter mettre un terme à la spéculation des terres agricoles.

Un simple voeu ? Ou une réelle volonté ?






jeudi 6 décembre 2012

Veux-tu de la gomme?


On lit souvent le nom de cet ingrédient sur les étiquettes sans y porter attention. Pourtant, la gomme de guar a le pouvoir de changer des vies, pour le meilleur et pour le pire. Sur vos écrans prochainement…

Qu’est-ce que la gomme de guar?

La gomme de guar provient d’une légumineuse, ce qui en fait un ingrédient absolument naturel. On la retrouve principalement en Inde (80 % de la récolte mondiale s’y trouve) et elle pousse dans les régions désertiques et semi-désertiques.




Ses utilisations sont très variées. On peut l’associer avec la gomme de xanthane dans les pains sans gluten pour leur faire retrouver leur petit côté moelleux, comme on peut s’en mettre tout plein les cheveux grâce à sa présence dans notre bouteille de shampooing aux mille parfums.

La gomme de guar est particulièrement prisée pour ses capacités à épaissir tout ce qu’elle touche, émulsifier (mélanger deux liquides qui ne sont pas faits pour se marier à la base) et stabiliser.

Paraîtrait même qu’elle agirait comme coupe-faim en formant un gel dans l’estomac qui ralentirait la digestion. En tout cas, le monde des régimes amaigrissants l’aime bien.




Le rôle qui lui a valu son Oscar

Il y a ce petit rôle dans lequel la gomme de guar excelle depuis quelque temps et qui devient de plus en plus payant pour sa carrière : celui d’actrice majeure dans l’industrie pétrolière et dans la fracturation des gaz de schiste.

Mélangée aux boues de forage, son rôle est d’améliorer leur texture, ce qui évite de grandes pertes d’or noir pour l’industrie. Puis, comme elle est un peu facile et qu’elle ne sait dire non, la gomme de guar facilite aussi l’extraction des gaz de schiste, sans conscience morale.

Associée à ces géants qui contrôlent la quasi-totalité de l’Univers (hum, hum), son prix ne pouvait que grimper encore et encore. Entre 2010 et 2012, son coût est passé de 1500 $ à 20 000 $ la tonne. Son parcours ressemble donc un peu à celui de Julia Roberts après Pretty Woman.



Mon banana split?

Dans notre monde occidental, pour attirer notre attention sur la hausse du prix de la gomme de guar qui fait partie des ingrédients de base de la crème glacée, on nous a annoncé que le prix de cette dernière allait grimper très prochainement, nous laissant sans le sou après avoir léché notre petite molle d’été.

Des gens se sont révoltés, ils ont hurlé dans les rues : « On veut notre banana split au même prix! Pas question qu’on paie encore pour les industries pétrolières! » Ils ont saccagé des puits de forage, mis le feu aux maisons secondaires des magnats du pétrole... Stephen Harper a pleuré et il a décidé tout de go de cesser l’exploitation des sables bitumineux. Des fleurs ont poussé sur les sols albertains meurtris et les fanas du Wildrose Party ont embrassé des Québécois à pleine bouche donnant ainsi naissance à des licornes multicolores…

Ben non. On a mis sur le marché des substituts synthétiques pour régler le problème de pénurie de gomme de guar dans la crème glacée. Hourra! La vie est belle.




Et l’Inde dans tout ça?

Pendant ce temps, en Inde, la culture de la vedette des légumineuses est à son paroxysme. Autrefois reconnue comme culture des pauvres, la gomme de guar rend maintenant plus d’un paysan fortuné. Ce qui est une excellente nouvelle quand on y pense. Il y a même plusieurs agriculteurs indiens qui ont laissé tomber leurs cultures habituelles pour tout donner à la tendance du moment. Ils veulent se sortir de la misère, c’est compréhensible…

Tout le monde se rappelle de cette scène dans Slumdog millionaire ou comment faire un lien incognito avec l'article d'hier de Monsieur Jambon sur la merde ...


Et le scénario se répète…

D’une prévisibilité absolue, la carrière de la gomme de guar est un mauvais film américain. Voici comment en dix points. ***ATTENTION, je dévoile la fin!***

1- Le prix de la gomme de guar augmente sur les marchés.

2-Les cultivateurs indiens se lancent tous dans cette monoculture.

3-Le monde de l’alimentation ne peut plus acheter la gomme de guar à faible coût, il trouve des alternatives.

4-Les récoltes sont influencées par les changements de température. L’industrie pétrolière n’aime pas ça, elle ne peut pas encore contrôler dame nature.

5-L’industrie pétrolière cherche des alternatives à la gomme de guar. Elle développe deux brevets synthétiques. Plus besoin de la gomme de guar.

6-Les Indiens ne trouvent plus à vendre ladite gomme. Leurs champs sont fatigués, ils n’ont plus d’autres cultures. Ils essaient de refiler leurs restants de gomme à l’industrie alimentaire.

7-L’industrie alimentaire n’en a plus besoin.

8- La gomme de guar ne vaut plus rien. Partout, on l’achète à rabais.

9-Les Indiens se retrouvent les culottes à terre.

10- Et les autres? Ils dansent pardi!



C’était l’histoire de la gomme de guar.

On ouvre les lumières, on ramasse les grains de maïs soufflé. Laissez vos lunettes 3D dans la boîte en sortant s’il vous plait.




Sources

Le Monde.fr, article complet sur le sujet : http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/23/le-haricot-de-guar-indien-dope-par-le-gaz-de-schiste_1749005_3244.html

Substitut en alimentation : http://www.soufflet.com/fr/actualites/espace-presse/1125-un-nouveau-substitut-a-la-gomme-de-guar.html

Substitut de DuPont Danisco : http://www.processalimentaire.com/Ingredients/DuPont-Danisco-substitue-le-guar-20843

Pénurie dans la crème glacée : http://www.lactualite.com/science/gaz-de-schiste-prive-de-dessert

Gomme de guar pour la consommation: http://gastronomie.kalys.com/kg_fr_fr/guar-100g.html


jeudi 22 novembre 2012

Je veux refaire le monde avec Gael Garcia Bernal


Au cours des dernières semaines, Monsieur Jambon et moi avons parlé de l’accaparement des terres agricoles et de la spéculation financière.

Pour un petit rafraîchissement, courez jusqu’ici.

L’accaparement des terres, c’est quoi?

Voici une petite vidéo satyrique qui nous explique tout.




L’accaparement des terres agricoles par les gros joueurs du monde de la finance dans les pays en développement, c’est dégueulasse.

L’accaparement des terres, c’est profiter d’une population peu éduquée en leur volant le peu qu’ils possèdent.

C’est aussi obliger des milliers de familles à quitter leurs champs pour aller s’appauvrir en ville.




Chaque seconde, la grosseur d’un terrain de soccer de terre fertile est léguée pour des pinottes à des investisseurs étrangers.

60 % des terres vendues servent à la production d’agrocarburants. Au lieu de nourrir notre monde, comme le dit Monsieur Jambon, on nourrit nos chars.

La Banque mondiale finance ces transactions et encourage les requins à s’enrichir sur le dos des peuples affamés.



Il est temps que cela cesse.

La campagne CULTIVONS LA TERRE. LA VIE. LE MONDE d’Oxfam s’intéresse à ce sujet en posant des actions concrètes pour que les règles changent.

Visiter leur site web pour en savoir plus. C’est une vraie mine d’or.

Une pétition est d’ailleurs en ligne afin d’obliger la Banque mondiale à suspendre les transactions financières le temps de trouver un moyen juste et équitable pour tous.




Je me relis et je trouve que j’ai l’air empressé et fâché. Comme ce n’est pas dans mes habitudes, je vous laisse avec Gael Garcia Bernal, question de détendre l’atmosphère et de vous imaginer régler tous les problèmes de la terre à ses côtés. (Désolée les gars, je n’ai pas trouvé d’équivalent féminin.)





Bon jeudi!

Monsieur Jambon viendra vous jaser ça demain! :)

Merci d'être si nombreux à venir nous visiter!



mercredi 7 novembre 2012

Nourrir nos chars avant notre monde


Dans la vie de tous les jours, on peut porter à gauche et se questionner sur le rôle de l'état - l'un n'empêche pas l'autre - on peut aussi accorder de la valeur à certaines critiques de la  droite sans pour autant se demander ce qui ne va pas dans notre tite tête.

On peut même s'inspirer d'un texte d'une chroniqueuse libertarienne notoire et écrire un article sur un blogue - il existe des lieux communs où s'accorder, sans nécessairement s'embrasser.

La semaine passée, je suis tombé sur une chronique de Nathalie Elgrably intitulée Sacrifier des vies pour gagner des votes, publiée dans le Journal de Québec/Montréal - pour la lire, il faut être membre VIP du Journal, ce que je ne suis pas et ne compte pas être. Pour la relire, j'ai dû me rendre sur la page facebook des joyeux conservateurs du Québec, alors, vous voyez, je suis prêt à tout pour vous donner de l'information !

« T'es pas capable d'arriver, mon vieux, à 42 000 piasses par année ? C'mon gros, je t'offre une bière ! »


Ceci dit, le sujet portait - entre autres - sur la hausse constante des prix des denrées alimentaires depuis sept ans et de l'une de ses possibles causes : les subventions à l'industrie de l'éthanol.

Assez stable entre 1990 et 2005, les prix explosent par la suite : 84% de plus en général, 152% de plus pour les céréales puis 102% pour le sucre - c'est pas juste madame qui le dit, c'est d'abord l'Organisation des Nations Unies.

2005...Quoi de neuf en 2005 ?

Selon Madame Elgrably, c'est cette année-là qu'entre en vigueur un règlement américain qui oblige l'ajout de l'éthanol dans l'essence et qui augmente les subventions à la production de maïs destinée aux producteurs de biocarburants. 





Concurrence oblige, d'autres pays font de même et aujourd'hui 40% des champs de maïs américains se retrouvent dans les réservoirs de nos voitures.

Nourrir nos chars avant nos ventres ! Fallait y penser !

***

Tout un facteur qui peut expliquer en partie cette hausse vertigineuse, cela va de soi. En plus des sécheresses, il ne faudrait pas oublier la spéculation financière des aliments de base, un petit jeu pour les requins que nous explique Docteure Tofu, juste ici.

Bref, cela ne va pas sans nous rappeler que l'agriculture et l'alimentation sont devenues, ces dernières années, des domaines stratégiques que veulent s'approprier les grosses industries et les bonzes de la finance - et si les gouvernements peuvent bien les aider, à leurs portes ils iront toujours cogner.

Faudrait pas oublier que le gouvernement, c'est un peu pas mal à nous cette tite bête-là...




jeudi 25 octobre 2012

Ras le bol des interdits!!!


Cette semaine, on apprenait dans La Presse que des restaurants qui servent de la malbouffe allaient s’installer près de certaines écoles au sud de Montréal.

Rien de nouveau sous le soleil. Il y a déjà de nombreuses chaînes de fast food qui prolifèrent autour des écoles, « 42 % des écoles ont au moins un restaurant-minute à 500 mètres ou moins » (La Presse).

Les écoles veulent que les villes réglementent l’urbanisation et qu’elles interdisent l’implantation de ces restos à proximité des écoles. La malbouffe c’est mal, un jeune sur quatre souffre d’obésité au Québec.




Il y a quelque temps, les écoles ont dû retirer de leur cafétéria frites et compagnie. Les enfants n’y mangent plus, car ils n’aiment pas la nouvelle bouffe qu’on leur sert. Selon Sonia Lemieux, une enseignante en éthique citée dans le journal, en installant des commerces qui vendent du gras et du sucre près des écoles, on ne pense pas aux problèmes d’obésité qu’ils vont créer.

Ah ouais? C’est le McDo qui crée les problèmes d’obésité? C’est la faute au PFK s’il y a de plus en plus de gens qui souffrent de diabète? Eh bien…



Moi qui pensais qu’ici, sur Terre, on faisait des choix. Qu’on pouvait décider d’éduquer nos enfants selon certaines valeurs, qu’il était possible de se responsabiliser…

La vérité, c’est qu’on a retiré la nourriture malsaine des écoles pour entrer de force la bouffe santé comme si tout changement d’habitudes alimentaires allait de soi. On a mis un pansement sur le bobo pour se donner bonne conscience.

Mais on ne peut pas forcer les gens à bien manger en leur disant d’ouvrir grand et que c’est pour leur bien. Encore une fois, la base, c’est l’É-DU-CA-TION.

Bizarrement, le Ministère de l’Éducation a retiré ses cours de cuisine depuis belle lurette. On ne voulait pas en faire d’éducation alimentaire. Les cours d’économie familiale servaient à éduquer les jeunes et à les éveiller sur l’autonomie alimentaire, les choix santé et la découverte des saveurs. Je connais encore des gens qui cuisinent la recette de croustade aux pommes apprise en deuxième secondaire, c’est pour dire.

Greg Grossman, jeune chef qui avait son reality show de cuisine à 14 ans.

Oui, on est sollicités de partout en ce qui concerne la malbouffe. Mais c’est la même chose pour tout. On nous harcèle sans cesse pour dépenser le peu que nous gagnons. De la publicité partout, faut manger au resto souvent pour être branché, un iPhone 5 s.v.p., des meubles payables en 14 600 versements de vingt cennes pendant 45 ans…

Là aussi,  il faut faire des choix. Est-ce qu’on va se mettre à interdire tous les commerces à proximité des enfants sous prétexte qu’ils créent des problèmes d’endettement? J’en ai vraiment ras le bol des interdits.

Apprendre à bien manger, c’est comme apprendre à bien consommer. Je le répète, il faut un minimum d’éducation. Et ce qui est drôle dans ce dossier, c’est que le Ministère de l’Éducation a aussi retiré les cours d’économie dans les écoles…

Bannir le fast food près des écoles ne changera rien dans les habitudes alimentaires moches des enfants éduqués à dose de pogo, sandwich au jambon et Kraft Dinner.

Et vous pensez que ce sont seulement les pauvres qui mangent mal? Je vous suggère de passer un midi à l’école de mon fils située dans un milieu favorisé. Vous allez tomber en bas de votre chaise lorsque vous apercevrez la pyramide de repas congelés qui attendent d’être réchauffés à côté du micro-ondes.




Oui, l’école a un rôle à jouer pour toutes ces familles qui partent de loin, mais rien ne peut se faire sans les PARENTS.

Cuisinez avec vos enfants, souvent.

Montrez à vos enfants que ce n’est pas plus compliqué de se faire des biscuits maison que d’en acheter des déjà cuisinés à l’épicerie.

Expérimentez. Achetez des aliments nouveaux, des livres de recettes.

Partagez votre savoir. Invitez les grands-parents à venir cuisiner en famille. Échangez des trucs.

Faites de la cuisine un laboratoire!


Pas besoin d'avoir l'air de ça non plus, hein! On peut être moins fake, c'est correct aussi.

Manger une fois de temps en temps au McDo, ce n’est pas un crime. Boire de la bière et du vin non plus. Se goinfrer dans un cupcake décadent une fois de temps en temps peut facilement être synonyme de bonheur.

Il faut se responsabiliser une fois pour toutes.

Arrêtez de toujours vouloir des lois pour tout et bougez-vous les fesses!



Sources




mardi 23 octobre 2012

Les nourritures irradiées


Il y a deux semaines, j'y allais d'un message sur le boeuf contaminé. Dans la conclusion, j'effleurais le sujet de l'irradiation des aliments, qui n'est permise que dans quelques cas au Canada - les pommes de terre, les oignons, la farine, le blé et les épices.

Est-ce que l'irradiation des viandes est une solution afin de prévenir d'autres rappels du genre XL Foods à l'avenir ?

Des points de vue contradictoires se confrontent.

***



Mais qu'est-ce au juste, que l'irradiation des aliments ?

Selon l'Agence canadienne d'inspection des aliments, « l'irradiation des aliments est une méthode qui consiste à exposer les aliments à un niveau contrôlé d'énergie dite ionisante. Trois différentes sources d'énergie peuvent être utilisées : les rayons gamma, les rayons X et les faisceaux d'électrons. »



Irradier les aliments, c'est prévenir l'intoxication alimentaire en diminuant le niveau des bactéries nocives, comme les E.coli et salmonelle de ce monde. C'est aussi ralentir la détérioration des aliments par la suppression des bactéries et ainsi donc augmenter la conservation de ceux-ci - les voyages peuvent difformer les aliments, dit l'adage.

Les aliments, emballés, sont disposés dans une capsule et envoyés dans un irradiateur - ô surprise ! Ils ne sont exposés aux dits rayons cités plus haut que pendant une trentième de seconde.



Monique Lacroix, une experte dans le domaine mondialement reconnue, professeure à l'INRS, défend l'irradiation alimentaire. Un court article sur la dame, ici.

***

Bien sûr, il y a des critiques. Il est vrai que nous ne pouvons qu'admirer les liens étroits entre la dame et Énergie atomique Canada. Ou les mêmes relations entre l'Organisation mondiale de la santé (OMS) - qui encourage ouvertement la pratique de l'irradiation - et l'Agence internationale d'énergie atomique, qui a publié 19 des 29 rapports internationaux sur le sujet de l'irradiation alimentaire depuis 1962.

Faut-il céder le pas à la paranoïa ? Pas pour autant. Mais il faut prendre le temps d'écouter tous les partis. Comme celui-ci.

***

Ce que j'en pense, après avoir lu un tantinet sur le sujet un après-midi durant ?

On me dit que 90% des contaminations se passent dans les cuisines, aliments irradiés ou non. C'est donc pendant la manipulation des aliments que le bas blesse. Chez nous comme au resto. 

Alors c'est dans l'équilibre entre la connaissance des bases et la confiance envers l'établissement de notre choix que se trouve un remède parmi tant d'autres à la prévention des intoxications alimentaires.

Pis acheter plus souvent local, ça aussi, ça peut aider...





jeudi 11 octobre 2012

Pensées pour boeuf contaminé


Bof fut un bœuf qui avait tout un avenir devant lui. Une fois abattu et dépecé, il allait voyager et se réincarner en pièces de viande. Il allait nourrir une telle famille avide de burgers. Il allait devenir aussi un gros steak de 25 piasses dans un chic resto tendance super chouette et calmer un tantinet l'appétit de monsieur ruminant sa nouvelle hausse d'impôts entre deux bouchées. 

Il allait...et c'est tout ce qu'il voulait, dans sa caboche de bovidé, ce bon vieux Bof. 

Mais ça ne s'est pas passé comme il l'avait prié. Son dieu Minotaure l'a abandonné en chemin. La bénédiction de son temple XL Foods était contaminée. Toutes ces pièces furent rappelées et promptement jetées. 

Bof avait foiré.

Et il n'était pas le seul.

Un clin d’œil avant la livraison en pièces détachées

 ***


On me dit, je lis et ils chantent : nos gouvernements dépensent trop et on paie trop d'impôts. 

Alors il faut couper. Où ? Partout. Comment ? N'importe, je m'en fiche. Ce qu'il faut, c'est annoncer qu'on coupe, faire pattes blanches, prendre notre outil de prédilection et frapper, cisailler, faire une tournée des tribunes et crier au besoin. Voilà. Des millions de moins par ci, d'autres millions de moins par là. 

Ça fait du bien. Ça défoule.

Tiens, moins d'inspecteurs en alimentation. Moins de visites dans les usines de transformation.

Mais, voilà un certain E. Coli qui se ramène - Étienne, Éric ou Émile, c'est un personnage plutôt discret.

Alors, panique ! 

Réaction - on vide la section bœuf de l'épicerie et le réfrigérateur et le congélateur à la maison.

Gaspillage. Bof à la poubelle. 

Bof !

Pourrions-nous prévenir ?



***

En plus de s'assurer d'une inspection rigoureuse de nos viandes, il faudrait peut-être les irradier, disent certains chercheurs.

Oui. L'irradiation. 

Oui, manger des substances radioactives, peut-on penser.

Qu'en est-il vraiment ?

Le procédé permet d'éliminer efficacement les agents pathogènes, comme l'E. coli, la listeria et la salmonelle. 

On connaît très bien les temps d'exposition qui n'affectent pas le goût ou la valeur nutritive, nous dit la professeure Monique Lacroix, de l'Institut nationale de la recherche scientifique (INRS). 

Quarante autres pays le font. Au Canada, ce sont les farines, les pommes de terre, les oignons et les épices qui sont autorisés à l'irradiation. 


Mais il y a aussi des critiques.

Ce qui nous vaudra une publication supplémentaire à ce sujet.

Source : Le Devoir, 10 octobre 2012, A7.










 
  

jeudi 27 septembre 2012

Pénurie de bacon



La nouvelle a fait le tour du monde rapidement : il y aura une pénurie de bacon en 2013. 





En fait, quand je dis « le tour du monde », je parle de celui des Occidentaux, évidemment. Ce ne sont pas les habitants d’un des 80 pays qui subiront une crise alimentaire au cours des prochaines années qui pleureront sur votre sort.  


Eux, les céréales, ils les mangent, ils ne les donnent pas à leurs animaux. En fait, plus simple encore : ils n’en ont plus et ils ne les mangent plus. 




Alors, semblerait-il que le prix du porc va augmenter au cours de la prochaine année passant d’environ 0,50 $ à 1 $ de plus le kilo. Pas le choix, les sécheresses ont fait grimper le prix des céréales et comme les animaux de ferme ne mangent que ça, il en coûte maintenant 180 $ pour élever un porc malgré le fait qu’il ne peut être vendu que 150 $ sur le marché. 


Ce n’est pas ce qui va aider les fermiers déjà surendettés à joindre les deux bouts.

Mais est-ce réellement à cause des sécheresses et des changements climatiques? 


On ne peut pas encore prouver de lien de cause à effet qui expliquerait tout, malheureusement. Mais d’autres pistes pourraient être considérées pour accuser cette hausse de prix des denrées de base comme la transformation des cultures alimentaires en cultures des agrocarburants ou… la spéculation financière!





En 2010, Nicolas Sarkozy dénonçait la spéculation financière comme facteur premier de l’augmentation des prix des cultures. À ce moment, le prix du blé avait d’ailleurs augmenté de 70 % entre mai et août.


Qu’est-ce que la spéculation financière en agriculture? 


En fait, le monde de l’agriculture a besoin d’investisseurs, car il y a beaucoup de risques dans ce domaine. Le producteur peut vendre à l’avance ses céréales à des intervenants financiers qui prennent une partie de ces risques. Ces derniers peuvent acheter un pourcentage des stocks et les revendre quand ils le veulent, à qui ils le veulent et de la façon la plus rentable pour eux.


Évidemment, cette prise en charge de risques doit être récompensée par des bénéfices, comme dans ce populaire exemple : 


« En 2010, le fondateur du fonds spéculatif Armajaro avait acheté près de 240 100 tonnes de cacao sur le marché du NYSE Liffe, soit 15 % des stocks mondiaux – une opération d'accaparement légale, connue sous le nom de "corner". Résultat : les cours du cacao grimpaient à des niveaux records jamais vus depuis 1977. D'après Jeune Afrique, quelques années auparavant, une opération similaire sur du cacao avait rapporté au fond quelque 60 millions de dollars de bénéfices. »  (Le Monde, 2012)







Alors se pourrait-il que la spéculation financière en agriculture occasionne la hausse exagérée des prix des céréales que les consommateurs finiront par payer? 


En ce moment, le monde de la finance n’a jamais autant investi en agriculture

« Olivier de Schutter explique que les investisseurs financiers ont accouru sur ce marché quand d'autres déclinaient"Celui d'Internet a disparu à la fin de l'année 2001, celui des actions peu après, et le marché immobilier américain en août 2007. A mesure que chaque bulle éclatait, les grands investisseurs institutionnels migraient vers un autre marché habituellement considéré, à chaque fois, comme plus stable que le précédent." Bref, pour le rapporteur de l'ONU, les matières premières agricoles sont comparables à "d'autres valeurs refuges, comme l'or”. » (Le Monde, 2012)





Votre bacon vous coûtera plus cher en 2013. Votre jambon aussi, par le fait même. Puis, votre filet mignon, votre bœuf haché, vos poitrines de poulet et vos grosses dindes Butterball.


Pendant ce temps, des pays vivront leurs plus grandes crises alimentaires.

Et le marché financier n’est régi par aucune loi concernant les investissements en agriculture.


Je le rappelle, aucune étude ne réussit à démontrer le lien de cause à effet entre la flambée du prix des céréales et la spéculation financière, mais si toutefois il y avait un lien, ce lien qui vous ferait payer plus cher pour vos produits de base et qui provoquerait des famines afin d’enrichir davantage le marché financier…

On ne peut pas résumer la situation actuelle dans le monde agricole à la spéculation financière, mais on ne doit pas non plus en négliger son importance.

Et comme il est mentionné dans cette vidéo : « Le blé ne peut pas devenir un produit de luxe. »



Sources







mercredi 26 septembre 2012

Des rats et des cobayes


Ça s'est passé secrètement dans un laboratoire au cours des deux dernières années. 

Des chercheurs, pilotés par le généticien Gilles-Éric Séralini, ont étudié les effets du maïs OGM MON 810 de Monsanto sur des rats. Une première. Habituellement, les recherches qui contentent les gouvernements s'établissent sur 90 jours.

Donc, une étude indépendante effectuée dans des conditions peu familières ; des courriels cryptés afin d'éviter les pirates professionnels ; des noms de code pour désigner les chercheurs ; une fausse étude parallèle pour justifier les déplacements et pour déjouer les espions des multinationales.



Bref, ces gens-là jouaient gros et ils le savaient. Et les résultats, publiés dans la revue scientifique Food and Chemical Toxicology et rapportés par Le Nouvel Observateur ainsi que par Le Devoir (jeudi 20 septembre 2012), ont eu l'effet d'une bombe dans le monde des biotechnologies.

***

Séralini : « On observe par exemple de deux à trois fois plus de mortalité chez les femelles traitées. Il y a de deux à trois fois plus de tumeurs chez les rats des deux sexes. »

De plus, après 23 mois, on a observé que « de 50 à 80 % des femelles nourries avec des OGM affichaient des maladies graves, cancers et malformations ».



Le livre qui raconte l'expérience de l'équipe de Séralini sort en librairie aujourd'hui. 

Son titre : Tous cobayes (Flammarion)




La sortie d'un film sur l'essentiel de l'étude est prévue pour la mi-octobre.



***

- Un portrait de Gilles-Éric Séralini ici.

- L'article du Nouvel Observateur, ici.

- Et la bande-annonce du film...




Hum...

Ça risque de frapper fort...





mercredi 12 septembre 2012

Ouais ! On fait notre lunch !


Selon les caisses Desjardins, faire son lunch, c'est économiser 35% dans ses dépenses alimentaires au bout du compte. Une belle marge de manoeuvre qu'on peut dépenser ailleurs, ou tout simplement s'offrir plus souvent des sorties exploratrices dans les restos.

Faire son lunch, c'est aussi affirmer son autonomie culinaire. C'est apprendre de nouvelles recettes, faire ses propres recherches et développements, devenir meilleur et inspirer, sans parfois s'en rendre compte, autour de soi.

Il y a quelques années, je n'aurais pas pu en dire autant. J'étais nul. Vraiment nul. Plus nul que ça, ouais ! Un adepte des produits congelés, des mets préparés, des conserves et de la junk food.

Le seul chef que je connaissais, c'était un dénommé Boyardee...



Heureusement, toutes ces femmes de ma vie - ainsi que quelques hommes par la suite - m'ont influencé. Je me suis émancipé !

***

Le 24 septembre prochain, c'est la journée nationale Moi, je fais mon lunch !



Ce n'est pas banal. C'est une initiative de la Tablée des Chefs, présentée par Desjardins et parrainée par nul autre que Ricardooooooo - je multiplie les «o» pour faire plaisir au Dre Tofu !

Les objectifs de la campagne de sensibilisation sont de valoriser le temps consacré en cuisine - et tout le plaisir qui peut l'accompagner - ainsi que de développer l'autonomie alimentaire.



Il y a quelques façons d'y participer. Vous pouvez vous inscrire entre collègues de travail - vous avez encore deux jours pour le faire - ou tout simplement acheter, pour la modique somme de trois dollars, le sac à lunch, disponible chez les partenaires.

Vous pouvez accèder sur le site de l'événement en cliquant sur le lien plus haut.

Les profits amassés iront à la formation culinaire des jeunes défavorisés. Présentement, c'est 1000 jeunes au Québec qui bénéficient de ce programme de la Tablée des Chefs.

Mais qu'est-ce que la Tablée des Chefs ?




La réponse ici - version brève - et ici - version officielle.

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C'était la rentrée automnale de Monsieur Jambon.

Merci d'être au rendez-vous !


mardi 7 août 2012

Du requin des champs


Dans le monde des terres agricoles, la relève, côté exploitants, se fait plutôt rare. Les propriétaires vieillissent. Il devient alors tentant de vendre la terre. 

Puisque les jeunes fermiers ne courent pas les champs - en sautillant, brindille sur le rebord des lèvres et chapeau de paille à la main - puisque l'acquisition d'une terre et son exploitation agricole signifient de lourds endettements - lorsqu'une compagnie à numéros représentée par des seigneurs de la finance se pointe avec une offre d'achat dépassant l'entendement, on ne peut qu'écarquiller les yeux et sauter sur le premier stylo en s'écriant : « Où est-ce qu'on signe, joual vert ? »

Ok, désolé pour l'absence de la brindille.


C'est ce qui est en train de se produire avec les terres agricoles du Québec en général et les dernières disponibles à Québec, en particulier.

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La terre vaut dans les 900 000 tomates. L'offre est de 15 million$ - plus question de tomates ici. L'offrant est-il tombé sur la tête ? Pas du tout. Il rêve d'un « dézonage » agricole. Il fantasme sur un ensemble résidentiel, sur un développement de la banlieue. Il y voit déjà toutes ces piaules qui justifieront ses investissements.

«Au début, on passait pour des fous, mais aujourd'hui on passe pour des brillants», nous dit-il, avec toute la modestie qui n'étouffe pas les gens d'affaires.

Bientôt sur une terre agricole près de chez vous !


Ainsi disparaîtront probablement les dernières terres agricoles de Québec. 

Ou comment s'éloigner de l'autosuffisance alimentaire contre l'aboutissement d'une vie : devenir propriétaire d'une maison en banlieue.

Que sont-ils devenus, ces grands jardins ?


Un dossier à ce sujet dans Le Soleil, ici et - entre autres.


vendredi 20 juillet 2012

À bas la diversité!


Il y a Ricardo qui nous parle sans cesse de ses potagers urbains, les Urbainculteurs qui font pousser des tas de légumes partout au Québec et même Détroit, cette ville du rock qui se métamorphose peu à peu en ville maraîchère.

Mais au Québec, on a Drummondville et Drummondville n’aime pas les potagers devant les maisons. Du gazon, c’est beau, des plants de tomates, non.

http://www.jasminekabuyajardin.com/2012_07_01_archive.html

Pourquoi?

« C'est une question de cohésion de la trame urbaine, explique Claude Proulx, le directeur général de la Ville. On ne voudrait pas se retrouver avec des plantations de blé d'Inde devant une résidence, de radis devant une autre et de patates ailleurs. »

Votre voisin ne possède pas de plants de concombres et vous, vous êtes capables de fournir toute votre famille en relish-maison? Votre voisin se prélasse dans une grosse piscine creusée et vous, vous n’avez même pas les moyens de vous faire creuser un carré de sable? De la diversité dans une banlieue, impossible!



Il faut des pelouses vertes, vertes, vertes! Avec beaucoup d’engrais, autant que possible!

Les potagers, c’est pour les pauvres, les granos, les écolos!

Non, mais est-ce que la ville de Drummondville est au courant de ce qui se passe autour d’elle? L’engouement pour la production locale et biologique, les toits verts, la cuisine santé…

Même Occupy Monsanto a publié un article en lien avec cet événement sur Facebook!

Ça me fait penser à ces villes qui interdisent les cordes à linge dans les cours, car ce n’est pas assez esthétique… À quand une loi pour interdire les gros personnages gonflés devant les maisons à Noël alors?



Allez voir la vidéo sur le site de La Presse. Imaginez votre quartier regorgeant d’aubergines monstrueuses, de courgettes savoureuses et de laitues croquantes…

Je dois l’avouer. Je suis extrêmement JALOUSE de leur potager. Moi, je n’ai que des cornichons riquiqui, deux timides feuillages de carottes et un plant de cantaloup ravagé par les insectes. Bon, j’aurai des tonnes de haricots, mais c’est pas mal tout pour le moment…

Vous pouvez visiter le blogue de ces deux fous de Drummondville qui ont osé faire pousser des légumes chez eux. Paraitrait même qu’ils finiront par les manger…

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/354907/porte-etendard-malgre-eux-de-l-agriculture-urbaine


Il y a aussi une pétition à signer pour les encourager dans leurs démarches de contestation auprès de la ville.

Vive les légumes, vive les légumes libres!