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jeudi 21 mars 2013

On joue à faire semblant


Les produits industriels qui imitent la viande ne font jamais l’unanimité autant chez les omnivores que chez les végétariens et les végétaliens.

Certains ne comprennent pas pourquoi il faudrait remplacer la viande par des saveurs similaires tandis qu’il y a tant à découvrir. D’autres redoutent ce que ces aliments contiennent, surtout en ce qui concerne leur teneur en sel et en sucre parfois élevée.



Oui, il est possible de survivre en tant que végé sans manger ces produits. Évidemment. On ne mange pas tous les soirs de la simili-viande accompagnée de pommes de terre et de légumes comme on pourrait le faire avec la viande. Se limiter à ces produits serait pratiquement une insulte envers le végétarisme qui nous permet de réinventer tous les plats et de faire entrer la créativité et la découverte dans nos assiettes.

Cependant, il m’arrive d’en acheter. Pour faire changement, pour découvrir de nouvelles saveurs, pour aller plus vite, pour faire des tests, pour imiter des recettes de mon enfance ou pour partager un BBQ avec des omnivores sans avoir à préparer des tas de trucs…

Bien sûr, il y a de bons coups et de mauvais coups sur le marché. Depuis mon adolescence, l’offre s’est généralement raffinée et améliorée et correspond davantage aux gouts des consommateurs : on est maintenant loin de la petite saucisse de soya au goût bizarre qui lève le cœur.

Ici, je vous présente mes meilleurs choix d’épicerie. Des choix relativement accessibles pour les gens qui vivent ailleurs qu’à Montréal ou loin des épiceries spécialisées ou des marchés asiatiques (les maitres des produits d’imitation!).

Car il ne faut pas l’oublier, ces produits sont souvent une porte d’entrée intéressante pour explorer autre chose et changer doucement ses habitudes alimentaires… Ou pour enfin savoir quoi servir à nos amis végés!



Mention spéciale à toute la gamme Gardein (garden + protein) pour le gout et la texture

Ces produits se retrouvent dans la section des surgelés près des aliments santé et bio et on les rencontre de plus en plus dans les épiceries. Ils vendent aussi des produits frais près du tofu. 

Mes préférés:
Les gars tripent vraiment là-dessus à cause de la sauce ultra piquante. À manger en regardant le hockey avec de la salade de chou pour faire comme si.

Excellent dans une soupe asiatique style pho (tonkinoise)

Avec du riz, la recette sur le sac est écoeurante! Ils proposent de faire une sauce avec du mirin, du vinaigre de riz assaisonné, etc. J'imagine que ça doit être bon dans un genre de boeuf aux légumes...

J'en ai mangé hier en faisant un poulet chinois épicé avec des nouilles frites, des courgettes, des oignons et une sauce au sake.




Mention aux meilleurs cretons de Porat

Quand j'étais petite, je raffolais des cretons de ma grand-mère. Je détestais ceux de l'épicerie, car on tombait toujours sur quelques chose de louche et de croquant, mais ceux de ma grand-mère... mmm...

J'ai trouvé l'alternative par excellence, un produit québécois en plus! Je ne les retrouve que chez Loblaws pour l'instant et j'en mange rarement, mais c'est un délice. En vrai, le produit ressemble à un petit rouleau.

À manger sur une bonne tranche de pain avec de la moutarde comme dans le temps!



Mention à la dinde et aux grosses saucisse de Tofurky

Pour recevoir des invités à Noël ou à l'Action de Grâce, une belle grosse dinde végé! Elle a fait ses preuves chez les omnis accompagnée d'une bonne sauce et de légumes savoureux. Une alternative intéressante au rayon des surgelés. On ne les retrouve pas dans toutes les chaines.

Gardein en fait aussi une, mais je ne la retrouve nulle part près de chez moi.




Je n'étais pas une fan de saucisses italiennes à la base, surtout quand il y a eu la mode où tout le monde en achetait chez Club Price. Il y avait toujours des croquants là-dedans et ça me dégoutait. Par contre, les saucisses végés sont à essayer. Elles sont très salées et épicées. À manger modérément. Les gars aiment ben ça.
 

Je les ai utilisées la semaine dernière pour faire la strata à la saucisse italienne de Ricardo.



Mon chum la sert dans un pain baguette coupé avec de la choucroute et de la bière en accompagnement!



Petite mention par défaut à Yves Veggies pour les fausses viandes, les saucisses et les pepperonis

Avec le temps, on dirait que Yves Veggies n'a pas su s'adapter. Comme les produits du Commensal, on dirait que tout goute la même affaire, ce qui est franchement désagréable. Mais par défaut, il représente encore le choix pour certains trucs...

Les tranches de jambon

Fait changement dans les sandwichs et bon lorsque grillé. À noter que pour eux, dinde, salami, jambon et bologne ont des gouts très similaires...

Les saucisses

Dans le temps que je vivais à Montréal, on achetait de bonnes saucisses hot-dog avec le centre rempli de fromage et de jalapenos. À Québec, je n'en retrouve plus et je me souviens plus du nom de la compagnie... Par défaut, les Yves Veggies remporte ce combat très injuste, faute de réels compétiteurs. Leurs saucisses font le travail sur le BBQ.



Les pepperonis

Tous les parents des amis de mon fils en achètent dans les partys et les enfants adorent ça! Ils se font des pizzas et ils se battent pour en mettre dessus. Ils aiment d'ailleurs plus le gout de ces pepperonis que les réguliers faits avec de la viande. Pas de gras, pas de cholestérol!


Mention spéciale burger à La Soyarie

Je dois vous avouer que je n'achète pas de fausses galettes de viande mis à part pour aller chez des amis lors d'un BBQ et encore, je préfère souvent une tranche de tofu épaisse marinée et cuite sur le grill. Je suis tellement une fan de burgers que je connais mille recettes végés ultra délicieuses, alors pas la peine de me tourner vers ces produits. Par contre, la compagnie québécoise la Soyarie offre une bonne alternative gouteuse. On les retrouve près du tofu en épicerie.





Mention au fromage feta d'Unisoya

Ils appellent ça une pâte de soya, mais ça remplace très bien le fromage feta dans les salades ou sur des pizzas. J'aime bien l'idée! En plus, c'est encore un produit québécois. On retrouve ces pâtes à côté de leur tofu qu'ils font aussi (et que je n'aime pas beaucoup).


 



Mention à mon obsession du moment de Yoso (le site ne fonctionne pas)

Je ne suis vraiment pas une fan de faux fromages à base de riz ou de soya. Je n'ai peut-être pas encore gouté LE bon, mais je ne suis pas capable de manger ça sans avoir un haut le coeur après deux bouchées. Par contre, cette tartinade sur des bagels (les vrais là!), j'adore. Un peu sucrée, un peu salée (avec de la margarine). Je ne crois pas que ce soit un gout qui plaise aux p'tits nouveaux, mais moi, j'en mange tous les jours (en attendant ma prochaine obsession) et je trouve ça pas mal meilleur que le fromage Philadelphia. On le retrouve dans la section réfrigérée des produits naturels.





Mention aux croquettes Veggie Patch

Je ne pourrais terminer cet article sans mentionner les croquettes de Veggie Patch. Quand j'ai demandé aux gars de me nommer leurs alternatives à la viande préférées, ces croquettes étaient dans leur top (mais pas dans le mien si on regarde leur place dans mon article!). Si j'étais seule, je n'en mangerais jamais, car ce n'est pas un repas qui m'attire, mais c'est vrai qu'elles sont bonnes.



Les natures sans légumes sont aussi très bonnes.




Quand on regarde vite comme ça, il y a quand même beaucoup d'imitation de malbouffe dans ces produits. Heureusement, avec l'offre de Gardein, on voit qu'une belle évolution se dessine doucement!

Puis, ce serait quand même chouette d'avoir accès à plus de produits québécois dans ce domaine. Je vois de plus en plus de gens omnis en acheter. Comme ce grand-papa qui me demandait l'autre jour  à l'épicerie comment remplacer son bacon dans une soupe (!) par quelque chose de végé, car il voulait réduire sa consommation de viande pour des raisons de santé...

N'hésitez pas à rajouter vos alternatives commerciales préférées à la suite de ce message ou me faire part de vos commentaires!

Bonne soirée!




jeudi 14 mars 2013

Une femme dans la cuisine



Le 8 mars dernier, c’était la Journée de la femme. À ce sujet, j’ai lu beaucoup d’articles concernant l’évolution et la place de la femme dans la société. Puis, par hasard, une réservation que j’avais effectuée à la bibliothèque est arrivée cette même journée : Reflets dans un œil d’homme de Nancy Huston. De quoi alimenter mes réflexions…

Mes thèmes de prédilection : la maternité et l’alimentation.

Depuis que je suis toute petite, on me dit que je peux faire comme les hommes, que nous sommes tous égaux et qu’il n’y a pas de différences entre les genres. La journée de la femme me rappelle toujours qu’il n’y a pas assez de postes en construction, en politique et en gestion occupés par des femmes. Je me sens coupable.



À ma mère, on lui a dit qu’elle devait faire garder ses enfants pour travailler plus de 40 heures par semaine. On lui a aussi dit que de cuisiner pour sa famille était rétrograde. Quoi, tu veux servir ton mari comme une femme au foyer? Ma mère ne fait rien qui est considéré comme typiquement féminin : elle bricole, elle rénove, elle a géré des entreprises, elle n’aimait pas cuisiner et elle ne porte même pas de jupes!

Ben oui, les femmes dans la construction toi!

Moi, j’ai toujours été attirée par des passions ou des emplois typiquement féminins, malgré moi. Quand la maternité m’a frappée de plein fouet, mon enfant et ma famille sont devenus mes priorités. Faire garder mon fils à temps plein? Mais je n’ai qu’un enfant et ça passe si vite la petite enfance! Manger des repas préparés? Mais le monde de la cuisine est si créatif et invitant, j’ai faim!

Je ne suis pas le modèle de femme que l’on valorise dans la société. En fait, j’ai souvent l’impression qu’on aspire toutes à devenir des hommes. Et quand je parle comme ça, on me reproche de vouloir revenir au modèle de la femme au foyer… Misère… Vous ne comprenez pas…

Les femmes, on a arrêté de cuisiner pour s’affranchir, pour devenir plus libres. Mais on devient, par le fait même, esclaves de la société de consommation. Si on ne peut même plus répondre nous-mêmes à un besoin aussi essentiel qu’est celui de se nourrir, vive la liberté!


Même nos Sims ne savent plus faire à manger! 


Le savoir ne s’est pas transmis. On cuisine avec des enveloppes et des sauces achetées. Même chose avec les enfants, on les fait garder, tout le temps. On a galvaudé l’expression C’est mieux de passer du temps de qualité avec notre enfant qu’être tout le temps présent! comme si on ne pouvait pas simplement passer beaucoup de temps de qualité avec son enfant et comme si tous les parents qui arrivaient à six heures du boulot passaient toujours des moments de qualité avec leur progéniture. Quand je regarde le nombre de petits du primaire qui écoutent des émissions comme Occupation Double, si c’est ça passer du temps de qualité


Je passe du temps de qualité avec la gang d'Occupation Double!


C’est comme l’expression Carpe diem qui est devenu l’emblème des cartes de crédit. On est loin de la Société des poètes disparus! Dépenser aujourd’hui, payer plus tard. Vivre le moment présent, ne pas penser aux lendemains.

Des fois, quand je cuisine, j’ai l’impression d’être une moins que rien, une esclave et que je fais reculer la cause de la femme de 50 ans. Bon sang que c’est inscrit dans nos cerveaux tout ça! Je passe l’aspirateur? Ça y est, je suis une femme au foyer. Je lave les vêtements de mon chum? Exploitée!




Pourtant, quand mon chum fait les mêmes tâches (et il les fait), il est perçu comme un héros! Il lave mes bobettes!!! WOW! Moi, je suis là par défaut. Un homme m’a déjà dit, à l'époque, quand je lui ai annoncé que j’étudiais en enseignement : « Ouais, mais on n’a pas besoin de femmes en enseignement, il faut des gars! Tsé, les p’tits gars ont besoin de modèles masculins. Il y a trop de femmes en enseignement! ».

Ben merci, mais pour l’instant, je suis là. Pis pas toi.

Alors, je suis là en attendant que les hommes prennent ma place? En mode, en cuisine, en relations d’aide, les femmes sont là en attendant. Super!

Quand on voit des listes de femmes qui réussissent et qui s’accomplissent, on voit rarement les femmes qui se donnent corps et âme avec les malades dans les hôpitaux et avec les poqués de la société dans les organismes communautaires, les enseignantes, les éducatrices en garderie, les cuisinières de cafétéria… On ne voit que des femmes à tailleur qui travaillent 70 heures par semaine comme les mecs.



Ce n’est pas en devenant un homme que je vais être libre. Je veux un autre modèle!

Je ne sens pas que les femmes sont encore tout à fait libres. Comme je gagne moins cher que mon chum même si je suis allée à l’Université et pas lui, j’ai l’impression que je dois en faire plus à la maison. C’est bête, hein? Mais c’est inconscient, je recherche l’égalité. Et si aujourd’hui je privilégie ma famille, demain, quand mon fils sera grand, je veux continuer de prendre toute la place qui me revient, sans embûches. Et, je ne crois pas que je sois dans le camp des privilégiés.

Quand j’entends un fermier qui dit à L’Amour est dans le pré qu’il désire une femme au foyer, ce n’est pas tant le fait qu’il y ait encore des gars qui recherchent ce modèle qui me choque, mais tout ce que cela sous-entend : Je veux une femme qui ne travaille pas, qui s’occupe des enfants, qui fait mes lunchs, qui s’occupe de moi comme le faisait ma maman et SURTOUT, je ne m’occuperai pas des enfants, je ne cuisinerai jamais et je ne ferai pas de ménage.

J’ai l’impression qu’il faut remettre la famille au centre de nos priorités et que cela ne doit pas être uniquement une responsabilité féminine. Le père doit prendre des congés parentaux pour s’occuper de ses enfants. Il est inadmissible qu’en 2013, un homme ne souhaite même pas prendre quelques semaines pour être avec son enfant. Plusieurs chercheurs s’entendent d’ailleurs pour dire que les pères qui s’occupent tôt de leurs enfants ont tendance à le faire par la suite et à mieux s’impliquer dans la division des tâches. (Le Devoir, 9 mars, Pères à temps plein un jour...)

Et qu'est-ce que ça donne plus tard? Si l’homme apprend à s’occuper des siens, il risque aussi de s’occuper des autres, des malades, de ses parents et ainsi partager avec la femme ces rôles très demandant. (Le Devoir, 9 mars, Pères à temps plein un jour...)

Puis avec l’obligation des hommes de prendre des congés parentaux, l’accès à l’emploi pour des postes plus payants est plus facile pour les femmes. Un employeur sachant que l’homme ou la femme peut prendre à tout moment un congé parental ne laisse plus de côté des femmes compétentes au profit d’un homme sans utérus.



Et des fois, je me dis : À quoi ça sert de faire des enfants si c’est pour toujours laisser la société s’en charger?

Si tu n’as pas le temps de t’occuper d’un poisson rouge parce que tu travailles trop, imagine un enfant deux minutes!

Ce n’est pas obligatoire de faire des enfants. On n’est pas plus femme parce qu’on vit la maternité, ça n’a rien à voir. Les femmes ont le droit de ne pas faire d’enfants et elles ne sont pas égoïstes et sans cœur pour autant.

Ça aussi, c’est inscrit solidement dans les cerveaux! Je pense que ce serait le temps de se déprogrammer un petit peu, non?

Je ne veux pas qu’on revienne en arrière. Je veux juste trouver ma place de femme. Je veux que les parents qui décident de faire des enfants prennent leurs responsabilités.

Je veux juste que les humains deviennent plus importants que l’argent…




 Twitter: @MichFromQuebec

jeudi 28 février 2013

Lettre à un omnivore inconnu



Je me suis toujours dit : « Ce n’est pas parce que tu écris sur un blogue que tu dois en faire un défouloir, un objet pour te venger de tous les gens idiots que tu rencontres. »  

Écrire sur Internet a cela de tentant, mais en même temps, comme partout, il faut toujours réprimer nos petites colères intérieures.

Parce que si les citations du beau-frère peuvent être très drôle racontées sur Internet, dans les partys de Noël avec la belle-famille, c’est autre chose… Et là, je ne parle pas réellement de mon beau-frère, c’est un exemple. (Je me protège.)

Pour en revenir à mon omnivore inconnu…

Je t’ai rencontré la semaine dernière dans un party où personne ne te connaissait. Il y a des gens comme toi qui surgissent de nulle part, invités par je ne sais qui, super à l’aise et qui veulent tout simplement faire la fête. J’approuve à 100 %.





Des pizzas sont arrivées, pizzas à la viande, il va sans dire. Tu m’as dit :

-Tu n’en manges pas?

- Euh, non, merci.

-Pourquoi?

-Je n’ai pas faim.

Et c’était ÇA la vraie réponse, je n’avais PAS faim! Mais tu as continué comme si tu cherchais quelque chose :

-Allez, mange de la pizza! Pourquoi tu ne veux pas en manger?

Exaspérée, j’ai dit :

-Je ne mange pas de viande.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAh! J’aurais dû me la fermer parce que ta première réaction a été :

-Tu sais qu’on a toujours mangé de la viande?

Et là, tu m’as servi toutes les conneries qu’on entend sur le végétarisme depuis 40 ans comme si j’étais née la veille.

Oui, tu as un ami végétalien qui est tout le temps malade, car il ne mange pas de viande. Il est pire que moi, tu as dit, car moi je mange encore du fromage et des œufs… (Si tu savais le nombre de jours par année où je ne consomme pas ces aliments… Tu m’aurais probablement trouvée moins en santé…)

Mais tu sais, mon omnivore inconnu, moi aussi j’ai des copains qui sont souvent malades. Je suis même malade moi aussi des fois. À l’urgence, imagine-toi donc qu’il y a plein de gens malades. Et je vais te dire un secret, oui, des omnivores malades, ça existe aussi. Oui, oui, je te le jure.

Bon, tu n’étais pas si chiant que ça en fin de compte et on a réussi à trouver un terrain d’entente. Quand je t’ai dit que je me foutais bien du fait que tu mangeais de la viande, que je n’étais ici pour convaincre personne de devenir végé, tu t’es mis à me parler de tous ces documentaires sur le gaspillage et l’environnement que tu regardais.





Oui, toi aussi, la viande industrielle, ça t’inquiète. Pour reprendre tes mots, tu trouves même ça dégueulasse. Le gaspillage alimentaire aussi ça te révolte, tu me l’as confié.

Mais il y a quelque chose qui m’a profondément ennuyée dans ce que tu m’as dit et je te l’ai signifié : « On ne peut rien y faire. »

Le pessimisme, le défaitisme et le déterminisme, ça me tue.

Tu vois, j’ai été éduquée à la vieille méthode, à coup de « Pas capable est mort, son fils s’appelle Essaye», c’est peut-être pour ça.

Je refuse de me croiser les bras.

Je ne fais que de petites choses, je ne suis pas très grande. Mais je les fais. Et mon environnement change.


***


Il y a dix ans, personne autour de moi ne mangeait végé.

Maintenant, j’ai plein d’amis soucieux de l’environnement et de leur santé qui mangent moins de viande et d’autres qui goutent de nouvelles saveurs sans broncher.

Il y a dix ans, mes amis et moi, on ne se faisait pas à manger et on courait les restos de fast-food.

Maintenant, on s’échange des trucs de cuisine, on parle de recettes, on explore.

Il y a dix ans, cuisiner était une perte de temps grandiose. Avoir l’air au-dessus de ses affaires et trop occupé pour cuisiner était la norme.

Maintenant, les gens autour de moi prennent plaisir à partager de bons repas cuisinés et certains sont devenus d’extraordinaires chefs!





Je ne veux pas dire que je suis la source de tous ces changements, loin de là. Mais en respectant les gens autour de moi qui ne faisaient pas les choses nécessairement à ma façon, on a pu construire quelque chose tous ensemble.

Et quand je regarde l’évolution de notre blogue, c’est pas mal ça que je vois. Un lieu de rassemblement pour les gens qui, peu importe ce qu’ils mangent au quotidien, ne veulent plus se croiser les bras.


***


Je ne sais pas si tu es retourné chez toi en repensant à notre discussion, omnivore inconnu.

Je ne t’ai pas revu de la soirée. Peut-être que tu n’existais même pas et que je parlais seule en plein milieu de la pièce une bière à la main… J’espère que non, pour ma dignité.





Mais si un jour tu passes par ici, je t’expliquerai en détail pourquoi ça ne me coute qu’environ 100 $ par semaine pour nourrir trois personnes, chose que tu ne croyais pas du tout et qui t’étonnait énormément.

Peut-être, je dis bien PEUT-ÊTRE qu’il y a un rapport avec le fait que je sois végétarienne…


 ***


La semaine prochaine, je m’adresserai à toi, illustre inconnu, qui me disait que la bière québécoise était dégueulasse. Non, c’est vrai, j’ai dit que je ne voulais pas faire de ce blogue un défouloir…


Bonne fin de semaine!



jeudi 29 novembre 2012

Un peu de parmesan sur le vomi



L’an dernier, il y avait une petite fille de 10 ans dans la classe de mon fils qui disait que le jambon était fait avec du poulet.

Il y a quelques années, alors que j’étudiais au Cégep, la plupart des gens présents autour de moi, durant une conversation animée, croyaient qu’il y avait des poussins dans les œufs que nous achetons à l’épicerie. Heureusement, il y avait un fils d’éleveur de poules dans la salle pour trancher la question, car personne ne me croyait lorsque je leur disais le contraire.

Mon fils, en maternelle, nous disait que le concierge mettait du parmesan sur le vomi. Il disait que son ami Xavier avait gerbé son spaghetti et que le concierge avait saupoudré du parmesan dessus pour ensuite le nettoyer. Ça nous a pris du temps avant de comprendre.

Version de mon fils : Le concierge met du parmesan sur le vomi. (Mon fils mangeait ce parmesan chez sa grand-mère sur son spaghetti.)
Version réelle, mais moins drôle : Le concierge ne met pas de parmesan sur le vomi même si l'emballage ressemble à celui du parmesan Kraft.


Quand on pense que le lait vient du frigo à trois ans, c’est mignon. Mais quand on ne sait pas, à l’âge adulte, si le bacon vient du porc ou si la confiture est faite avec des fruits ou des céréales (!) comme bon nombre de jeunes Britanniques, il y a un problème.

On demeure loin des fermes et ce qui s’y passe, on ne veut pas le savoir. Moi, ça me bloque. Comment peut-on être désintéressés dans la vie à un point tel qu’on refuse de savoir d’où provient notre nourriture? On mange trois fois par jour, des fois plus, et on se fout de ce que les autres nous font acheter.

Ce qui permet un peu de tout et beaucoup de n’importe quoi.

Nos perceptions sont souvent erronées dans le monde de l’alimentation et c’est tout à fait compréhensible. La publicité essaie de nous faire gober des tas de conneries depuis très longtemps. Le Nutella, c’est bon pour les enfants. Le fromage Philadelphia, c’est de l’amour à partager. Le lait, c’est une source de réconfort… Ouais, ouais…


Je suis en santé grâce au Nutella. Il me procure tant de plaisir!

On ne sait plus rien. On dirait qu’on est de plus en plus con. On manque de curiosité. On se laisse diriger. On attend que le temps passe, je ne sais trop.

Pourtant, on peut encore visiter des fermes. Chaque année, il y a les portes ouvertes des fermes du Québec.

Une année, j’y ai appris plein de choses sur l’élevage des bisons. 

Mais je m’excuse encore d’avoir dit, en sortant de la grange, devant une file d’attente assez longue, que c’était vraiment fou malade le tour à dos de bison et que je n’avais jamais rien fait d’aussi excitant. (On ne pouvait pas approcher les bisons, car ils étaient à des mètres et des mètres dans le champ. Désolée pour la déception engendrée.)


C'est quoi le gag avec cette image? Et le point?

Il y a aussi des fermes agrotouristiques. On peut y séjourner ou y jeter un coup d’œil durant une journée en famille. Pour quoi faire? Pour en apprendre plus sur les élevages d’autruches et sur la culture de la lavande, par exemple…


Les autruches ont-elles des dents? Suspense!


Et si on trouve que l’essence coûte trop cher… google it! Franchement, il n’y a rien de plus simple.

En quelques secondes, voici ce que j’ai trouvé pour vous.

Dans la catégorie Comment fait-on pousser...


des arachides ?




des endives ?



des choux de Bruxelles ?



des ananas ?



des dattes ?




En terminant, cette citation de Daniel Pennac dans Comme un roman :

« On ne force pas une curiosité, on l’éveille. »




vendredi 12 octobre 2012

La guerre de la poutine


Quand j’étais toute petite, je détestais le fast food. Partout où j’allais, je ne voulais que manger la nourriture de ma grand-mère, mais il n’y en avait jamais dans les restaurants.

À l’adolescence, j’ai découvert la poutine. Malheur à moi!

Je mange super santé et tout et tout, mais se retrouver en tête à tête avec une bonne poutine aux petites heures du matin après avoir ingurgité trop de bières n’a pas son pareil. C’est l’extase!


http://www.labanquise.com/poutine-international.php


Et là, j’entends : « Ouash, de la poutine! C’est dégueulasse! C’est plein de gras! »

Effectivement, la poutine, ce n’est pas très santé : « De façon générale, un format de 375 grammes (petite à moyenne) compte environ 800 calories comprenant 45 g de gras, soit 63 % de la valeur quotidienne recommandée (des gras de mauvaise qualité de surcroît), 27 g de protéines (soit la quantité moyenne de ce que doit apporter un repas), et 1550 mg de sodium (limite maximale quotidienne recommandée de 2500). » (Le Soleil, 2012)

Mais je m’en fous! Et comme le dit la nutritionniste Anne Deslauriers : « Comme pour tous les aliments “trop” (trop salés, trop gras, trop caloriques... comme la poutine!), le mieux est d'en manger à l'occasion, en prenant bien le temps d'en savourer chaque bouchée. »

Pour moi, la poutine, c’est un petit plaisir non coupable. Je n’aime pas beaucoup la sauce, mais j’aime le fromage et les frites. Et comme je mange très peu de fromage à cause de mon intolérance au lactose, j’en profite doublement (comme lorsque je colle mon chat très fort même si j’y suis allergique).




Je ne suis pas la seule à aimer la poutine au Québec, évidemment. Chaque Québécois a déjà eu à faire face à une discussion du type « Où mange-t-on la meilleure poutine? » où tout le monde y va de SA meilleure poutine au monde.

Moi, j’aime bien la poutine de La Volière à Montmagny et je n’aime vraiment pas celle de Chez Ashton, ce que je n’ai pas le droit de dire étant donné que j’habite à Québec. C’est comme avec la radio, chut, pas de mauvais mots contre la radio.

Alors, où retrouve-t-on la meilleure poutine au Québec? Et d’où vient-elle au juste, historiquement parlant?

Visitez ce site : 



Sur Poutine War, vous retrouverez tous les endroits où l’on sert de la poutine au Québec, vous pourrez donner votre opinion sur lesdites poutines, ajouter votre poutinerie préférée et regarder des œuvres artistiques qui mettent en scène la poutine. 

La poutine est-elle originaire de Chicoutimi? De Sherbrooke? Drummondville? Gatineau? Warwick? Victo? Guillaume Mansour, un bédéiste, vous raconte les origines de la poutine en images...

Allez visiter leur page facebook pour être au courant de tout ce qui s'y trame!

Mais la poutine ne se retrouve pas seulement au Québec. On peut la retrouver dans presque toutes les provinces canadiennes dans des adaptations plus ou moins réussies et il y a même plusieurs restos en Amérique du Nord, en Europe et en Asie qui servent ce qui est considéré comme notre mets national (!).

Si vous passez par Paris, visitez The Moose, ce bar-restaurant où ils servent de la poutine pour 12 $ et de la Moosehead à 7 $!!! Pendant que vous y êtes, pour rentrer dans votre argent, vous en profiterez pour regarder une game des Canadiens sur les écrans géants… Ah non, c’est vrai, il n’y en a plus…


http://www.mooseparis.com/fr/visite-bar-restaurant-canadien


Finalement, je ne peux pas finir cette chronique sans vous parler de… Bruno Banchet!!!

Cet homme, je l’adore, du moins par le biais de ses livres, ses aventures et ses niaiseries.

Un jour, j’irai manger sa poutine à la « sauce de Brune » qu’il sert dans un petit kiosque à Bangkok avec sa blonde Onnicha.



http://www.lapresse.ca/le-soleil/dossiers/sur-la-route-de-la-poutine/201208/14/01-4564825-de-la-poutine-en-plein-coeur-de-la-thailande.php


Un jour… un jour…

Bon, allez manger une bonne poutine et on n’en parle plus!



jeudi 20 septembre 2012

J'ai écouté la radio de Québec



J’ai écouté la radio de Québec.



Pas celle où les filles parlent avec un drôle d’accent en répétant des « à cause que » et où les gars s’insurgent en prenant de longues pauses sur des sujets comme les stationnements non adaptés pour les pick-up ou la prolifération dangereuse des cyclistes dans la ville, non, l’autre.

Bon, ils font peut-être ça eux autres aussi, je ne sais pas, je ne les écoute jamais.

Mais là, j’étais en voiture et j’ai entendu un petit monsieur s’exprimer sur la santé et l’éducation : Pierre Lavoie. Pour ceux qui ont des enfants ou pour ceux qui sont férus de jogging, vous avez sans doute déjà entendu parler de lui.

Bon, il ne fait pas de jogging là-dessus, mais vous comprenez...


Triathlonien, conférencier, initiateur du Grand défi Pierre Lavoie, ce dernier travaille fort pour éduquer les nouvelles générations en ce qui concerne l’importance des habitudes de vie sur la santé.

Vous pouvez écouter son entrevue à l’émission de Gilles Parent en cliquant sur ce lien. Sinon, voici un petit résumé de ce que j’y ai retenu.

Pour lui, ce qui est primordial, c’est l’éducation. Et malheureusement, l’éducation n’est une priorité pour personne. La priorité, c’est la santé.

Bizarre que ce soit l'image qui nous vient en-tête quand on parle de santé...

Mais il y a un non-sens à investir de plus en plus en santé et de moins en moins en éducation.

En ce moment, 46 % de nos impôts sont injectés dans le système de la santé. On investit 2,3 milliards de dollars dans la construction de deux gros hôpitaux à Montréal. On donne 800 millions pour l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Tout le monde trouve cela normal et pourtant…

80 % des hospitalisations sont dues à nos mauvaises habitudes de vie : hypertension, diabète de type II, cancers (un sur deux). 80 % des hospitalisations pourraient être évitées si les gens étaient éduqués et s’ils changeaient leurs habitudes de vie. 80 %!!! Vous vous rendez compte?




Un mode de vie sain, ce n’est pas très compliqué : bouger 300 minutes par semaine, ne pas fumer et bien s’alimenter. Et combien de Québécois adoptent ce mode de vie?

Seulement un maigre 12 %.

L’espérance de vie augmente d’un an tous les cinq ans, ce qui n’est vraiment pas une bonne chose. 

Pourquoi?

Actuellement, les hommes vivent en moyenne 79 ans et les femmes 83 ans. On pourrait se réjouir de ces données, mais il y en a une autre qui chamboule tout : l’espérance de qualité de vie.




Celle-ci est beaucoup moins élevée avec 64 ans en moyenne. Ce qui veut dire qu’entre 64 ans et 83 ans, c’est le système de santé qui paie pour tous ces gens qui n’ont pas de saines habitudes de vie, c’est-à-dire, vous.





Pierre Lavoie garde espoir. Il est persuadé que les nouvelles générations qui poussent changeront la donne. Selon lui, depuis plusieurs années, les enseignants font un travail remarquable d’éducation et de conscientisation auprès des jeunes, même avec de minuscules moyens.

Et les entreprises n’auront pas le choix d’emboiter le pas, car étant donné qu’on prendra notre retraite de plus en plus tard et qu’on travaillera ainsi plus longtemps, les assurances collectives coûteront une fortune pour celles-ci qui n’auront plus les moyens de les payer.




Je termine avec ceci. Pierre Lavoie dit que dans chaque modèle de société, lorsque l’on veut changer des habitudes, on doit arriver à un point de rupture. Ce point de rupture se situe à 25 %. Lorsque 25 % d’une population change, le reste de la population se met en branle.

Au Québec, 12 % de la population a décidé de changer et d’investir dans sa santé. Il ne reste pas beaucoup de chemin à faire, mais il en reste.

Tout passe par l’éducation. À l’école, certes, mais aussi à la maison quand vous vous renseignez sur l’alimentation, quand vous essayez de nouvelles recettes et quand vous sortez jouer dehors avec vos enfants après le souper au lieu de vous écraser devant la télé.

Il faut prendre un virage, maintenant.

Si Pierre Lavoie passe dans votre coin, ne le ratez pas. Vous ne serez pas toujours aussi chanceux que moi en écoutant la radio de Québec.