mercredi 11 avril 2012

Le (vrai) mâle n'est pas végétarien


On était quatre - deux gars, deux filles. On parlait de bouffe. Il n'y avait rien à manger devant nous, qu'à boire. Ça creusait l'appétit.

Puis mon pote a lâché cette bombe : « Ouais, je suis végétarien. »

Et les deux filles de l'observer de la tête aux pieds, comme s'il venait de faire son coming out.

L'une d'elles, d'ajouter : « T'étais pourtant bien parti...qu'est-ce qui s'est passé ? »

Mon pote d'expliquer pourquoi. Pour des raisons éthiques, entre autres.

Et les deux filles de se lancer sur les steaks et sur toutes les saveurs de la viande, des choses dont elles ne pourraient jamais se passer.

Moi, j'étais là et je souriais.

On pouvait me qualifier de flexitarien - un végétarien assis entre deux chaises, qui mange de la viande quelques fois - ou de localovore - une bête qui préfère manger ce qui se fait chez lui, dans sa région - mais de végétarien, voyons les filles, vous savez, moi, mes couilles, la vie...

...ma barbe, quoi !

Pis les qualificatifs, moi, j'aime pas.

***

L'image que se fait un végétarien de lui-même...

...ce qu'il est vraiment.
***

Je me suis tapé ces derniers jours, sur youtube, le documentaire Doit-on encore manger de la 
viande ?. Ce que j'ai voulu illustrer en introduction, c'est un peu le propos diffusé par les ténors de l'industrie de la viande et repris par ses illustres consommateurs.

Manger de la viande, c'est s'affirmer comme homme - car il en mange très souvent plus que la femme - c'est donc se distinguer de sa partenaire - cette castratrice.

Manger de la viande, c'est aussi démontrer son statut social - plus que jamais en Chine, où ceux qui réussissent bien dans la vie en ont dans l'assiette tous les jours.

Si vous en doutez, alors il faut voir le documentaire - je donne le lien à la fin.

***

Autres sujets dans le documentaire, la toute-puissance du marché. Qu'on a beau s'insurger du sort des animaux dans les abattoirs, si on mange de la viande 10 à 20 fois par semaine, rien ne va changer - la loi de l'offre et la demande n'a que sa propre conscience et elle se fiche bien que la vôtre soit tranquille ou non.

***

En lien avec mon sujet d'hier, sur les OGM. Le documentaire nous démontre l'impact de la culture du soja transgénique sur la population du Paraguay - par exemple.

Booster le soja, ça le rend plus fort, plus résistant, face à tous les herbicides et pesticides. Et ça nous assure d'avoir de bonnes récoltes - donc plus de bouffe pour nos animaux à engraisser.

Mais les humains, eux, ne sont pas encore transgéniques...


C'est la quatrième partie du documentaire - celle qui concerne davantage les dernières lignes, ci-haut.

Les autres sont aussi disponibles sur youtube.






mardi 10 avril 2012

OGM : Québec branle dans le manche (encore une fois)


Un engagement électoral (2003), une motion unanime à l'Assemblée nationale, deux pétitions (14 500 signatures) et neuf années au pouvoir plus tard, le gouvernement Charest ne bronche pas : l'étiquetage des OGM, c'est NON.

Ah ! J'oubliais. J'ai écrit à quelques reprises à ce sujet. Mais ça ne compte pas...

Voici ce que plaide le ministre de l'Agriculture, Pierre Corbeil :

«Rendre obligatoire l'étiquetage des aliments contenant des organismes génétiquement modifiés est une opération fort complexe qui va bien au-delà de la simple apposition d'une étiquette sur un produit»

Ah ! La complexité ! Fallait y penser ! Comme il est difficile de gouverner, de légiférer ! Vite, une campagne électorale ! Le peuple meurt d'envie de faire le plein de solutions simples pour des problèmes complexes !

Et ce n'est pas tout. Le chemin vers l'étiquetage obligatoire est parsemé d'embûches, toujours selon le ministre. Il faudrait « implanter un système de traçabilité «de la ferme à la table», entreposer «les grains dans des silos différents», ou encore laver jour après jour la machinerie agricole qui pourrait avoir été en contact avec des OGM. »

Pire encore, les OGM, c'est de la fabulation, selon Québec. Selon les études du Ministère, les produits OGM se limitent à une soixante au Québec, soit 3% de notre panier d'épicerie.


Non mais, c'est tout un show de boucane à lequel se livre l'Europe en général et la France en particulier, ainsi qu'en ce moment même notre cousin géopolitique de la fesse gauche, le Vermont.

***

Québec prétend aussi que tel étiquetage serait fort dommageable pour les entreprises québécoises, qui pourraient ainsi devenir moins compétitives. Bref, notre marché est trop petit et il va en souffrir.

Nos voisins du Vermont sont donc complètement tordus ! 

Là-bas, ils se préparent à légiférer en la matière. Et ils sont encore plus petits que nous.

Franchement, faut croire qu'il y a de ces États habités d'inconsciences économiques.

Wake up, amis du Vermont ! Le Marché ! Le Commerce ! La Compétition !

Le Marché d'abord et avant tout ! 

***

Mes sources, ici et .

Bonne journée !

lundi 9 avril 2012

Sale pourriture!


Je vous ai déjà parlé de ma passion pour la décomposition. Oui, c’est bizarre, je sais. Mais devinez ce que je viens de découvrir?

BLACKBERRIES 

Place of production: Tuxpan, Jalisco, Mexico 
Cultivation method: Outdoor plantation   *    Time of harvest: October - June 
Transporting distance: 9.900 km   *    Means of transportation: Aircraft, truck 
 Carbon footprint (total) per kg: 11,97 kg   *    Water requirement (total) per kg: 40 l 
Price: 15,92 € / kg


Un photographe, Klaus Pichler. Un Autrichien qui fait vibrer ma pupille. Des projets avec des squelettes, des animaux empaillés ou en plastique et de la couleur pour allumer mes petits cônes (et je baigne toujours dans le champ lexical de la biologie de l’œil là). Mais surtout, oui, oui, des aliments en décomposition!!!

PINEAPPLE

Place of production: Guayaquil, Ecuador
Cultivation method: Outdoor plantation  *   Time of harvest: All- season
Transporting distance: 10.666 km (linear distance)  *   Means of transportation: Aircraft, truck
 Carbon footprint (total) per kg: 11,94 kg  *   Water requirement (total) per kg: 360 l
Price: 2,10 € / kg


Ce projet photographique s’appelle One Third et il porte principalement sur les réflexions qui entourent le gaspillage alimentaire, la famine et la surproduction d’aliments… One Third, c’est un tiers de la production alimentaire mondiale qui se retrouve à la poubelle, comme ça. One Third, c’est un cerveau qui réfléchit en beauté, sans se décoller la rétine (champ lexical), car pour chaque photographie, on explique quel est le type de plantation, le temps de récolte dans l’année, l’origine, le mode de transport, l’empreinte carbone, etc. De l’art intelligent, de l’art éco-responsable, tiens!


BEEF 

Place of production: Fladnitz an der Teichalm, Austria 
Production method: Animal Farm   *    Time of production: All- season 
 Transporting distance: 124 km   *    Means of transportation: Truck 
Carbon footprint (total) per kg: 13,33 kg   *    Water requirement (total) per kg: 5640 l 
Price: 15,99 € / kg

JELLY 

Place of production: Karachi, Pakistan 
Production method: Factory production  *   Time of production: All- season 
Transporting distance: 6.629 km  *   Means of transportation: Truck 
 Carbon footprint (total) per kg: 1,95 kg  *   Water requirement (total) per kg: 8 l 
Price: 23,40 € / kg

GRAPES
Place of production: Trujillo, La Libertad, Peru
Cultivation method: Outdoor plantation  *  Time of harvest: October - March
 Transporting distance: 11.000 km  *  Means of transportation: Aircraft, truck
 Carbon footprint (total) per kg: 11,89 kg  *  Water requirement (total) per kg: 652 l
Price: 3,49 € / kg





EGGS

Place of production: Kolontar, Hungary
Production method: Factory production  *   Time of production: All- season
 Transporting distance: 196 km  *   Means of transportation: Truck
 Carbon footprint (total) per kg: 5,82 kg  *   Water requirement (total) per kg: 3061 l
Price: 1,39 € / kg

BEETROOTS
Place of production: Zorawina, Wroclaw, Poland
Cultivation method: Foil green house   *    Time of harvest: May - September
Transporting distance: 485 km   *    Means of transportation: Truck
Carbon footprint (total) per kg: 0,24 kg   *    Water requirement (total) per kg: 386 l
Price: 1,20 € / kg



Vous aimez? Allez voir son site: http://www.kpic.at/

À bientôt et n'oubliez pas de nous rendre visite sur facebook: http://www.facebook.com/pages/Dre-Tofu-et-Monsieur-Jambon/257736170949226

Quand vous cliquez sur J'AIME, c'est comme si on recevait un salaire de trois millions de dollars... ou presque... ;)




samedi 7 avril 2012

Bières et Jambon (10) : Microbrasserie Charlevoix



J'ai connu la Microbrasserie Charlevoix il y a de cela plusieurs années.

Je me souviens que les bouteilles étaient situées dans les frigidaires à l'extrême droite chez Tabagie Tremblay, sur la rue Cartier, à Québec. Des beaux formats de 500 ml et des mots latins sur les étiquettes - ça ne prend pas grand chose pour m'intriguer, mais il faut que l'expérience laisse ses traces pour que je me souvienne jusqu'à l'endroit précis où je la rencontre - ça devait être aussi une chaude journée d'été, par un bel après-midi - je devais être perdu dans mes pensées et je paris que j'avais soif. 

Amen. Fut adoptée la Dominus Vobiscum dès ce moment-là.

***

La Microbrasserie Charlevoix est née en 1998, à Baie Saint-Paul. En 2009, ils ont déménagé dans de nouveaux locaux, pour fin d'agrandissement - les produits sont maintenant distribués un peu partout au Québec.

Son site internet est tout ce qu'on peut qualifier d'ordinaire chez Microbrasserie Charlevoix - car aucune bière - à ce jour - ne s'avère une déception.

Vous pouvez aller les visiter sur place, au Saint-Pub - je ne connaissais pas ce saint-là, mais j'imagine que c'est l'alternative chrétienne à ce cher Bacchus. 

***

La Microbrasserie Charlevoix offre, entre autres, deux solides gammes de bières spécialisées.

La première, c'est la Dominus Vobiscum, d'inspiration belge. 

La seconde, c'est la Vache Folle - chaque type utilise un houblon différent, ou brasser selon un style, notamment Stout ou IPA.

Pour cette chronique, j'ai dégusté quatre bières - offertes en bouteilles de 500 ml seulement.

Dominus Vobiscum (Blanche) 5%, bière de blé épicée : On la dit « légère et rafraîchissante, agrémentée par des arômes d'agrumes et de camomille ».


La Vache Folle ESB (Extra Special Bitter) 6 % : C'est une rousse qui, comme son nom le dit, a du mordant. 


La Vache Folle Imperial Milk Stout 9% : Avertissement : cette bière contient du lactose. C'est une noire possédant des arômes de café, de chocolat mi-amer et de caramel brûlé.


La Flacatoune 7% : Une bière blonde - ça m'arrive d'en apprécier. Et pour ceux et celles d'entre vous qui sont amoureux (ses) des mots, « flacatoune » voulait dire « bière » en vieux français. Une autre preuve qu'on peut apprendre un truc ou deux lorsque l'on s'évade de notre boire routinier.



À noter, pour les foies sensibles ou pour vous chers lecteurs qui vous inquiétez des habitudes à la dive bouteille de Monsieur Jambon, il affirme ne pas avoir bu ces quatre bières la même journée.

Rassurez ?

Et c'était une première dans l'histoire de cette chronique !

Dop ! ;)

***

C'est tout pour cette dixième édition de Bières et Jambon.

Pour voir les binettes et les descriptions des bières de la Microbrasserie Charlevoix, c'est par ici.

Profitez-bien de vos congés !


Prost !

jeudi 5 avril 2012

La sexualité chez les légumes


Je pourrais vous parler de bien des sujets, ce soir, mais en tant que docteure (Dre Tofu, évidemment), je dois absolument vous éclairer sur quelques spécificités propres aux légumes. On m’a reproché, parfois, de faire mal aux plantes, de m’inscrire au sein d’un mouvement de destruction massive des végétaux : « Ouais, mais toi, tu es végétarienne et tu fais souffrir les pauvres carottes, elles sont vivantes elles aussi! ».




Et bien, vous avez raison. Les carottes crient quand on les retire de la terre. La laitue se tord de douleur lorsqu’on la coupe. Et les poivrons, vous savez? Ce sont eux qui ont le système nerveux le plus fragile du monde végétal! Une croquée et ils agonisent pendant des heures. La mort la plus lente et la plus abominable qui soit…

Les plantes, les légumes et les fruits ressentent la douleur. Mais le plaisir aussi! Grâce à leurs sens très développés, les choux, les tomates et les asperges peuvent sentir le vent leur caresser la croupe, vos doigts effleurer leur peau délicate, votre haleine réchauffer leur tige forte…

Les végétaux ont une sexualité. Ils peuvent vivre des orgasmes avec leurs semblables, mais aussi avec vous. C’est tabou, je sais, personne n’ose aborder ce sujet. Heureusement, Dre Tofu est là pour vous montrer la face cachée du légume, mais aussi du fruit, cet incompris. Allez coucher les enfants et préparez-vous à entrer dans un monde qui vous était jusqu’alors interdit. Oui, les fruits et les légumes ont une sexualité, c’est Dre Tofu qui vous le dit.











































mercredi 4 avril 2012

Les poissons, ces percussionnistes ...!


C'était dans les années 70. Deux biologistes sont invités par la marine américaine. Cette dernière, depuis l'arrivée des submersibles, s'est mise à l'écoute des océans. Mais il y a un problème. Il y a trop de bruits. Beaucoup trop d'interférences. Ce n'est pas bon pour des objectifs militaires, ça !

Et les deux biologistes de dénombrer alors les vocalises de plus de 200 espèces de poissons.

Bof... soupire la communauté scientifique d'alors. Des poissons qui parlent. Et quoi encore !

Même tout récemment (2004), deux Suèdois publient leurs travaux démontrant les communications des harengs par le biais de leurs flatulences. Ils se méritent un prix parodique, le Ig Nobel, donné aux recherches les plus improbables.

Ben oui, ils pètent, les poissons.

On se fait un tartare ?

Miam ! Oh oui !


***

On le sait, les poissons n'ont ni cortex, ni cordes vocales. Des vivants, à première vue, très limités. 

Ce qui n'a pas empêché quelques scientifiques de persister. 

Et de déclarer que si les oiseaux et les baleines chantent, les poissons sont d'ingénieux percussionnistes.

Et impressionnants. Chaque espèce possèderait sa propre signature acoustique, basée sur sa grosseur, son sexe et la région d'où il vient - la demoiselle, par exemple, qui vit de Madagascar à la Polynésie, émet des sons différents, selon la position de son habitat dans l'océan Indien - un peu comme des dialectes différents.

Pas le genre de demoiselle que j'invite à la maison mais...vous croyez qu'elle se mange elle aussi ?


***

Il y aurait quatre moyens pour le poisson de communiquer. 

  1. Par les dents buccales, en claquant des dents, comme le poisson-clown et le piranha.
  2. Par les dents pharyngiennes, en les frottant les unes contre les autres.
  3. Par la vessie natatoire, cette poche d"air qui permet à l'anguille de « roter », entre autres.
  4. Par la nageoire pectorale - le poisson-chat fait grincer son articulation 
Némo - en vrai - dans une anémone, avant de claquer des dents et de se cacher.

***

Ok, cool, les poissons « parlent ». Mais à quoi ça peut bien nous être utile ? (l'éternel refrain des humains.)

D'abord, la durée et la fréquence des cris des poissons proviendraient d'un système neurologique primitif, qui pourrait nous en apprendre sur les origines de la parole chez l'humain.

Ensuite, certains scientifiques ont l'espoir de repérer plus facilement les aires de reproduction des poissons - car ils parlent souvent d'amour, cet air connu - et ainsi limiter les pêches dans ces zones.

Bref, pourra-t-on un jour évaluer la biodiversité  et l'état de santé d'un écosystème grâce au décodage des sons ?

Fort possible.

Pas si cons que ça, finalement, les poissons...

Source : Science et Vie (Mars 2012)



mardi 3 avril 2012

On mange et on...change !


Notre corps est une merveille.

En chacun de nous, il y a un univers. Le BigBang fut notre conception. Ensuite, c'est le délire dans un système codé, mais absolument influençable.

Fallait bien s'en douter. Tout ce qui attise nos sens a un impact sur notre univers.

Manger, comme lire, écouter et penser, seraient synonymes de changements.

Plus qu'on puisse l'imaginer...Toujours plus ! Sans les mains !

Explications...

***

Dans son numéro de mars 2012, Science et Vie nous offre un article sur l'impact insoupçonné de ce que l'on ingurgite par rapport à ce que nous sommes - comme individu, comme groupe, ou comme membre d'une telle population humaine.

Notre barrière intestinale laisserait passer des éléments sans les digérer ou, à proprement dit, sans les évacuer.

Et ces dits éléments ne seraient pas les moindres : ils agiraient sur nos gènes. Des constituants génétiques de nos aliments modifieraient notre système. En plus d'incorporer des nutriments, c'est un peu comme si des informateurs venus d'ailleurs nous infiltraient.

Cet élément fait grandir, mais c'est plus dans nos têtes que dans nos gènes.


C'est un ensemble ultra-sophistiqué qui fait notre tout. C'est un microcosme au sein d'un macrocosme - et la nature - allumeuse - de se garder une petite gêne en se dévoilant un morceau l'autre.

Notre machinerie cellulaire, à la fine pointe et plus encore, n'est pas de cette stabilité que l'on souhaiterait au quotidien - si ça pouvait nous enlever le fardeau de penser.

Non ! Elle est là qui se transforme, qui s'imprègne de ce qu'on lui offre comme carburants.

Et on marche, et on roule. Et nos sources d'alimentation défient l'expression de nos gènes.

Provoquent-ils des maladies ? Ou nous offrent-ils de nouveaux moyens pour mieux nous soigner ?

***
Tout peut porter à croire que c'est un et l'autre. 

Quelques constats :

- Notre régime alimentaire influence notre métabolisme.
- Les traditions alimentaires millénaires ont pu former les spécificités des différentes populations humaines.
- Il est donc possible que l'introduction d'un nouvel aliment ait des conséquences sur une population.





***

L'article « Leurs gènes modifient les nôtres » dans Science et Vie est fascinant. Il ne semble pas disponible en ligne, l'est-il encore en kiosque ?

Sinon, c'est une fichue bonne raison pour aller faire un tour à votre bibliothèque !

À demain !




lundi 2 avril 2012

Des dessins!


Je passe en coup de vent aujourd’hui pour partager avec vous ma nouvelle découverte :




C’est un blogue de recettes super chouettes tenu par deux designers graphiques (Sarah Conrique et Graham I. Haynes) qui ont aussi leur propre studio de création. Leur but est de cuisiner avec des ingrédients hyper simples, pas très nombreux, mais savoureux. Chaque recette est une base que l’on peut modifier à sa guise selon son expérience culinaire et ses découvertes du moment.

Je suis littéralement tombée amoureuse de leur blogue à cause des petits dessins enfantins, mais aussi parce que c’est le genre de truc que j’aurais dû inventer. Pourquoi n’y ai-je pas pensé, moi, à faire ça?!? Bref, je les trouve extraordinaires et si j’étais Française, je kifferais grave. Vous pouvez acheter leur livre de recettes en ligne ou parcourir leur blogue comme bon vous semble.

C’est cuuuuute, n’est-ce pas? 







dimanche 1 avril 2012

Bières et Jambon (9) : Les Brasseurs du monde


Je reviens du site des Brasseurs du monde. À lire le comment et le pourquoi de leur initiative brassicole, ces paroles de la chanson Dès que le vent soufflera de Renaud me sont revenues à l'esprit : « Je ferai le tour du monde, pour boire à chaque étape. » C'est l'invitation que les Brasseurs du monde nous font. Ils s'inspirent des styles de bières qui ravissent les amateurs d'un peu partout sur le globe. 

Avant de se lancer à la conquête de la planète des buveurs assoiffés de découvertes, disons que Saint-Hyacinthe pourrait s'avérer un petit détour, où est situé le pub Le Picoleur, hôte des produits des Brasseurs du monde.

Mais puisque que Monsieur Jambon ne recommande pas du tout de prendre la voiture pour aller trinquer, restons à la maison - après une petite marche aller-retour chez un détaillant spécialisé, question de se ravitailler puis de savourer ces petites merveilles.

 ***

C'est d'abord L'Interdite qui m'a intrigué. C'est une IPA américaine. J'y avais déjà goûté - à peine. Fallait pousser l'expérience...

Allez hop !...Un paquet de six !...Treize quatre-vingt quinze ?...M'en fiche !...

Elle est là pour nous rappeller la prohibition, cette fameuse époque où la Loi s'est crue plus forte que la noce. Où on vidait de la bière dans les égoûts. Où boire, c'était mal.

Quand les brasseurs ont cessé de passer pour des desperados, ils ont dû faire vite, comme houblonner des bières en 90 minutes. Ce qui donne une solide amertume...rafraîchissante !

***

Tout à l'heure, de retour du travail, pour les fins de cette chronique, c'était immanquable, fallait que je fasse l'essai d'autres produits des Brasseurs du monde. J'ai choisi L'Assoiffée, L'Exploité et la Houblon noir.

L'Assoiffée est une double belge brune. C'est un hommage aux moines belges, qui furent des pionniers dans la tradition brassicole - j'imagine que boire un coup dans les monastères permettait d'assurer une ligne directe avec le seigneur.

L'Exploité, c'est pour les travailleurs des ports de Londres qui déchargeaient les bateaux de leurs sacs de café et de cacao. C'est une savoureuse noire vanillée - ce que j'appelle un combo du tonnerre de dieu !

La Houblon noire, c'est pour moi. Moi tout seul. OK, tu peux en acheter si tu veux. Mais ta première gorgée, bois-la à ma santé ! Car une IPA noire, c'est de la magie pour mes bajoues !

***

Les Brasseurs du monde offrent aussi une gamme dite sympathique.

Elle est pour toi, toi qui en a assez des bières commerciales et des bibines sans caractères.

Voici le lien pour te donner un aperçu des goûts différents qui t'attendent...

...Il est...ici !...

Bières et Jambon se termine ainsi pour cette semaine.

Avec un Prost ! musical...





jeudi 29 mars 2012

L'État pétrolier



Nouveau budget fédéral

Environnement Canada est amputé de 53 millions…

Les projets pétroliers et tous les pipelines de ce monde pourront maintenant vivre heureux et se multiplier sans vergogne, car ils ne seront maintenant soumis qu’à un seul test environnemental… On change les lois, comme avec les poissons




On abolit la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie parce que l’environnement n’est tellement pas une priorité de toute manière…

Et le budget prévu pour les énergies propres là-dedans? Deux millions. Ouais… Seulement deux petits millions. On fait quoi avec deux millions en 2012?

L’argent de nos taxes et de nos impôts servira plus que jamais à financer les pétrolières.

Paraitrait même que le gouvernement a prévu un budget de 8 millions pour observer de près les groupes environnementaux… La belle affaire! On met plus d’argent pour fermer la gueule des environnementalistes que dans le développement d’énergie durable.

J’ai honte de mon Canada, du Canada. Plus que jamais.



Le 22 avril, j’y serai avec ma petite famille… et vous? 







Vous pouvez vous inscrire ici: http://www.facebook.com/22avril2012



mercredi 28 mars 2012

Une petite mordée dans la poésie du ventre


Je lis présentement Féerie pour une autre fois de Céline. Je dis ça tout simplement parce que le rythme, l'intensité et le style de sa prose m'ont fait penser à de la poésie dans sa plus pure expression - pour le peu que j'en sais.

Sur une autre chaîne, dans ma tête folle, je cherchais un sujet pour ce soir - en fait, j'ai pensé en avoir un toute la journée, mais puisque j'ai tendance à zapper, une nouvelle idée s'est imposée.

Alors, merci à toi, mon vieux Ferdinand, je nous offre une incursion dans la poésie gastronomique.

Et j'ai l'impression que ça ne sera pas la dernière...

***

Car, des convives à ce banquet de la poésie, il y en a tout autour d'une table gigantesque - tout compte fait, il y aura quelques suites à ce message - me v'là donc qui commence une nouvelle gimmick...

Transportons-nous d'abord au 4e siècle avant Jésus-Christ, dans la Grèce antique.
Voici Archestrate, grand voyageur et poète, qui se promènait de par le monde connu, à la recherche d'expériences gastronomiques. Ce qui l'intéressait, ce ne sont pas les moeurs des gens et des peuples, mais particulièrement ce qu'ils mangeaient.

Alors, ce bourlingueur s'arrêtait dans chaque région, prenait des notes, étudiait les repas, concevait des recettes et organisait des soupers. Jamais plus de trois ou quatre personnes à table, pour que chacun puisse savourer le moment, sinon « un repas de plus de quatre personnes devient un repas de journaliers et de soldats, qui mangent leur butin. » Autrement dit, on imagine la scène, des goinfres qui ne font que s'empiffrer.

À gauche, se bourrant la face, le type même qu'Archestrate n'aurait pas invité à sa table.


D'ailleurs, c'est une des rares citations d'Archestrate qui est parvenue jusqu'à nous.

Bien que sa passion aurait pu faire de lui un ventru, il semble que ça ne soit pas le cas, puisque qu'une expression lui fait honneur : « Léger comme Archestrate ».

C'est vrai qu'à marcher d'une place à l'autre, on a le temps de bien digérer, je vous l'accorde.

Le poète Joseph Berchoux (notre prochain invité), le présente ainsi :

 « Il est l'auteur d'un poème intitulé : la Gastronomie. Cet auteur fut l'ami d'un des fils de Périclès. Il avait parcouru les terres et les mers pour connaître par lui-même ce qu'elles produisent de meilleur. Il s'instruisait dans ses voyages, non des mœurs des peuples, dont il est inutile de s'instruire, puisqu'il est impossible de les changer, mais il entrait dans les laboratoires où se préparent les délices de la table, et il n'eut de commerce qu'avec les hommes utiles à ses plaisirs. Son poëme est un trésor de lumière, et ne contient pas un vers qui ne soit un précepte. C'est dans cette école que plusieurs cuisiniers ont puisé les principes d'un art qui les a rendus immortels. »


***


Joseph Berchoux fut l'homme qui a popularisé le mot gastronomie, au début de 19e siècle. On le considéra poète, humoriste, sociologue et historien - et dans ses temps libres, il fut juge de paix, entre autres lorsque la Révolution éclata.

Je vous laisse sur un de ses poèmes, qui me rappelle que je ne me suis point encore rassasié, pardi!


  L'Esprit oblige (1802) :

« Je vais dans mon ardeur poétique et divine
Mettre au rang des beaux-arts celui de la cuisine.
D'un utile appétit munissez-vous d'avance.

Préludez doucement au plaisir du repas.

Que j'aime cependant l'admirable silence
Que je vois observer quand le repas commence.

Jouissez lentement et que rien ne vous presse.

Souvenez-vous toujours, dans le cours de la vie
Qu'un "dîner sans façon" est une perfidie.

Hélas, nous n'avons plus l'estomac de nos pères.

Le ragoût le plus fin que l'art puisse produire
S'il est froid et glacé ne saurait me séduire.

Rien ne doit déranger l'honnête homme qui dîne.

Qu'après le crépuscule un repas copieux
Vous prépare au sommeil et vous ferme les yeux.

Un poème jamais ne valut un dîner.

(Salut, toi que décore un excès d'embonpoint !!) »


***



  




mardi 27 mars 2012

« Les vieux ne font pas la différence et ils aiment ça »


Quatre piasses par vieux.

C'est le budget alloué pour les trois repas quotidiens, dans plusieurs résidences au Québec.

Ma foi. Il ne reste plus qu'à les corder dans des petits cubicules et à laisser les micros ouverts - pour qu'ils nous racontent comment c'était dans le bon vieux temps, pour qu'on en tire au moins quelque chose - et il ne restera plus que des vieilles peaux et des vieux os.

Si on peut juger de la qualité d'une société à la façon dont elle traite ses jeunes et ses aînés, ces temps-ci, on est servi.

Faut pas se le cacher. On est périmé.

***

Quatre piasses par jour.

Ça donne quoi ?

Des soupes fades faites à partir d'ingrédients défraîchis, ben de l'eau pis du sel en masse.

Des repas où la chapelure donne du volume à la pièce principale.

Des produits brûlés par le froid ou la congélation, passés au robot ou au hachoir pour cacher les défauts - pour contrer les vieux curieux, il suffit de noyer le tout dans une sauce brune.

Et « les vieux ne font pas la différence et ils aiment ça », dixit les directions d'établissements.

***

Manger est un plaisir. Pouvez-vous me dire où il se cache, ce divin, dans les résidences ?

Faut dire que c'est un peu le même problème dans les cantines des hôpitaux.

Et quand il y a des compressions budgétaires, où est-ce que l'on coupe ? Dans la bouffe. 

Exit les saveurs et les aliments bons pour la santé.

Bienvenue les médicaments !

(Il n'y a sûrement aucune corrélation entre les deux.)

Le repas, il est équilibré lorsqu'il flotte dans l'assiette...

***
« À quatre-vingt ans, (...) si une bonne marche à pied vous fait encore plaisir, et un bon repas (avec tout ce qui l'accompagne), si vous pouvez dormir sans commencer par prendre des pilules, si les oiseaux et les fleurs, la montagne et la mer continuent à vous inspirer, alors vous êtes le plus fortuné des hommes (...) » - Henry Miller


***

Quatre piasses et pourtant. Seulement le double, nous dit-on, et saveurs et créativités pourraient être au rendez-vous.

Ce n'est quand même pas une folie, manger pour huit dollars par jour ?

***

Inspiré d'un article du Devoir.






lundi 26 mars 2012

Ces végétariens qui veulent votre bien


J’ai décidé de ne pas manger de viande assez tôt dans ma vie. Comme je l’ai mentionné à plusieurs reprises, je détestais son goût. Mais je l’avoue, j’avais un faible pour les cretons de ma grand-mère et le bacon aussi, quand il était presque brûlé, mmm...

Pas ce genre de bacon...

Par la suite, sont venues s’ajouter à cette décision des considérations éthiques et environnementales. J’ai des convictions, des visions d’avenir, comme tout le monde, mais je ne suis pas un esprit fermé. Souvent, sur ce blogue, je marche sur des œufs.

Je parle souvent à Monsieur Jambon de cette image de « la végétarienne » que je ne veux pas véhiculer. Je n’aime pas les clans, les petits groupes qui travaillent en huis clos, les exclusions, le sentiment bizarre de supériorité qui nous habite lorsque nous développons un sentiment d’appartenance malsain avec nos semblables. Je ne m’attache pas facilement, c’est comme ça, je suis sauvage.

Et il y a ces gens…

On les retrouve dans les deux camps opposés. D’un côté, ces carnivores qui te dépêchent de goûter leur fameux T-Bone mal cuit qui te convertira une fois pour toutes à la religion jamboniste (celle des petits esprits) et de l’autre, ces végétaliens extrémistes qui ne mangent rien qui fasse sourire et qui tentent de te changer en plante verte, voie suprême de guérison de tous les maux de la terre. Tu es toujours contre les deux camps, peu importe ce que tu dis. Tu en fais toujours trop ou pas suffisamment. Tu n’es jamais assez croyant.



Hier, le camp des illuminés m’a rentré dedans durant l’Expo Manger santé et vivre vert de Québec. La politesse est parfois mère de plusieurs imprudences. J’avais beau dire à la dame devant moi que je croyais travailler pour l’environnement et la société, ça ne fonctionnait pas. Je ne suivais pas les enseignements du Maître Suprême Ching Hai…


Mais bordel, que font des gens semblables dans ce genre d’exposition en 2012? Elle m’a remis un dépliant dont l’infographie semblait avoir été réalisée dans le noir par un non-voyant alcoolique. En voici quelques extraits :

- « toute la glace arctique pourrait avoir disparu d’ici la fin de l’été 2012 »

- « Vu la façon dont ça avance, si l’on ne stoppe pas ça, dans 4 ou 5 ans, finito. Plus rien. C’est vraiment urgent à ce point. »

- Dans un extrait d’entrevue entre le Maître et je ne sais trop qui : « Maître, puisque l’élevage du bétail est la source principale des gaz à effet de serre, il semble que le végétarisme soit une solution, mais pensez-vous que cela soit suffisant? » Réponse du Maître : « Non, non, je n’ai pas dit seulement végétarisme; la technologie doit changer. Nous avons le végétarisme, les énergies durables, les voitures hybrides, la plantation d’arbres et la prière. Le végétarisme est un bienfait à long terme, pour réduire le karma (mauvaises conséquences), et pour obtenir la Grâce du Ciel. »




Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah! La Grâce du Ciel!!! Et je ne vous mentionne même pas le dessin de la petite poule qui clame « Nous prions pour vous » ainsi que le nom de Pamela Anderson figurant dans la liste de « l’élite » des végétariens du monde… 

Je ne vous donnerai pas le lien de leur bonne nouvelle en ligne, désolée. Moi, les prières en mangeant, ce n’est pas mon fort. Ma mère m’a toujours dit de ne pas parler la bouche pleine.



J’ai fait des rencontres extraordinaires à cette exposition, des gens passionnés, motivés et pleins d’espoir en ce qui concerne l’avenir. Des personnes engagées qui changent le monde au quotidien, comme j’essaie de le faire, à petits pas. Mais devenir végétarien n’a rien à voir avec le salut. Je n’ai pas plus de lien fusionnel avec Dieu depuis que j’ai cessé de manger du rôti de porc. Mon chat ne jase pas de spiritualité avec moi le vendredi soir et au contraire, il lui arrive même de me mordre, le con!

Le végétarisme n’est ni une secte, ni une religion. Selon Le Petit Robert, « végétarien » signifie «qui ne mange pas la chair des animaux ». Voilà. C’est tout. Rien de plus. That’s it.


samedi 24 mars 2012

Halal dans sa zone


L'ancien gardien de but du Canadien, maintenant avec les Blues de St-Louis, Jaroslav Halak, connaît toute une saison, après un lent départ. Son équipe est parmi les favorites pour remporter la coupe Stanley. Dans le jargon du métier, on pourrait dire qu'il est dans sa zone. Mais que mange-t-il donc pour être aussi bon ? Monsieur Jambon s'est posé la question et...

- S'cuse, mon bonhomme. C'est Halal dans ton titre, pas Halak ! 
- Oups...Petite différence, hein ?

On recommence.

***

Paraît que de plus en plus d'animaux d'abattoirs sont tués selon les règles du rite musulman - c'est-à-dire qu'on tourne la tête de la bête vers la Mecque et qu'on la saigne par le cou. C'est le député du PQ et vétérinaire André Simard qui le dit.

Attention, danger ! Il y a une bénédiction étrangère dans notre assiette ! 

Ça, c'est ce que peuvent s'écrier les nationaleux en pantoufles, les nostalgiques du temps où tout était si simple, quand on était ent'e nous aut'es, que tout était blanc, chrétien gentil et parlà françà.

Comme la réalité est devenue plus complexe, je dis : « Attention, risque de dérapage ! »

Car voici ce qui pue dans le débat qui a fait suite à la sortie du député péquiste : cette confrontation entre le « Nous » (les propres qui saignont des animaux déjà inconscients) versus « Eux » (les sales qui le font alors que l'animal est encore toute là).
 
L'élément déclencheur, juste ici.

***

Rima Elkouri, de La Presse, a d'abord écrit cette chronique, qui rejoint ma pensée - surtout à la fin.

Et les ti-counes de la province de lui sauter dessus à bras raccourcis.

Elle résume la situation dans sa chronique suivante.

N'est-ce pas magnifique ?

***

Je vous réserve le meilleur pour la fin - une chronique du succulent Pierre Foglia à ce sujet.

Comme j'aime ce monsieur !

 ***

Merci à tous pour cette très belle semaine !

Bières et Jambon fait relâche ce week-end.

Rendez-vous avec Dre Tofu dès lundi.

Prost ! ;)




jeudi 22 mars 2012

À boire, à boire pour le génie!


Ce matin, j’ouvre l’ordinateur. Un petit tour de l’actualité et hop, j’apprends que c’est la Journée mondiale de l’eau. Visiblement, je n’étais pas au courant. L’eau, franchement, au Québec là, on vit dans l’abondance. En quoi les préoccupations internationales sur l’eau peuvent-elles me rejoindre? Quand on me dit de fermer le robinet lorsque je me brosse les dents, à quoi bon? Puis, mes adorables voisins de banlieue qui prennent un malin plaisir à arroser leur asphalte avec de l’eau ou à remplir leur piscine qu’ils n’ont jamais le temps d’utiliser puisqu’ils sont, la plupart du temps, partis au chalet, en ont-ils des problèmes avec l’eau eux?



L’eau, un droit humain

Le 28 juillet 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a voté majoritairement en faveur du droit humain à l’eau, ce qui implique des installations sanitaires efficaces pour tous les citoyens du monde afin de permettre l’accès à de l’eau propre en tout temps. Le Canada s’est abstenu de voter cette journée-là, allez savoir pourquoi… Et pourtant…



Politique nationale de l’eau

Au Canada, l’eau n’est pas protégée. En gros, cela veut dire que même si l’eau est devenue un droit, les lacs, les rivières et les nappes d’eau souterraine ne sont pas à l’abri de la privatisation. Selon le Conseil des Canadiens (CDC) : « Le Canada a besoin d’une politique ferme qui veille à ce que les ressources en eau soient non seulement bien définies, mais également maintenues et protégées contre les accords de commerce tels que l’ALENA et l’accord de commerce proposé entre le Canada et l’Union Européenne, qui pourrait favoriser le transfert de l’eau du Canada à des intérêts privés. » 

La politique fédérale date de plus de 20 ans et elle ne correspond pas aux nouveaux défis qui pointent à l’horizon :  contamination de l’eau, pénurie (oui, oui, au Canada, un quart des municipalités canadiennes ont fait face à des pénuries d’eau et un tiers d’entre elles dépendent d’eau souterraine), l’exportation vers les États-Unis (le Dakota du Nord fera partie de ces États américains qui auront besoin d’eau du Canada), la privatisation de l’eau par le biais de l’embouteillage, la fracturation (l’extraction des  gaz de schiste dont on ignore encore les conséquences sur les réserves souterraines)… Avec le grand leadership que possède notre gouvernement en matière d’environnement, à quoi peut-on s’attendre concernant l’avenir de l’eau au Canada?



Les maudites bouteilles d’eau

L’industrie des eaux embouteillées nous a trop longtemps fait croire que l’eau provenant de notre robinet n’était pas de bonne qualité. Étonnamment, elle n’hésite pas à la puiser à même l’aqueduc pour nous la revendre au fort prix : « Selon un article paru en 2007 dans la revue Maclean’s, le regroupement des commerçants de l’industrie affirme que « l’eau filtrée du robinet représente plus d’un quart de l’eau embouteillée consommée par les Canadiennes et les Canadiens ». La marque Dasani de Coca-Cola est de l’eau puisée dans le réseau municipal de Calgary, de l’Alberta et de Brampton (Ontario), et l’eau de la marque Aquafina de Pepsi provient de Vancouver (Colombie-Britannique) et de Mississauga (Ontario). » (CDC). 

On paie pour du vide, pour ce qu’on a déjà à porter de main. Mais qu’est-ce qu’on est cons! Pendant, ce temps les systèmes d’aqueduc souffrent et ont besoin d’argent pour être entretenus : « L’eau est une question de santé et de sécurité publiques et devrait être gérée, réglementée et financée par des systèmes publics, qui doivent répondre à la communauté. Lorsque des entreprises à but lucratif contrôlent l’eau potable, la qualité diminue et les coûts augmentent. » (CDC)


Et si on faisait un petit geste ensemble?

La protection de l’eau par Harper… ouais j’attends ça comme un téléphone de Paul McCartney qui me féliciterait pour mes talents de bassiste… Encore une fois, on dirait bien que c’est à nous de jouer (oui, je sais, on nous en demande pas mal). Je vous invite fortement à visiter le site du Conseil des Canadiens pour en savoir plus. Votre cerveau ne pourra que vous remercier de toutes ces nouvelles petites connaissances que vous lui servirez en salade. Les cerveaux ont toujours faim.



Bonne Journée mondiale de l’eau!


Ajout : Je viens de trouver ces petites images magnifiques qui expliquent bien la crise de l’eau aux USA : http://www.takepart.com/article/2012/03/22/not-drop-drink-americas-very-real-water-crisis-infographic