lundi 17 décembre 2012

Spécial Noël : une visite dans le Nord



On sait que le Père Noël habite dans le Nord depuis toujours, qu’il ne travaille qu’une fois par année et qu’il se la coule douce avec Mère Noël tout en buvant des cafés Baileys. Mais quand on n’a pas de traîneau magique ou de petit renne au nez rouge et qu’on travaille pour vrai, comment se passe la vie au quotidien dans le froid glacial?


Depuis la rentrée des classes, Christian Méthot enseigne à l’école St. Patrick High School à Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest au Canada. Aventurier dans l’âme, il a quitté sa petite ville de Baie-Comeau au Québec pour vivre une expérience d’enseignement hors du commun. Entre deux randonnées à dos de caribou, il a gentiment accepté de s’installer devant son ordinateur et de répondre à nos questions.


Baissez le chauffage, enfilez votre Canada Goose et en avant la découverte!





Prévisions du 17 décembre... Ouais, il fait frette!


Les Amérindiens habitaient en sol ténois bien avant ton arrivée. Le nom de « Yellowknife » tire même ses origines de l’ancienne tribu des Couteaux-jaunes. Aujourd’hui, les Autochtones représenteraient environ 22 % de la population (merci Wikipédia). Comment sens-tu l’influence des Premières Nations dans ta petite ville en général, mais surtout, par rapport à l’alimentation?

En effet, la population autochtone est omniprésente à Yellowknife. L’alimentation demeure tout de même typiquement nord-américaine. Le poisson frais du Grand Lac des Esclaves et la viande de bois sont cependant bien implantés dans le régime ténois.


Mange-t-on aussi les écureuils? Ça, on ne le saura jamais.
Crédit photo: Christian Méthot

La question qu’on se pose : la diète des gens venue du Sud a-t-elle affecté celle des autochtones autant qu’elle le fait au Québec? Eh bien, sachez que j’ai rencontré ici les plus minces et beaux spécimens d’Amérindiens. Cela s’explique, entre autres, par le fait que le McCadeau empoisonné de la nourriture nord-américaine over-grasse, sucrée et salée ne fait partie de leur alimentation que depuis peu dans le Nord, comparativement à plusieurs siècles en ce qui concerne le Québec.


Ronald est PARTOUT!
Crédit photo: Christian Méthot


On sait qu’il y a du pergélisol à Yellowknife grâce à nos cours de géographie du secondaire, mais comme il n’est pas là en permanence, y a-t-il quand même un peu d’agriculture? Est-ce qu’il est possible de se créer des minis potagers à la Ricardoooo?

Comme on peut se l’imaginer, le climat n’est pas très propice à l’agriculture. Pratiquement pas de légumes frais cultivés sur place. La seule chose qui pousse bien, dans le coin, c’est les légumes surgelés. Les gens font pousser ça dans leurs « Arctic Gardens ».


Centre-ville de Yellowknife
Crédit Photo: Christian Méthot

Mais sans rigoler, c’est drôle que tu me poses cette question, car ici, personne n’a de potager. Personne sauf… ma coloc! Elle s’est « patentée » ce qu’elle appelle un tower garden. Une espèce de pot à fleurs avec une colonne centrale en hauteur qui pompe l’eau dans les différents compartiments où on retrouve tomates, fraises, zucchinis, basilic et autres herbes. Ledit tower garden, qui jusqu’alors semblait être une bénédiction, nous causa son lot de problèmes lorsque la saison hivernale arriva et que ma coloc, frappée d’un éclair de génie, décida de le mettre à l’intérieur. Depuis ce temps-là, y’a des mouches à fruit chez nous.


On entend souvent que la laitue coûte une fortune dans le Grand Nord, qu’il est impossible de manger des fruits et légumes sans s’endetter. Est-ce vrai? Un végétarien peut-il survivre à Yellowknife ou doit-il se résigner à manger du jerky de caribou?

Sérieux, ce qui coûte cher ici, c’est surtout le loyer (1800$/mois pour un trois et demi à peine décent). Je me suis déjà obstiné avec un de mes amis au sujet du prix des bananes dans le Nord. Notez bien que j’ai gagné le débat, car la livre de bananes est plus chère à Fermont qu’à Yellowknife! Il semblerait qu’il n’y ait aucune corrélation entre la latitude et le prix de la banane. Je connais des végétariens qui se débrouillent très bien. Cependant, je ne dis pas non à une bonne dose de lipides de temps à autre. Lorsqu’il fait -40 avant le facteur vent, ça isole!


L'épicerie! 
Crédit photo: Christian Méthot


D’où proviennent les produits d’épicerie que vous retrouvez à Yellowknife? Et comment les villages avoisinants s’approvisionnent-ils? C’est vrai l’histoire des routes de glace, le fait qu’il y a des camions qui roulent sur l’eau gelée durant l’hiver?

Tout ça nous vient du Sud, tout comme la plupart des produits qu’on nous vend dans les supermarchés québécois. Et oui, les routes de glace, ça existe (seulement l’hiver) et ça diminue considérablement la run entre Yellowknife et Edmonton. Ici, on est habitués à ce que le « truck » n’arrive pas le lundi. C’est aussi une très mauvaise idée de tenter de faire les courses le dimanche. Y’a rien sur les tablettes. J’ai déjà fait trois épiceries pour trouver du steak haché, sans succès!


Vue de la classe où enseigne Christian
Crédit Photo: Christian Méthot


En ce qui concerne les restaurants, quels sont les mets tendance à Yellowknife? Est-ce que l’offre est bien différente de celle du Québec?

Oui, c’est différent. Il n’y a pas vraiment de magasins spécialisés et c’est aussi vrai pour les restos. La plupart des restaurants et des bistros tiennent un menu typique avec hamburgers, sandwichs, pâtes, steaks, etc. On compte aussi deux sushis shop, deux restos vietnamiens et un buffet chinois avec des mets tout ce qu’il y a de moins chinois et de vrais Chinois qui parlent seulement le chinois (ça semble être un pré requis).

Le meilleur resto, à Yellowknife, est aussi celui avec le pire service (comme quoi rien n’est parfait). Au Bullocks Bistro, on te sert rarement dans un délai d’une heure, on t’ignore, on n’accommode pas les allergies et les intolérances, on te crie d’aller te resservir à boire toi-même, mais on te sert le meilleur poisson que tu aies jamais mangé, et les portions sont pas pour les « chocottes »! This is how we do in Yellowknife. Une facture de plus de 50$ pour un repas bien ordinaire, c’est gangster!


Hot beer, lousy food, bad service, welcome!


Quelqu’un m’a déjà dit que si tu ne buvais pas à Yellowknife, la vie pouvait sembler bien ennuyante… Après avoir vu une trentaine d’aurores boréales à couper le souffle, comment se divertit-on à Yellowknife quand le soleil se couche vers 15 heures?

Il faut définitivement faire du sport! Cependant, pour quelqu’un qui aime jouer de la musique comme moi, c’est très dur de trouver un band. La scène musicale ici est plutôt du genre hippie et désorganisée. Ça joue de la guitare en gang dans une maison-bateau ou autour d’un foyer. Je revois constamment les deux mêmes bands live depuis que je suis arrivé!


Des maisons qui ressemblent à des bateaux ou des bateaux qui ressemblent à des maisons...
Crédit Photo: Christian Méthot

Pour compenser, on peut aussi s’adonner à des activités caractéristiques de la vie dans le Nord telles que le kite-skiing, le traineau à chiens, la motoneige, la chasse, la pêche, la construction de châteaux de neige (c’est populaire). Bref, pour qui veut s’occuper, il ne manque pas d’activités ou de clubs en tous genres.


On peut aussi faire des activités intérieures!
Crédit photo: Christian Méthot


Et si on décide d’oublier les divertissements pour les moins de 18 ans parce qu’on n’est pas une petite nature, qu’est-ce qu’on boit à Yellowknife? Y a-t-il des bières locales? Quels sont les bars branchés du coin? Est-ce que les Ténois sont de bons buveurs?

On boit de la Old Style Pilsner, de la Traditionnal Ale, de la Yukon Gold et de la Kokanee! J’ai pas encore trouvé de Pabst. En ce qui concerne les spiritueux, la liste est sensiblement la même qu’au Québec, c’est le prix de la vente au détail de l’alcool qui diffère : 56$ pour une caisse de 24 et 20$ pour une très réputée bouteille de Fuzion.


Crédit Photo: Christian Méthot

Mais la faune locale ne se laisse pas décourager pour autant, ça boit quand même! Trois étapes faciles garantissent le succès d’une bonne brosse : se mettre chaud, se penser invincible, poigner des engelures!

À Yellowknife, les propriétaires de bar accordent une grande importance au décor de leur établissement. Aussi donnent-ils régulièrement des coups dans les murs pour être certains de conserver l’ambiance « gyproc magané ». Les gens s’en foutent et s’en vont tout de même dans ces tavernes (où j’ai eu, je suis forcé de l’admettre, parfois un peu trop de fun) pour payer leurs drinks en fou. AUCUNE MICROBRASSERIE, à mon grand dam. Je m’ennuie de l’Archibald, la Barberie et Dieu du ciel comme pas possible!


Selon les Internets, il y a une communauté francophone assez active à Yellowknife. As-tu réussi à trouver des Québécois? Est-ce qu’on mange de la poutine là-bas? Est-ce que les Ténois détestent les Québécois comme les Albertains (tendance Wildrose party) du documentaire Les États-Désunis du Canada?

15% de la population de Yellowknife se débrouille en français. Impressionnant, non? L’association franco-ténoise tient ses quartiers généraux dans la maison bleue, là où tout francophone ou francophile est accueilli chaleureusement. Il y a un journal français et aussi un poste de radio. J’ai vu plusieurs Français, des Belges, des gens du Nouveau-Brunswick, du Québec et de l’Afrique francophone. Aussitôt que mon accent est démasqué par un individu francophone, la conversation s’engage généralement dans la langue de Molière.




Je n’ai pas l’intention d’écouter Les États-Désunis du Canada (je ne connais pas grand-chose à la péréquation et je me la ferme à ce sujet, les auteurs de ce documentaire devraient faire de même), mais j’ai vu la bande-annonce. Heureusement, dans le melting pot glacial qu’est Yellowknife, la tolérance est de mise. Le dernier vote au fédéral a été fortement néo-démocrate.

Et oui, on connait la poutine ici, c’est d’ailleurs la première chose que j’ai mangée en arrivant, question de me dépayser bien comme il faut. Or, la curd n’est pas d’aussi bonne qualité que dans la belle province.


Ici, on sert de la poutine!
Crédit Photo: Christian Méthot


En terminant, sans vouloir te diriger lentement vers l’alcool et la dépression, Yellowknife, contrairement à sa voisine du nord Whitehorse, est située géographiquement au bout d’une route. Avec les températures glaciales et le manque de lumière a-t-on parfois l’impression d’y être pris au piège ou au contraire, c’est la plus belle ville du monde?

La ville en elle-même n’a strictement rien d’impressionnant, petite capitale provinciale de 20 000 habitants (notez que seulement deux liquor store desservent tous ces assoiffés, je n’ai pas encore compris le concept). Pour le manque de soleil, même si je ne suis pas fanatique des suppléments, je prends de la vitamine D comme le Yellowknifer moyen.


C'est l'hiver!
Crédit Photo: Christian Méthot

À ceux qui aiment le plein air, le frette et l’aventure, je suggère de venir vivre l’expérience de Yellowknife. Il y a un roulement constant de travailleurs qui viennent et qui vont. Ce n’est pas vraiment une ville faite pour écouler ses vieux jours, l’âge moyen étant de 32 ans comparativement à 40 pour le reste du Canada. Somme toute, malgré de bons amis et d’excellentes conditions de travail que je ne retrouverai jamais chez nous, je m’ennuie du Québec!


Il faut toujours terminer une entrevue avec une photo d'animal cute.
Crédit Photo: Christian Méthot


Un énorme merci à Christian Méthot pour cette magnifique entrevue. Nous te souhaitons un excellent temps des Fêtes au Québec avec ta famille et tes amis!

***

Demain, notre Spécial Noël se poursuit avec un expert en vins de la SAQ qui vient nous dire ce qu'il faut boire en écoutant Astérix à Ciné-Cadeau et en mangeant des sandwichs pas de croûtes! Restez des nôtres!

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jeudi 13 décembre 2012

Tofu en vrac: des gros Italiens, du café qui endort et des enfants qui se couchent de bonne heure



C'est quoi Tofu en vrac? Un petit mélange de ce qui se passe autour de moi, de mes réflexions en émergence et de niaiseries comme je les aime tant. C'est parti!


Un documentaire

J’ai souvent envie de regarder des documentaires, mais je ne prends que très rarement le temps de le faire. Tant qu’à ne pas en visionner du tout, j’ai développé un nouveau truc : je lance un documentaire sur le site tou.tv tout en travaillant à l’ordi. Je peux ainsi continuer à avancer mes projets et mon travail tout en m’informant! Et étrangement, ça ne baisse pas du tout mon efficacité! (Wow! J'ai vraiment une vie trépidante!)

Ainsi, je suis tombée sur le documentaire Mange-cuisine-aime réalisé par Geneviève Turcotte.


Pendant les deux épisodes que comprend ce documentaire, on visite les cuisines de grands restaurants, les habitudes alimentaires de la population mondiale ainsi que les chefs qui ont envie de retourner les gens à leur cuisine en leur bottant les fesses pour qu’ils développent enfin le désir de cuisiner.

Fait étonnant constaté lors de mon visionnement : le fameux régime méditerranéen que l’on vante partout n’est plus. Depuis plusieurs années, on nous dit de faire comme les Italiens, de manger des aliments moins gras, beaucoup de légumes, plus de poissons et de l’huile d’olive.

Cependant, le régime alimentaire des Italiens a beaucoup changé depuis les années 80 et le tiers des jeunes est maintenant en surpoids.




L’obésité a frappé les côtes de la Méditerranée. Les poissons et les huiles, les Italiens les ont gardés pour les pauvres habitants de leurs campagnes, leurs grands-parents un peu poussiéreux.

En ville, on mange des burgers, symbole par excellence de la puissance, de l’Amérique.

Si vous avez du temps, allez jeter un coup d’œil au documentaire!

Il y a une liste assez chouette de documentaires sur le site de tou.tv, c’est assez impressionnant. Vite comme ça et sans lien avec l’alimentation, je vous suggère aussi Alphée des étoiles d’Hugo Latulippe et 5 caméras brisées d’Emad Burnat et Guy Davidi (le documentaire qui fait hurler comme le dirait Foglia).


Un autre documentaire

Évidemment, j’étais devant mon téléviseur dimanche dernier pour regarder le documentaire québécois La Face cachée de la viande produit par Julie Snyder.



Si vous l’avez manqué, vous pouvez vous reprendre ici : http://www.dailymotion.com/video/xvstdr#.UMnojIPYaSo

Je n’ai pas grand chose à raconter sur ce documentaire, car j’ai l’impression qu’on a pas mal fait le tour sur les médias sociaux. Pour moi, il est clair que c’est tout un système qui doit être repensé. Il faut revaloriser l’agriculture et l’élevage, éduquer la population afin de diminuer le fossé entre les citadins et la terre, changer les règles qui ne profitent qu’aux gros, veiller au bien-être animal et se réapproprier nos terres par un soutien considérable envers nos producteurs.

Je vous laisse sur ce qui s’est écrit de mieux sur le sujet cette semaine. J’ai découvert Benoît Girouard il n’y a pas si longtemps sur le blogue du Journal de Montréal et je l’adore. Je crois que je vais me taper tous ses articles durant le temps des Fêtes. À ce point-là.




Un ami m’a aussi envoyé le lien de cette vidéo de l’émission La semaine verte que je tenais à partager avec vous. Une vidéo qu’on devrait faire visionner à tous les élèves du Québec et qui fait un beau lien avec un de mes derniers articles sur l’éducation. (Et ça m’a aussi fait penser que ça faisait longtemps que j’avais regardé cette superbe émission avec mon fils qui l’adore aussi. Une autre activité du temps des Fêtes à mettre au programme!)



Prendre un petit « cup » c'est agréable!

J’ai des questions comme ça qui me trottent dans la tête depuis longtemps. Qui a fait croire aux gens que le café dans les petits « cups » de cafetières Tassimo, Keurig, Nespresso et compagnie était le meilleur au monde? Qui pense vraiment que de consommer du café ainsi est bon pour l’environnement parce que certaines dosettes se recyclent?

Du café d'une grande qualité... Pour connaisseurs seulement...


WAKE UP gens de mon pays! C’est quoi ce bordel?!? Vous dormez ou quoi? (Ici, on va dire que j’exclus ceux qui utilisent le petit filtre réutilisable.)

« L’utilisation des dosettes produit environ 10 fois plus de déchets que l’emploi de paquets de café traditionnels.
L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) explique qu’un paquet de 250 grammes de dosettes de café produit 10 fois plus d’emballages qu’un paquet de 250 grammes de café, ce qui au final augmente le prix payé par le consommateur de 20 à 60%.
Le volume des dosettes qui finissent à la poubelle augmente en permanence :Nespresso commercialise des dosettes 100% en aluminium et les recycle.
Pourtant, on sait bien que nos dosettes finissent presque toujours dans la poubelle, perdus au milieu des autres déchets. Nespresso annonce avoir vendu, en 2005, 1,7 milliard de capsules pour 1 million de cafetières à dosettes.» ConsoGlobe



Quand cette invention a conquis les marchés, il y a quelques années, une dame faisait goûter ce nouveau café à mon IGA. Étant habituée au café des petites brûleries, j’avais trouvé ce breuvage douteux. Je lui avais alors montré mon mécontentement : « Vous ne trouvez pas ça incroyable de voir tout ce gaspillage de plastique?» «Ben, non, madame, il n'y a pas de gaspillage, ça se recycle! »

Dans ma tête, le recyclage n’est pas magique. Le recyclage, ça pollue aussi. C’est à la base qu’il faut faire des choix.

Il faut arrêter d’acheter des niaiseries au Dollarama qui brisent après deux secondes, choisir des produits qui ne sont pas emballés inutilement, récupérer en achetant des trucs usagés… bref, consommer intelligemment.

Tout le monde sait déjà ça, c’est bien ça le pire. Je vais aller laver mon cerveau, tiens!




Retour dans le temps

Ma grand-mère a trouvé ce document en faisant un grand ménage dernièrement chez elle. Je ne connais pas la date exacte de sa publication, mais en tant que mère, les questions m’ont bien fait rire. Ce soir, j’annonce à mon fils qu’il doit commencer à prendre de l’huile de foie de morue…





La semaine prochaine, c’est notre Spécial Noël sur Dre Tofu et Monsieur Jambon! Et comme nous sommes des gens très accueillants, nous allons recevoir de la belle visite! Plusieurs personnes viendront interagir avec nous sur le blogue, une première! De belles surprises vous attendent!

Restez des nôtres!






mercredi 12 décembre 2012

Un pâté chinois alternatif...



Elles ne sont pas nombreuses encore, mais elles existent. Elles ne vont jamais jouer dans la cour de la haute gastronomie, mais elles réchauffent là où ça fait du bien et c'est tout ce qui compte.

Littéralement, elles inspirent la convivialité et les bons moments qu'on peut passer entre amis.

Ce sont les recettes de Monsieur Jambon.

En voici une, testée pour la première fois cet après-midi, qui, si elle peut tout simplement vous ravir un petit peu, aura réussi sa mission et pourra désormais se livrer toute candide à vos prochaines expériences.



***

Je ne sais pas ce que j'ai contre le pâté chinois traditionel - en fait, oui, je le sais, c'est la viande hachée, je trouve ça trop lourd - mais toujours est-il que je ne cesse de lui chercher des alternatives.

J'ai fait une tentative à ma fête il y a deux ans - je raconte l'aventure, ici.

Qu'à cela ne tienne, je n'étais pas entièrement satisfait - on peut toujours faire mieux, on a tout simplement pas de limites - les fichues barrières, on se les impose nous-mêmes.

Donc, puisque ma prochaine fête est dans moins d'un mois et que je souhaite à nouveau inviter les amis à souper chez moi, il fallait bien que je fasse un petit peu de recherches et de développements. 

Et, malgré un résultat concluant, ça ne veut pas dire que c'est ÇA qui va se retrouver sur la table le 10 janvier prochain - j'aurai l'âge du christ, alors j'ai pensé à du pain, du vin et des jeux, pis à ce que l'on soit pas plus que treize, au cas où.

Bon, j'arrête de niaiser. Voici la recette.

***

Alors, il vous faut :

  • Des lentilles vertes
  • Un poireau
  • Trois poivrons
  • Deux contenants de champignons
  • Deux boîtes de maïs
  • Des épinards
  • Une brique de fromage
  • Des patates
  • De la bière
Donc, deux tasses de lentilles que vous rincez. Vous les faîtes bouillir à feu doux avec six tasses d'eau froide. Un coup que ça bouille, ça prend une vingtaine de minutes.

Pendant ce temps, vous épluchez et vous coupez les patates, qui n'en demandaient pas tant. Puis, tant qu'à y être, vous coupez les champignons, les poivrons et le poireau. Vous ouvrez les boîtes de maïs, vous les faites sentir par le chat qui s'excite et qui miaule, parce qu'il pense que c'est du thon. Un coup le fait constaté, il vous laisse tranquille, en s'évachant entre la table et la cuisinière - ce qui vous fait un obstacle à éviter pendant toute la préparation, mais c'est cute, il ronronne...
 
 

Une fois le fromage râpé, vous ouvrez une bière, ô comme elle est bien méritée !

***

D'abord. faire sauter les champignons et les reposer - on les comprendra.

Ensuite, faire suer le poireau avec les poivrons. Y ajouter les lentilles essorées, puis les champignons. Mélanger le tout et assaisonner selon vos goûts. 

Voilà pour l'appareil.

Pour les patates, je pourrais vous conseiller de remplacer le beurre et le lait par de la mayonnaise. Mais, pour un goût optimal, n'oubliez pas le curry...Surtout pas. 

Puisqu'il ne reste qu'à monter le pâte chinois et qu'à l'envoyer - pas trop fort - dans le four, c'est le temps d'ouvrir une autre bière.
 
 

***

Alors, premier étage, l'appareil. Au-dessus, une couche d'épinards et de fromage. Viennent par la suite les étages du maïs et des patates. Et on couronne le tout de fromage, pour faire dorer à loisir.
 
Une vingtaine de minutes dans le four à 350 - le temps de prendre une autre bière - et le tour est joué.
 
 
 
Bon appétit !
 
 









jeudi 6 décembre 2012

Veux-tu de la gomme?


On lit souvent le nom de cet ingrédient sur les étiquettes sans y porter attention. Pourtant, la gomme de guar a le pouvoir de changer des vies, pour le meilleur et pour le pire. Sur vos écrans prochainement…

Qu’est-ce que la gomme de guar?

La gomme de guar provient d’une légumineuse, ce qui en fait un ingrédient absolument naturel. On la retrouve principalement en Inde (80 % de la récolte mondiale s’y trouve) et elle pousse dans les régions désertiques et semi-désertiques.




Ses utilisations sont très variées. On peut l’associer avec la gomme de xanthane dans les pains sans gluten pour leur faire retrouver leur petit côté moelleux, comme on peut s’en mettre tout plein les cheveux grâce à sa présence dans notre bouteille de shampooing aux mille parfums.

La gomme de guar est particulièrement prisée pour ses capacités à épaissir tout ce qu’elle touche, émulsifier (mélanger deux liquides qui ne sont pas faits pour se marier à la base) et stabiliser.

Paraîtrait même qu’elle agirait comme coupe-faim en formant un gel dans l’estomac qui ralentirait la digestion. En tout cas, le monde des régimes amaigrissants l’aime bien.




Le rôle qui lui a valu son Oscar

Il y a ce petit rôle dans lequel la gomme de guar excelle depuis quelque temps et qui devient de plus en plus payant pour sa carrière : celui d’actrice majeure dans l’industrie pétrolière et dans la fracturation des gaz de schiste.

Mélangée aux boues de forage, son rôle est d’améliorer leur texture, ce qui évite de grandes pertes d’or noir pour l’industrie. Puis, comme elle est un peu facile et qu’elle ne sait dire non, la gomme de guar facilite aussi l’extraction des gaz de schiste, sans conscience morale.

Associée à ces géants qui contrôlent la quasi-totalité de l’Univers (hum, hum), son prix ne pouvait que grimper encore et encore. Entre 2010 et 2012, son coût est passé de 1500 $ à 20 000 $ la tonne. Son parcours ressemble donc un peu à celui de Julia Roberts après Pretty Woman.



Mon banana split?

Dans notre monde occidental, pour attirer notre attention sur la hausse du prix de la gomme de guar qui fait partie des ingrédients de base de la crème glacée, on nous a annoncé que le prix de cette dernière allait grimper très prochainement, nous laissant sans le sou après avoir léché notre petite molle d’été.

Des gens se sont révoltés, ils ont hurlé dans les rues : « On veut notre banana split au même prix! Pas question qu’on paie encore pour les industries pétrolières! » Ils ont saccagé des puits de forage, mis le feu aux maisons secondaires des magnats du pétrole... Stephen Harper a pleuré et il a décidé tout de go de cesser l’exploitation des sables bitumineux. Des fleurs ont poussé sur les sols albertains meurtris et les fanas du Wildrose Party ont embrassé des Québécois à pleine bouche donnant ainsi naissance à des licornes multicolores…

Ben non. On a mis sur le marché des substituts synthétiques pour régler le problème de pénurie de gomme de guar dans la crème glacée. Hourra! La vie est belle.




Et l’Inde dans tout ça?

Pendant ce temps, en Inde, la culture de la vedette des légumineuses est à son paroxysme. Autrefois reconnue comme culture des pauvres, la gomme de guar rend maintenant plus d’un paysan fortuné. Ce qui est une excellente nouvelle quand on y pense. Il y a même plusieurs agriculteurs indiens qui ont laissé tomber leurs cultures habituelles pour tout donner à la tendance du moment. Ils veulent se sortir de la misère, c’est compréhensible…

Tout le monde se rappelle de cette scène dans Slumdog millionaire ou comment faire un lien incognito avec l'article d'hier de Monsieur Jambon sur la merde ...


Et le scénario se répète…

D’une prévisibilité absolue, la carrière de la gomme de guar est un mauvais film américain. Voici comment en dix points. ***ATTENTION, je dévoile la fin!***

1- Le prix de la gomme de guar augmente sur les marchés.

2-Les cultivateurs indiens se lancent tous dans cette monoculture.

3-Le monde de l’alimentation ne peut plus acheter la gomme de guar à faible coût, il trouve des alternatives.

4-Les récoltes sont influencées par les changements de température. L’industrie pétrolière n’aime pas ça, elle ne peut pas encore contrôler dame nature.

5-L’industrie pétrolière cherche des alternatives à la gomme de guar. Elle développe deux brevets synthétiques. Plus besoin de la gomme de guar.

6-Les Indiens ne trouvent plus à vendre ladite gomme. Leurs champs sont fatigués, ils n’ont plus d’autres cultures. Ils essaient de refiler leurs restants de gomme à l’industrie alimentaire.

7-L’industrie alimentaire n’en a plus besoin.

8- La gomme de guar ne vaut plus rien. Partout, on l’achète à rabais.

9-Les Indiens se retrouvent les culottes à terre.

10- Et les autres? Ils dansent pardi!



C’était l’histoire de la gomme de guar.

On ouvre les lumières, on ramasse les grains de maïs soufflé. Laissez vos lunettes 3D dans la boîte en sortant s’il vous plait.




Sources

Le Monde.fr, article complet sur le sujet : http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/23/le-haricot-de-guar-indien-dope-par-le-gaz-de-schiste_1749005_3244.html

Substitut en alimentation : http://www.soufflet.com/fr/actualites/espace-presse/1125-un-nouveau-substitut-a-la-gomme-de-guar.html

Substitut de DuPont Danisco : http://www.processalimentaire.com/Ingredients/DuPont-Danisco-substitue-le-guar-20843

Pénurie dans la crème glacée : http://www.lactualite.com/science/gaz-de-schiste-prive-de-dessert

Gomme de guar pour la consommation: http://gastronomie.kalys.com/kg_fr_fr/guar-100g.html


mercredi 5 décembre 2012

Et puis merde...



Franchement, on va se le dire : Google est la plus grande invention d'homo sapiens après Dieu. Pis nettement plus accessible, mettons.

Comme lorsqu'on se pose des questions. Il est fini le temps où on se demandait s'il y a vraiment quelqu'un au bout du fil. Ce quelqu'un-là est parmi nous : c'est ce bon chum Google et il se trouve au bout des doigts, devant notre face - Amen !

Pas de cérémonie. Quelques mots clés ou un bout de phrase, on clique et puis...holy shit !

Par exemple, je pose la question à Google : « Is it safe to...»

On commence à peine à taper que sa sainteté nous suggère des pistes - comme dans ce cas-ci, « Is it safe to...eat poop if you cook it ».

Oui, première suggestion de Google : « Est-ce sûr de manger de la merde si on la cuit ? »


C'est donc la question la plus populaire avec cette formulation. Devant « est-ce sûr » de prendre des tylenols pendant une grossesse, de voyager en Tunisie ou de visiter l'Égypte.

Ce qui est sûr, c'est que l'humain a un sens des priorités étonnant. 

Et Jambon aussi.

Sujet du jour : notre merde.

***

Nous en sommes tous producteurs et les années qui passent nous donnent une expertise qu'il nous faut partager.

Alors, comment préparons-nous une bonne merde ?

Paraît que dans le four, elle devient vraiment dure. Qu'il faut oublier ça dans le micro-onde, que l'odeur devient encore plus insupportable. Peut-être une fois bouillie, bien assaisonnée ensuite et servie avec de la crème fraîche ?


Des réponses ici et ici.

Y'en a pour tous les goûts !

***

La merde, ça fait voyager. On ne se contente pas juste d'un lien que nous donne le chum Google. On veut en savoir plus.

Par exemple, paraît que les Japonais complotent pour nous faire manger notre propre merde dans l'avenir. Le voilà, le steak du futur ! De la viande synthétisée avec les protéines soutirées de la merde humaine - à quoi on ajoute de la protéine de soja.


J'en ai déjà parlé un peu ici. D'autres information ici et .

***



« Merde ! » 

C'est ce qu'aurait dit Pierre Cambronne, devant les Anglais, à la bataille de Waterloo.

Et il aurait susciter de l'admiration chez ces derniers.

La merde, c'est aussi historique.

***

Connaissez-vous la coprophagie ?

C'est un mode d'alimentation normal pour certaines espèces mais un désordre psychologique chez d'autres animaux, dont l'homininé.



Initiation, juste ici.

***

En terminant, le site qui répond à presque toutes nos questions concernant nos besoins - mot qu'utilisait ma grand-mère quand elle nous demandait d'envoyer les chiens dehors faire « leurs besoins ».

Ce site, c'est SmellyPoop.

De quoi la merde est-elle composée ? Pourquoi les grains de maïs semblent rester intacts ? Pourquoi celle des oiseaux est blanche ? Qu'arrive-t-il quand nous sommes au travail et que l'envie nous poigne ?



Faits, trucs et astuces.

Et puis merde, ça veut aussi dire « bonne chance » !

Merci de nous lire !











jeudi 29 novembre 2012

Un peu de parmesan sur le vomi



L’an dernier, il y avait une petite fille de 10 ans dans la classe de mon fils qui disait que le jambon était fait avec du poulet.

Il y a quelques années, alors que j’étudiais au Cégep, la plupart des gens présents autour de moi, durant une conversation animée, croyaient qu’il y avait des poussins dans les œufs que nous achetons à l’épicerie. Heureusement, il y avait un fils d’éleveur de poules dans la salle pour trancher la question, car personne ne me croyait lorsque je leur disais le contraire.

Mon fils, en maternelle, nous disait que le concierge mettait du parmesan sur le vomi. Il disait que son ami Xavier avait gerbé son spaghetti et que le concierge avait saupoudré du parmesan dessus pour ensuite le nettoyer. Ça nous a pris du temps avant de comprendre.

Version de mon fils : Le concierge met du parmesan sur le vomi. (Mon fils mangeait ce parmesan chez sa grand-mère sur son spaghetti.)
Version réelle, mais moins drôle : Le concierge ne met pas de parmesan sur le vomi même si l'emballage ressemble à celui du parmesan Kraft.


Quand on pense que le lait vient du frigo à trois ans, c’est mignon. Mais quand on ne sait pas, à l’âge adulte, si le bacon vient du porc ou si la confiture est faite avec des fruits ou des céréales (!) comme bon nombre de jeunes Britanniques, il y a un problème.

On demeure loin des fermes et ce qui s’y passe, on ne veut pas le savoir. Moi, ça me bloque. Comment peut-on être désintéressés dans la vie à un point tel qu’on refuse de savoir d’où provient notre nourriture? On mange trois fois par jour, des fois plus, et on se fout de ce que les autres nous font acheter.

Ce qui permet un peu de tout et beaucoup de n’importe quoi.

Nos perceptions sont souvent erronées dans le monde de l’alimentation et c’est tout à fait compréhensible. La publicité essaie de nous faire gober des tas de conneries depuis très longtemps. Le Nutella, c’est bon pour les enfants. Le fromage Philadelphia, c’est de l’amour à partager. Le lait, c’est une source de réconfort… Ouais, ouais…


Je suis en santé grâce au Nutella. Il me procure tant de plaisir!

On ne sait plus rien. On dirait qu’on est de plus en plus con. On manque de curiosité. On se laisse diriger. On attend que le temps passe, je ne sais trop.

Pourtant, on peut encore visiter des fermes. Chaque année, il y a les portes ouvertes des fermes du Québec.

Une année, j’y ai appris plein de choses sur l’élevage des bisons. 

Mais je m’excuse encore d’avoir dit, en sortant de la grange, devant une file d’attente assez longue, que c’était vraiment fou malade le tour à dos de bison et que je n’avais jamais rien fait d’aussi excitant. (On ne pouvait pas approcher les bisons, car ils étaient à des mètres et des mètres dans le champ. Désolée pour la déception engendrée.)


C'est quoi le gag avec cette image? Et le point?

Il y a aussi des fermes agrotouristiques. On peut y séjourner ou y jeter un coup d’œil durant une journée en famille. Pour quoi faire? Pour en apprendre plus sur les élevages d’autruches et sur la culture de la lavande, par exemple…


Les autruches ont-elles des dents? Suspense!


Et si on trouve que l’essence coûte trop cher… google it! Franchement, il n’y a rien de plus simple.

En quelques secondes, voici ce que j’ai trouvé pour vous.

Dans la catégorie Comment fait-on pousser...


des arachides ?




des endives ?



des choux de Bruxelles ?



des ananas ?



des dattes ?




En terminant, cette citation de Daniel Pennac dans Comme un roman :

« On ne force pas une curiosité, on l’éveille. »