mercredi 25 juillet 2012

Bières et Jambon : De la bière pour les kids


Pour l'industrie de la bière, l'été, c'est le moment de mettre le paquet dans la publicité.

C'est le moment d'arriver avec de faux nouveaux produits tendances - cet été, le thé.

Et c'est aussi le temps d'enrégimenter une nouvelle clientèle - ces jeunes qui débutent leurs rites initiatiques à l'alcool, dans les parcs, autour des feux de camp - des 1,18 litres qui ne font juste soûler et qui goûtent le moins possible.

Bientôt, autour de la vingtaine, chaque jeune aura sa marque de commerce, son identité bière : moi, c'est la Grosse Molle, moi, c'est le Chant du Coq - et voilà, c'est adopter pour la vie, comme les marques de chars, les postes de télévision, le genre de filles ou de gars, le look et la section « opinions » du journal ou bréviaire hebdomadaire.

C'est ça le Chant du Coq !


Des excursions hors de ces sentiers battus ? Le moins possible. Ou si vite on en sort, si vite on retourne s'embarricader dans notre petite cour - attention chien méchant.

Bref, c'est l'été, viens faire un tour sur mon balcon prendre quelques verres, on va jaser, on va rire, on va déconner - pis on va rentrer une seconde, le temps que je te montre ce sketch des Whitest Kids U Know...






vendredi 20 juillet 2012

À bas la diversité!


Il y a Ricardo qui nous parle sans cesse de ses potagers urbains, les Urbainculteurs qui font pousser des tas de légumes partout au Québec et même Détroit, cette ville du rock qui se métamorphose peu à peu en ville maraîchère.

Mais au Québec, on a Drummondville et Drummondville n’aime pas les potagers devant les maisons. Du gazon, c’est beau, des plants de tomates, non.

http://www.jasminekabuyajardin.com/2012_07_01_archive.html

Pourquoi?

« C'est une question de cohésion de la trame urbaine, explique Claude Proulx, le directeur général de la Ville. On ne voudrait pas se retrouver avec des plantations de blé d'Inde devant une résidence, de radis devant une autre et de patates ailleurs. »

Votre voisin ne possède pas de plants de concombres et vous, vous êtes capables de fournir toute votre famille en relish-maison? Votre voisin se prélasse dans une grosse piscine creusée et vous, vous n’avez même pas les moyens de vous faire creuser un carré de sable? De la diversité dans une banlieue, impossible!



Il faut des pelouses vertes, vertes, vertes! Avec beaucoup d’engrais, autant que possible!

Les potagers, c’est pour les pauvres, les granos, les écolos!

Non, mais est-ce que la ville de Drummondville est au courant de ce qui se passe autour d’elle? L’engouement pour la production locale et biologique, les toits verts, la cuisine santé…

Même Occupy Monsanto a publié un article en lien avec cet événement sur Facebook!

Ça me fait penser à ces villes qui interdisent les cordes à linge dans les cours, car ce n’est pas assez esthétique… À quand une loi pour interdire les gros personnages gonflés devant les maisons à Noël alors?



Allez voir la vidéo sur le site de La Presse. Imaginez votre quartier regorgeant d’aubergines monstrueuses, de courgettes savoureuses et de laitues croquantes…

Je dois l’avouer. Je suis extrêmement JALOUSE de leur potager. Moi, je n’ai que des cornichons riquiqui, deux timides feuillages de carottes et un plant de cantaloup ravagé par les insectes. Bon, j’aurai des tonnes de haricots, mais c’est pas mal tout pour le moment…

Vous pouvez visiter le blogue de ces deux fous de Drummondville qui ont osé faire pousser des légumes chez eux. Paraitrait même qu’ils finiront par les manger…

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/354907/porte-etendard-malgre-eux-de-l-agriculture-urbaine


Il y a aussi une pétition à signer pour les encourager dans leurs démarches de contestation auprès de la ville.

Vive les légumes, vive les légumes libres!

mercredi 18 juillet 2012

Une boîte qui se transforme en resto - mais pas en robot !


J'ai déjà écrit sur ce désir de voir s'épanouir à nouveau la cuisine de rue.

Vivant à Québec, faut croire que ça ne sera pas pour cette année. Mais j'espère que les autorités de la Ville sauront se raviser lors des prochains étés. 

Manger un petit plat sur le pouce dans le parc Cartier-Brébeuf ! Sait-on jamais.

En attendant, voici Muvbox. Une conception 100% québécoise présente à Montréal et depuis l'an passé, à Paris, sous la Tour Eiffel.


À Montréal, pour le homard des Îles...
En cliquant sur le lien plus haut, vous pouvez voir un clip dévoilant comment se transforme une boîte en resto - grâce à l'énergie solaire.

***

Extrapolons - vision de restos ambulants, qui proposent des petits plats faits à partir de produits du terroir - les régions du Québec en tournée, dans un parc près de chez vous.

Ou le Monde qui s'installe pour quelques jours dans le quartier, pour quelques jours - et qui donne tout juste le goût d'aller faire un tour, de marcher jusqu'à demain - vers le pays qui nous aura charmé.

Ou ces dites institutions en restauration, qui quittent leur confort pour s'offrir à vous - menus midis toute la journée !

***

En attendant, si la transformation vous fascine depuis la tendre enfance, vous pouvez toujours vous taper ceci - ce que je ne fais surtout pas ces temps-ci, voyons donc !


Version québécoise - sais pas pourquoi ça m'a donné des frissons...


samedi 14 juillet 2012

Je veux sauver le monde!


Monsieur Jambon nous parlait, mercredi dernier, de cette nouvelle pomme OGM qui menace les pomiculteurs du Québec et de la Colombie-Britannique.

Une pomme qui ne brunit pas lorsqu’on la coupe, quelle extraordinaire découverte! Du jus de citron, vous ne connaissez pas ça?

La pomme parfaite! On peut même ranger du chocolat ou des chips dedans!


Mais il y a pire dans cette possible introduction de ladite pomme. Une fois un nouveau verger ensemencé de ces petites graines magiques, Monsanto reprend le contrôle comme toujours.

Si les abeilles butinent un peu partout et trimbalent avec elles du pollen transgénique sur les petites fleurs de pommier non transgénique, Monsanto poursuit le petit pomiculteur.




Et ce n’est pas une légende urbaine, c’est la façon de faire de Monsanto, voilà tout.

Monsanto a le monopole sur les OGM et selon Nina Fedoroff, une des scientifiques les plus réputées des États-Unis, les règles strictes qui encadrent les OGM favorisent justement ce monopole de grandes entreprises, car en fin de compte, elles sont les seules à avoir assez d’argent pour faire approuver de nouvelles variétés de semences OGM qui coûtent souvent plus d’une dizaine de millions de dollars.

Lors d’une entrevue publiée dans la revue L’Actualité du mois d’août 2012 (que je vous invite à consulter comme toujours), Nina Fedoroff affirme que les OGM ne sont pas dangereux, que la science a progressé en la matière à un point tel qu’on peut maintenant les manger les yeux fermés.




Pour elle, les OGM sont une solution d’avenir pour nourrir toutes ces petites bouches affamées, comme ce riz Golden Rice enrichi en vitamine A qui pourrait empêcher des milliers d’enfants de mourir de faim.

Cela pourrait même être inévitable. Quand l’Inde et la Chine ne trouveront plus rien à se mettre sous la dent, les règles du marché changeront. En avant les OGM!

Régler les problèmes de la faim dans le monde avec les OGM? Vraiment? C’est une blague ou quoi?

Le riz Golden Rice existe depuis dix ans et il n’est toujours pas commercialisé. On ne veut pas sauver la planète, on veut s’enrichir. Et fait-on de l’argent avec les petits Africains au ventre gonflé?




Sûrement pas autant qu’avec leurs champs qu’on a surexploités en cultivant allègrement des biocarburants, les empêchant ainsi de se nourrir.

 À qui profiteront vraiment les cultures OGM?

« Moi je veux régler les problèmes de faim dans le monde. J’y crois et c’est possible. Je veux aussi que les gens vivent en paix et qu’il n’y ait plus de guerres, que les soldats jettent leurs armes et qu’ils se tiennent la main en chantant du Katy Perry. » - Une candidate à Miss Univers




mercredi 11 juillet 2012

Découverte de ma pomme ?


Je vous ai déjà raconté à propos de ma petite réaction allergène concernant la pomme crue - car la tarte aux pommes, le cidre de pomme, le jus de pomme - pom, pom ! - pas de problème.


Récapitulons, pour le simple plaisir d'enfiler des mots : je croque, j'aime le goût, je savoure et je me rappelle toutes les pommes que j'ai mangées auparavant - cette fois où, chez ma cousine, prenant une pause de bicyclette - on tournait en fous autour de la maison, c'était palpitant, ce qu'on les avait les activités, on ne s'emmerdait jamais - le temps s'était arrêté, j'avais bouffé toute la juteuse pomme, crachant ci et là les pépins - ou toutes ces visites dans les champs de pommes, à l'école primaire - ou cette fois où j'avais donné à un cheval des pommes pas trop belles, il appréciait, c'est ce qui comptait - ça et l'heureuse surprise de constater à chaque fois main ouverte que mes doigts étaient toujours là - je mâche, j'avale pis...c'est là que ça se passe : ma gorge devient rugueuse, je cherche ma salive et j'ai pas envie de croquer à nouveau. 

Plutôt navrant. 

Mais j'ai peut-être trouver - enfin - ma pomme.


***

Ben oui - une pomme OGM - Artic, c'est son nom. Moi, ça me fait tout drôle que la biotechnologie s'intéresse à la pomme et tout spécialement à son oxydation. Je me dis - moi, l'ignorant - que c'est ça le problème avec ma pomme : elle brunit à l'air libre, elle devient moins appétissante, je ne la mange pas assez vite, elle n'est pas contente - elle me fait son sale coup - il faut que je la mange plus vite et ensuite beaucoup d'autres de ses consoeurs.

Plus d'un pommier par mois : à moi l'industrie !



***

Fallait y penser : pour qu'on mange plus de pommes, il faut qu'elle soit déjà coupée, dans un petit sac et qu'elle garde ses allures de petites fraîches le plus longtemps possible. Ainsi, il n'y aura pas d'autres alternatives pour les collations des enfants - partout où ils iront, ils réclameront POMME.

À ce sujet, un article - pas une Artic - dans le Devoir ici, un autre sur laterre.ca et un complément chez Greenpeace en cliquant sur pomme.


***

Il y a quelques années, j'ai fait ce rêve.

J'étais enseignant. Je donnais un bon spectacle, les élèves m'adoraient, nous apprenions des tas de choses ensemble et sans le savoir ils vivaient un moment magique - je pensais, en toute modestie.

Ce matin-là, ils arrivèrent tous avec une pomme à mon intention - sourires fendus jusqu'aux oreilles.



Je devins blême. J'avais beau leur expliquer mon problème avec les pommes, plus je détaillais, plus ils rigolaient.

- Une autre de tes histoires - allez, bouffe !

J'allais croquer dans une des pommes quand - soudain - pom ! pom ! - je me suis réveillé.

Ainsi je quittais la département de l'enseignement dare-dare.

Puis j'allais dans la vie tout en chantant...




mercredi 4 juillet 2012

Tofu en vrac: école, volcan et photo de mon chat!


C'est quoi Tofu en vrac? Un petit mélange de ce qui se passe autour de moi, de mes réflexions en émergence et de niaiseries comme je les aime tant. C'est parti!

Des frites à l’école

Toute l’année, à l’école de mon fils, ils ont parlé de l’importance d’une saine alimentation combinée à la pratique régulière d’exercices physiques. Il y a eu le défi Pierre Lavoie et l’autre défi où il fallait indiquer le nombre de fruits et légumes que l’enfant mangeait chaque jour.

Parce que c’est à la mode maintenant les défis! Le défi Activia, le défi Finish Quantum… Qui a dit que l’être humain n’avait pas besoin de défis dans la vie pour évoluer? Je vous mets au défi de trouver cette personne!  




Somme toute, mon fils a gagné une carte-cadeau à la fin de l’année, offerte gracieusement par l’école. Une carte-cadeau qui se marie bien avec le fameux guide alimentaire canadien dont ils parlent sans arrêt dans les milieux scolaires… Une belle carte-cadeau du… McDo! Bravo école primaire!

http://www.soccer-beauport.qc.ca/diaporama.aspx


Bicarbonate + vinaigre

Si cette combinaison vous évoque un modèle miniature de volcan duquel la lave explose, vous êtes une personne très créative. Si vous vous imaginez des recettes de gâteaux gourmands et de vinaigrettes savoureuses, vous êtes un cuisinier inventif. Si par contre, vous vous imaginez lancer ces éléments dans une laveuse, vous êtes un drôle de spécimen…

Le volcan miniature qui explose... une activité passionnante!


Depuis cinq mois, je n’achète plus de savon à lessive. Les ingrédients chimiques qu’ils contiennent et leur grande teneur en eau par rapport au prix commençaient drôlement à me repousser.

J’ai donc trouvé cette petite recette sur le net et elle fonctionne à merveille pour nettoyer les vêtements :

Recette de savon à lessive super efficace à la texture douteuse

Ingrédients

1 litre d’eau bouillante
2 litres d’eau froide
1 savon de Marseille râpé (on l’achète à la pharmacie)
20-30 gouttes d’huile essentielle au choix (citron, lavande, orange, etc.)

Consignes

Faire fondre le savon râpé dans l’eau bouillante (je fais tout cela dans un petit chaudron sur un feu doux pendant quelques minutes).

Une fois le savon fondu, il suffit de le laisser refroidir et d’y incorporer l’eau froide.

On peut ensuite y ajouter l’huile essentielle (personnellement, je n’ai pas encore essayé, mais les huiles essentielles ont beaucoup de propriétés intéressantes).

Voilà, c’est tout! On met dans un contenant propre et on utilise ¼ t. de savon liquide par brassée. Attention, le mélange a tendance à se solidifier entre chaque usage. Il suffit de le mélanger avec une cuillère avant utilisation!

Et le bicarbonate? J’en saupoudre un peu quand c’est vraiment très sale, comme lorsque je lave les guenilles et les serviettes de table.

Et le vinaigre? Il a un pouvoir désinfectant! J’en laisse couler un peu dans le petit contenant destiné à l’assouplisseur dans ma laveuse. Après le lavage, ça ne sent plus rien!

Puis, il ne faut surtout pas oublier le côté économique dans tout ça. Depuis cinq mois, juste en savon à lessive, cela m'a coûté un gros 5$ pour faire les lavages de deux adultes et un enfant ... et on ne pue même pas!

Mon chat qui m'aide à faire le lavage...


Chez Victor

Je vous avais déjà écrit une chronique dans la section resto à propos du restaurant Chez Victor, section très maigre, je vous l’accorde. C’est un resto que j’adore puisqu’il offre une bonne variété pour les végés comme moi. Il y a souvent au moins quatre burgers végés au menu et il est possible de faire changer la viande dans les autres burgers pour une tranche de tofu tout en gardant ce qu’il contient d’intéressant comme des poires au vin rouge et du romarin. De plus, les frites sont juste malades!

Eh bien, imaginez-vous donc qu’il vient de pousser un nouveau Chez Victor juste à côté de chez moi, sur le bord du fleuve à Cap-Rouge! Mmm… Au plaisir de s’y rencontrer cet été! 

Mais vous savez, j’ai fait tous les défis à l’école de mon fils, cette année. Je ne peux pas avoir une carte-cadeau pour aller manger des frites là-bas, hein? La serveuse m’a dit, l’autre jour, que j’étais vraiment bonne pour manger toutes mes frites…



jeudi 28 juin 2012

Bières et Jambon : Quel avenir pour Le Corsaire ?


Imaginez. 

À l'ère des courriels, un ancien bureau de poste - celui de Lévis, voisin de la traverse - est transformé en microbrasserie. La dérive qui cède devant le vent en poupe !

C'était il y a quatre ans. J'allais à l'UQAR, campus de Lévis. Puisque je demeure à Québec, chaque jour de la semaine - ou presque - je prenais le traversier. C'est là que j'ai découvert Le Corsaire - tiens, un bistro ! Puis, immanquablement, après y avoir rencontré des gens passionnées de l'art brassicole et franchement sympathiques, je loupais un bateau l'autre. 

J'y aimais l'équipe, les bières, l'endroit - et je ne veux pas faire une phrase trop longue, alors j'abrège !

Et j'aime tout ça, toujours - même si j'y vais moins souvent. C'est un total package !



Cependant, aux dernières nouvelles, le Corsaire pourrait reprendre la mer. Quitter son île - et ses mystères.

Une histoire de terrasse - la Ville de Lévis leur a donné 48 heures pour la démanteler.

Une histoire de plaintes - y'a des condos à côté, où habitent des gens qui ont livré une guerre sans merci au Corsaire devant les autorités de la Ville.

C'est ici.

***


Je pourrais m'enthousiasmer de l'arrivée prochaine du Corsaire dans le Vieux-Port de Québec - on pourrait se voir plus souvent.

Mais j'ai habité Lévis. J'y ai vu aussi tous les efforts de revitalisation du Vieux-Lévis au cours des dernières années. 

J'estime que le Corsaire y est pour beaucoup. Et je dis qu'il y a pleinement sa place.

Alors, si ça se concrétise, ça sera un pas en arrière pour Lévis. Ça sera aussi un message aux jeunes entrepreneurs de la Ville : vous avez du succès, vous êtes distribués un peu partout au Québec - mais on s'en crisse.

Vous faites trop de bruit.





mercredi 27 juin 2012

McDo fait de la photo






Vous trafiquez vos photos de maisons afin de mieux les vendre…

Vous mettez des photos de vous tellement avantageuses sur Facebook qu’elles ne vous ressemblent même plus…

Vous lisez des magazines où tous les hommes et femmes sont retouchés avec Photoshop…

Et vous vous offusquez des publicités de fast food qui ne représentent pas la réalité? Ça s’appelle le marketing les amis, mar-ke-ting…

Voyons voir comment McDo procède avec son quart de livre…





mercredi 20 juin 2012

Pour la cuisine de rue


Interdite depuis les années quarante, la cuisine de rue pourrait refaire surface d'ici quelques étés au Québec. 



Marie-Claude Lortie, de La Presse, en parle dans cette chronique.

On se doute bien que l'Association des Restaurateurs du Québec (ARQ) soit contre. Selon elle, il y a déjà trop d'offres en restauration. De plus, il y aurait les problèmes de salubrité - ce pourquoi la cuisine de rue fut bannie, il y a plus de soixante ans.

Madame Lortie pense autrement : « La cuisine de rue n'est pas une lubie. Ce n'est pas un trip élitiste de hipster en manque de dumplings au foie gras. La permettre, ce n'est pas ouvrir la Ville à une invasion de vendeurs de poutine sur roues, dans des rues déjà trop sales.

La cuisine de rue, c'est un outil d'acupuncture urbaine.

C'est une façon de transformer le tissu urbain, la vie de la ville, à coûts minimes. C'est une façon de métamorphoser la tristesse du bitume en pique-nique sympathique. »



On ne pourrait pas mieux dire. Sinon corroborer, comme l'a fait Normand Laprise, chef du Toqué !, dans une lettre ouverte dans La Presse.

Il suggère comme lieux à privilégier les parcs, les festivals, les spectacles de rue et les petits marchés locaux.

Je le cite : « J'imagine une cuisine faite de produits locaux d'une fraîcheur irréprochable, des plats savoureux que l'on mange sur le pouce. À la façon d'un traiteur, la cuisine du camion servirait à réanimer les plats déjà partiellement préparés pour ensuite dispenser des petits menus rapides aux festivaliers et promeneurs dans les parcs. »



Ça, c'est de la vision qui me fait déjà saliver.

***

J'aime me promener, gambader dans les rues et aller prendre du bon temps dans les parcs - où je vais lire, le dos à un arbre, l'été. Ajoutez-moi des petites cuisines ambulantes dans le décor et je suis fou de joie. 

J'aimais bien mon petit stand à hot-dog, à l'orée du parc au centre-ville de Regina, il y a quelques années, quand j'attendais pendant quinze longues minutes ma correspondance et que mon lunch - que j'avais pourtant soyeusement préparé - ne m'avait pas comblé. Il était à la fois sympa et pratique - comme s'il était venu à moi et non moi à lui.

Celui-là même...


C'est certain que je vais courir davantage les petits plats gastronomiques, les sandwicheries et les shish taouks - ou toutes les autres découvertes d'ici et d'ailleurs qu'on voudra bien me proposer - que les casse-croûtes ou les cantines à poutine - mais je ne lèverai pas le nez dessus, surtout quand j'ai un petit creux - oui, là, vous savez.



***

Alors voilà. 

Très content d'être de retour !

Merci de nous lire et de partager un moment avec nous.

Sur ce, l'été, c'est maintenant. 

Profitons-en !





mardi 19 juin 2012

Joël Legendre, quinoa et alpaga


Lorsque je demeurais à Montréal, nous avions un petit appart.

Nous devions plier la table après les repas pour optimiser l’espace (merci IKEA!).

Nous étions obligés de rentrer notre ventre pour traverser l’étroit couloir qui s’offrait à nous entre le comptoir de cuisine et le réfrigérateur.



La porte n’ouvrait pas au complet dans la salle de bain, elle heurtait la toilette. La sécheuse? On la retrouvait dans la chambre de mon fils. Et la laveuse, bien elle était à côté du poêle dans la cuisine.

Pratique? Pas tellement. Nous avions acheté un sac de quinoa afin de goûter à ces petits grains qui éclatent sous la dent. Un sac bio, 10 $. Un luxe pour notre petite famille qui commençait dans la vie.

Le sac résistait à ma grande force musculaire. Sans ciseaux près de mes mains, le sac en avait profité pour exploser. Le contenu s’était infiltré dans tous les petits trous vacants de ma laveuse…

Alors là, vous pouvez avoir trois réactions :

1- Ayoye! Quel dégât! Pauvre toi!
2- Euh… quéssé ça du quinoa?
3- J’en ai rien à foutre de ton histoire, moé chu déjà allé à Cancun.               

Si votre réponse est un : Merci, quelle compassion! Je suis profondément touchée!

Si votre réponse est deux : lisez ce qui suit.

Et finalement, si votre réponse est trois : Mais que faites-vous ici? Ah oui, vous devez être tombés sur ce blogue en écrivant pénis de taureau sur Google comme bon nombre de curieux dans votre genre…

Quinoa

Bizarrement, le quinoa, bien qu’on en parle depuis plusieurs années, n’est pas toujours très connu des consommateurs québécois. Pour les végétariens, ça va, on connait en général ses sources généreuses de protéine, de fer et de calcium. Il y en a aussi qui l’aiment bien, car il ne contient pas de gluten et que ça fait de bonnes petites salades.



Capsule informative : le quinoa est d’origine bolivienne et il pousse généralement dans des régions très élevées en altitude (jusqu’à 4200 mètres) où il fait très froid et où le vent est roi. Il existe plusieurs variétés et n’est pas à proprement dit une céréale, mais bien une graine. Une tite graine.



Le quinoa, avant de s’aventurer sur les tablettes des gens du Nord, n’était pas un produit de luxe. Il était consommé par les paysans boliviens et boudé par les gens de la ville. La culture difficile du quinoa a fait quitter bon nombre de cultivateurs des montagnes étant donné le faible potentiel monétaire existant de l’époque.

Mais un jour, le Pérou a littéralement tripé sur le quinoa. Il est devenu le client numéro un des Boliviens. Puis, les Européens et les Nord-Américains ont dit Wow, quelle belle découverte! On va pouvoir vendre ça cher pis rendre ça tendance. Tout le monde va s’entretuer pour un sac de quinoa à 10 piastres. On va faire des sacs super durs à ouvrir, les cons vont en renverser partout et en racheter continuellement!

Répercussions

Les cultivateurs sont donc retournés au champ afin de trimmer dur pour les gros mangeurs du Nord. Ils se sont mis à faire du quinoa une culture intensive. C’était une vraie révolution industrielle.

Ils ont fait entrer les tracteurs dans les champs afin de produire plus en moins de temps. Ils ont fait de leurs plaines des monocultures de quinoa. Certains Boliviens se sont même mis à s’engueuler pour les territoires, ces mêmes qui les avaient délaissés peu d’années auparavant.



Résultat? Les sols se sont mis à s’éroder sous le poids des tracteurs et la terre s’est fragilisée dû à la monoculture. Bref, comment gâcher une culture millénaire à la sauce production industrielle de masse. On est pas mal bons là-dedans les humains.

Solutions

Depuis quelques années, on a intégré la notion de commerce équitable dans la production de quinoa. Le spécialiste de la culture du quinoa en Bolivie, Thierry Winkel, estime que cette manière de cultiver la terre entraîne des répercussions moins lourdes pour l’environnement.

Les agriculteurs ne mettent plus tous leurs œufs dans le même panier en favorisant aussi d’autres cultures dans leurs champs. Ils commencent à développer économiquement les régions où pousse le quinoa.

Bref, tout est bien qui finit bien dans le monde du commerce équitable. Du moins, pour le moment!



Pour les curieux

Vous voulez goûter au quinoa? Voici une bonne recette de salade, celle du Commensal (je l’ai prise dans le livre de Joël Legendre et j’ai à peine changé quelques trucs)!




Salade quinoa du Commensal











1 t de petites tomates cerise coupées en quartier
1t de poivrons de couleurs variées (ou juste des rouges)
¼ t de persil frais haché (ou séché)
1 c. à soupe de coriandre hachée

Pour le quinoa

1 t de quinoa
1 ¼ t d’eau
2 carottes râpées
1 t de maïs en grains (le congelé, c’est parfait!)
Sel et poivre

Vinaigrette

2 c. à soupe de jus de citron
3 c. à soupe de vinaigre de cidre
¼ t. d’huile végétale (canola, tournesol, etc.)
1 c. à thé d’ail haché
1 c. à thé de gingembre haché
1 c. à thé de cumin moulu
Sel et poivre

Directives

Rincer le quinoa à l’eau froide dans un tamis. Amener à ébullition le quinoa, l’eau, le sel et le poivre. Cuire à feu doux pendant 15 minutes et éteindre le feu. Ajouter les carottes râpées et le maïs. Mélanger et laisser reposer à couvert pendant 20 minutes. Réserver au frigo.
Mélanger tous les ingrédients de la vinaigrette à l’aide d’un fouet. Réserver.
Dans un grand bol, mélanger le quinoa, les tomates, les poivrons, le persil, la coriandre et la vinaigrette. Manger!




Sources :









mardi 5 juin 2012

Encore et toujours le culte du corps


Depuis quelque temps déjà, je vois des femmes « liker » ce genre de photo sur Facebook. 



Je dois vous avouer, d’emblée, que je ne comprends pas trop le phénomène. Mais dans ma petite tête, deux images se rejoignent...



À priori, ces deux femmes recherchent la perfection par le biais de leur enveloppe corporelle. Mais peut-on vraiment proclamer que celle de gauche est malade contrairement à l'autre?
 
Vouloir à tout prix changer son corps par tous les moyens possibles

Selon la philosophe Marie Guyot-Roussel : « l’époque, mettant en avant le commerce et la consommation, a transformé notre rapport au corps, dans la mesure où il est un souci pour nous, non parce qu’il est considéré pour lui-même, mais parce qu’il est prétendument ce qui, transformé, nous donnerait un supplément d’être, comme, pourrait-on croire, posséder tel ou tel objet nous procurerait une identité».

Avoir enfin un corps de fitness model ou de mannequin nous procurerait une identité au même titre que de posséder un IPhone ou une piscine en banlieue? 


C’est le genre de société dans laquelle nous vivons? Nous ne sommes que des produits de consommation?

Selon une autre philosophe, Emmanuel Malherbet : « En somme, le culte du corps se développerait sur le refoulement de la dimension pensante du corps. […] Ainsi l’affirmation des valeurs du corps tient-elle d’abord dans la négation et le rejet, parfois brutal, de celles de l’esprit. »


Mais un esprit sain dans un corps sain alors?

Le sport, c’est sain, mais modérément : « Il existe donc un consensus que partagent les chercheurs et les praticiens sur le rôle que peut jouer l’activité physique au niveau des répercussions négatives de la dépression : inactivité, isolement, baisse de l’estime de soi, trouble de l’image du corps, inquiétudes somatiques… » (Institut national de la santé et de la recherchemédicale français)

Cependant, lors de surentrainement, le contraire peut se produire. Les sportifs s’isolent de leur environnement familial et social (qui peut s’entraîner trois heures par jour sans couper un peu de temps quelque part?) et développent souvent de nombreux symptômes physiques et psychologiques : blessures, irritabilité, troubles du sommeil, perte d’estime de soi… (Mette Anthony, Université de Bordeaux).

D’autant plus que dans le monde du fitness, les sportifs consomment beaucoup de suppléments alimentaires. Et vous savez ce que le Dr. Richard Béliveau et moi pensons des surplus de protéines

Le nutritionniste-diététiste Martin Fréchette a même découvert, lors d’une étude portant sur les athlètes d’élite, que 81 % d’entre eux n’en avaient pas besoin. Alors en ce qui concerne monsieur et madame qui s’entraînent à coups de shake



Valoriser l’activité physique

À l’école de mon fils, ils ont eu, un jour, l’idée de faire venir Hugo Girard, l’homme fort du Québec, afin d’encourager les jeunes à se bouger les fesses.

Mon fils était très excité par cette rencontre. Cet homme sympathique les a bien fait rire et par la description de son parcours ardu, il leur a montré qu’il fallait s’accrocher à ses rêves dans la vie. Mon fils est même revenu avec une photo d’Hugo Girard autographiée dans son petit sac à dos.



Valoriser l’activité physique auprès des jeunes avec une belle pub de suppléments, il n’y a pas à dire, c’est très chic.

Si vous voulez en savoir plus sur ces femmes qui adorent s’entraîner, je vous conseille cet excellent reportage de Patrick Lagacé aux Francs-Tireurs qui compare ce phénomène à… une religion.


Sources

lundi 4 juin 2012

À Ottawa, la Terre est plate (2)


Retour sur mon message de vendredi dernier, à propos du projet de loi C-38, qui devrait être adopté avant les vacances estivales de nos représentants dans la capitale fédérale.

De ce projet de loi omnibus si énorme à en devenir grotesque, je vais me limiter à quelques modifications - ou abolitions - des lois actuelles, qui auront tôt ou tard un impact notable sur les plaisirs de la table.

  • Loi canadienne sur la protection de l'environnement – la limite d’un an imposée à l’heure actuelle aux permis accordés pour l’immersion en mer de déchets et autres matières pourra dorénavant être renouvelée quatre fois. Les limites de trois et cinq ans destinées à protéger les espèces en péril des préjudices causés par l’industrie seront éliminées.

Entendez-vous ? C'est le cri d'un camion qui recule. Pis vite. De quelques décennies en quelques semaines. On recule au bon temps où on pouvait s'en foutre des conséquences. Où la science et la recherche en environnement, c'était juste les granos, les naturistes pis les hippies qui faisaient ça dans leurs temps libres - tout en chantant du Paul Piché ou du Bob Dylan, autour d'un feu, sur le bord d'un lac. Le joint circulait pis ça divaguait : 

- Les poissons man, penses-y tsé, en manger va peut-être nous rendre malades à cause de la pollution pis des déchets dans l'eau...
- Malade man...   



  • Loi sur les pêches – les dispositions portant sur l’habitat des poissons seront modifiées de manière à protéger uniquement les poissons « importants pour le commerce, les Autochtones ou la pêche récréative », quoique même ces habitats seront moins bien protégés qu’avant. En effet, l'incitatif créé par ces nouvelles dispositions risque d'entraîner le drainage d’un lac et la mort subséquente de toutes les espèces de poissons qui l’habitent, à défaut d’être une pêcherie, pour créer un puits sec et le remplir de résidus miniers.
Celle-là, avouons-le, Monsieur Plan Nord - qui n'est pas ami facebook avec Monsieur Jambon - va l'aimer pas mal. 

Voilà l'État qui abdique. Les intérêts privés triomphent. Suffit maintenant de congédier des scientifiques et des inspecteurs - ou de les filer aux entreprises intéressées - et les voies deviendront toutes pénétrables.

Oups...C'est exactement ce que fait aussi l'État en ce moment !
  •  Loi sur la protection des eaux navigables – les pipelines et les lignes électriques seront exemptés des dispositions de cette loi. En outre, l’Office national de l’énergie absorbera la Loi sur la protection des eaux navigables chaque fois qu’un pipeline traversera des eaux navigables. Enfin, la Loi sera modifiée pour dire qu’un pipeline ne constitue pas un « ouvrage » au sens de cette loi.
C'était donc pour ça. Les pipelines. Ceux qui croyaient Line avait prit sa retraite seront confondus !

Le Canada, super-puissance énergétique. Le pétrole unifolié va se répandre partout sur le globe. 

Des Amérindiens viennent de retrouver des poissons difformes tout près de sables bitumineux. Ils veulent entrer en contact avec un chercheur pour déterminer s'il y a un lien de cause à effet.

Désolé, celui que vous cherchez, on l'a viré !
  • Loi sur les semences du Canada – cette loi sera entièrement remaniée de manière à transférer l’inspection des cultures des inspecteurs de l’Agence canadienne d’inspection des aliments à des « fournisseurs de services autorisés » du secteur privé.
 
Un ami me racontait que, travaillant pour une compagnie d'inspection en environnement, alors qu'il effectuait des tests - qui échouaient les uns après les autres- sur la cime d'une cheminée d'une usine, il avait dû tester jusqu'à ce que ce soit conforme avec les normes - des dizaines de fois. L'usine payait les heures supplémentaires et l'entreprise d'inspection avait fait son boulot.

Mais ce genre d'histoires ne peut certainement pas arriver en alimentation, non ?

Restons tout de même à l'affut, citoyens !


 

vendredi 1 juin 2012

À Ottawa, la Terre est plate (1)


Où étais-tu donc, Gros Jambon, ces derniers jours ? (Si vous vous êtes posés cette question, je suis touché, c'est gentil, merci.

Sinon, c'est pas grave. Dre Tofu fait de l'excellent boulot.

Réponse à la question, toute simple : j'étais en vacances.

Je suis allé faire un tour là.

Les habitants de ce quartier ont cette curieuse habitude de laver leurs casseroles après le souper et de les faire sécher en tapant dessus, en compagnie du voisinage. La petite marche qui suit favorise évidemment la digestion. On peut facilement s'y intégrer et on s'y sent rapidement comme chez soi.

Pendant que j'observais la coutume de ces citoyens et que je tapochais frénétiquement sur ma cassorole, je pensais - dans ce temps-là, je voyage vraiment, allégrement, en toute liberté.

Une fois, c'est drôle, j'ai pensé à ce que je venais de lire sur le blogue de Manon Cornellier, qui m'a rappelé que nous avons encore bel et bien deux gouvernements et que ce second - tout puissant soit-il - nous préparait depuis quelques semaines un monumental coup fourré, pendant que l'attention d'un peu pas mal tout le monde était détournée. 

Heureusement, Mme Cornellier veille au grain et nous décortique - un peu plus chaque jour, c'est ici - cet abject et rétrograde projet de loi, le C-38.

Comme il est gros, celui-là. Comme c'est un peu...n'importe quoi. Comme ça va dans tous les sens.

Et comme ce n'est pas là, ni pas fait, pour rien. 

- Pour qui la loi ?

Pas mal pour ça.

Bien sûr, il faut imaginer la trappe bleue fermée.

***

L'information nous provient de la Chef du Parti vert, Mme Elizabeth May. C'est ici.

Même si lire entre les lignes, c'est moins forçant pour les yeux, il n'est pas nécessaire de le faire dans ce cas-ci. 

Bonne lecture. On en reparle lundi.