jeudi 22 mars 2012

À boire, à boire pour le génie!


Ce matin, j’ouvre l’ordinateur. Un petit tour de l’actualité et hop, j’apprends que c’est la Journée mondiale de l’eau. Visiblement, je n’étais pas au courant. L’eau, franchement, au Québec là, on vit dans l’abondance. En quoi les préoccupations internationales sur l’eau peuvent-elles me rejoindre? Quand on me dit de fermer le robinet lorsque je me brosse les dents, à quoi bon? Puis, mes adorables voisins de banlieue qui prennent un malin plaisir à arroser leur asphalte avec de l’eau ou à remplir leur piscine qu’ils n’ont jamais le temps d’utiliser puisqu’ils sont, la plupart du temps, partis au chalet, en ont-ils des problèmes avec l’eau eux?



L’eau, un droit humain

Le 28 juillet 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a voté majoritairement en faveur du droit humain à l’eau, ce qui implique des installations sanitaires efficaces pour tous les citoyens du monde afin de permettre l’accès à de l’eau propre en tout temps. Le Canada s’est abstenu de voter cette journée-là, allez savoir pourquoi… Et pourtant…



Politique nationale de l’eau

Au Canada, l’eau n’est pas protégée. En gros, cela veut dire que même si l’eau est devenue un droit, les lacs, les rivières et les nappes d’eau souterraine ne sont pas à l’abri de la privatisation. Selon le Conseil des Canadiens (CDC) : « Le Canada a besoin d’une politique ferme qui veille à ce que les ressources en eau soient non seulement bien définies, mais également maintenues et protégées contre les accords de commerce tels que l’ALENA et l’accord de commerce proposé entre le Canada et l’Union Européenne, qui pourrait favoriser le transfert de l’eau du Canada à des intérêts privés. » 

La politique fédérale date de plus de 20 ans et elle ne correspond pas aux nouveaux défis qui pointent à l’horizon :  contamination de l’eau, pénurie (oui, oui, au Canada, un quart des municipalités canadiennes ont fait face à des pénuries d’eau et un tiers d’entre elles dépendent d’eau souterraine), l’exportation vers les États-Unis (le Dakota du Nord fera partie de ces États américains qui auront besoin d’eau du Canada), la privatisation de l’eau par le biais de l’embouteillage, la fracturation (l’extraction des  gaz de schiste dont on ignore encore les conséquences sur les réserves souterraines)… Avec le grand leadership que possède notre gouvernement en matière d’environnement, à quoi peut-on s’attendre concernant l’avenir de l’eau au Canada?



Les maudites bouteilles d’eau

L’industrie des eaux embouteillées nous a trop longtemps fait croire que l’eau provenant de notre robinet n’était pas de bonne qualité. Étonnamment, elle n’hésite pas à la puiser à même l’aqueduc pour nous la revendre au fort prix : « Selon un article paru en 2007 dans la revue Maclean’s, le regroupement des commerçants de l’industrie affirme que « l’eau filtrée du robinet représente plus d’un quart de l’eau embouteillée consommée par les Canadiennes et les Canadiens ». La marque Dasani de Coca-Cola est de l’eau puisée dans le réseau municipal de Calgary, de l’Alberta et de Brampton (Ontario), et l’eau de la marque Aquafina de Pepsi provient de Vancouver (Colombie-Britannique) et de Mississauga (Ontario). » (CDC). 

On paie pour du vide, pour ce qu’on a déjà à porter de main. Mais qu’est-ce qu’on est cons! Pendant, ce temps les systèmes d’aqueduc souffrent et ont besoin d’argent pour être entretenus : « L’eau est une question de santé et de sécurité publiques et devrait être gérée, réglementée et financée par des systèmes publics, qui doivent répondre à la communauté. Lorsque des entreprises à but lucratif contrôlent l’eau potable, la qualité diminue et les coûts augmentent. » (CDC)


Et si on faisait un petit geste ensemble?

La protection de l’eau par Harper… ouais j’attends ça comme un téléphone de Paul McCartney qui me féliciterait pour mes talents de bassiste… Encore une fois, on dirait bien que c’est à nous de jouer (oui, je sais, on nous en demande pas mal). Je vous invite fortement à visiter le site du Conseil des Canadiens pour en savoir plus. Votre cerveau ne pourra que vous remercier de toutes ces nouvelles petites connaissances que vous lui servirez en salade. Les cerveaux ont toujours faim.



Bonne Journée mondiale de l’eau!


Ajout : Je viens de trouver ces petites images magnifiques qui expliquent bien la crise de l’eau aux USA : http://www.takepart.com/article/2012/03/22/not-drop-drink-americas-very-real-water-crisis-infographic

mercredi 21 mars 2012

Université gratuite ?


« Enseigner, disait Montaigne, ce n'est pas remplir un vase, c'est allumer un feu. »

Partager ses savoirs, c'est entretenir ce feu.

C'est ce que veut faire l'Union des Savoirs Populaires de Québec (USPQ), qui vient à peine de naître et qui, ma foi, promet.

C'est une initiative d'étudiants de l'Université Laval, dont voici la mission :

« L’Union des Savoirs Populaires de Québec (USPQ) est un projet d’échange, de partage et de construction des savoirs dont l’objectif est de promouvoir une éducation libre, gratuite, accessible et transdisciplinaire, visant ainsi à développer l’autonomie personnelle et collective. L’USPQ offre à la population de Québec et des environs une pluralité d’activités d’éducation populaire implantées dans différents quartiers de la ville. »

Et les visées :
  • la préservation et la diffusion de l’héritage culturel (arts, sciences, humanités), c’est-à-dire de l’ensemble des savoirs ouvrant à une riche compréhension du monde ;
  • la transmission horizontale de savoir-faire (théoriques et pratiques, allant de la philosophie comme mode de vie au jardinage urbain) en favorisant la curiosité intellectuelle, la polyvalence et la débrouillardise ;
  • l’avancée de la connaissance (via la création de groupes de recherche et de travail, forums ouverts, etc.) ;
  • le développement de la pensée critique et de l’engagement citoyen, dans un esprit d’action transformatrice nécessaire à l’épanouissement personnel et au fleurissement de la société ;
  • la stimulation des échanges et le partage de points de vue par des espaces de socialisation accessibles, gratuits et conviviaux.

***

Voilà toute la forêt qui se cache derrière l'arbre de l'éducation vue comme une marchandise, vue comme une dépêche de nouvelles continues, vue comme des chiffres dans un tableau comparatif qui font bien l'affaire du simplet, vue comme un budget dépenses-revenus, ou vue comme un objet quelconque avec un prix dessus - au gré des marchés, c'est entendu.

***

Le projet ne fait que commencer et il m'intrigue.

Pas vous ?

Le lien pour le site de l'USPQ est ici.

Merci de nous lire et de nous partager.








mardi 20 mars 2012

Libre comme une poule pas de tête


J'insistais l'autre jour sur ces gouvernements québécois qui gèrent à la p'tite semaine - ces poltrons sans envergure - et je soulignais aussi l'insoutenable présence du gouvernement fédéral conservateur qui, de son côté, cloîtré dans son idéologie de liberté individuelle de poule pas de tête, usait de sa majorité aux Communes et au Sénat pour nous en passer des p'tites vites le plus rapidement possible, « comme ça ils ne pourront suivre et n'y verront que du feu. »

Holà !

La dernière en liste, toute inoffensive qu'elle puisse paraître, est la modification de l'article 35 de la Loi sur les pêches, concernant l'habitat du poisson.

Vite de même, disons-le, who cares ?

J'entends : « Ne venez pas me faire pleurer sur l'habitat du poisson ! Quel est son fardeau fiscal, à ton fichu poisson ? Combien paie-t-il de loyer ou d'hypothèque par mois ? Rien ? Alors il est un frein à ma liberté de contribuable et il doit périr. »

Voilà. Qu'à cela tienne. Dans la prochaine loi fédérale du budget, une autre du type omnibus - ou fourre-tout, dans tous les sens du terme - un trait de plume sur le fameux article 35 et toutes les belles grosses compagnies avec des mégas-projets si bons pour faire rouler l'économie auront les mains déliées et plus du tout de terroristes environnementaux pour les contester devant la justice.

Let's go Canada !

***

« L'article 35 de la Loi sur les pêches est probablement le pilier principal des différentes lois environnementales au Canada, car cet article est utilisé par tous les gouvernements pour protéger toutes les espèces en interdisant d'intervenir dans l'«habitat» du poisson, de l'altérer ou de le détruire. Cet article est le plus facile d'application, y compris au Québec, où plusieurs ministères l'utilisent souvent contre les braconniers, les remblayeurs ou les pollueurs, en raison de la simplicité de la preuve, de nature généralement matérielle. »

Un coup tout cela balayé, admirez la beauté du free-for-all !

***

Le député Fin Donnely (NPD) : « Le gouvernement conservateur est en train de démanteler systématiquement toutes les mesures de protection et les réglementations environnementales au pays. En éliminant les dispositions visant la protection de l'habitat des poissons, les conservateurs peuvent aller de l'avant avec leurs projets de pipeline, de circulation de superpétroliers et autres projets qui pourraient nuire à l'environnement. »

Il a l'air un peu moins tata, le poisson, maintenant. Non ?

***

Je vous invite à lire ce papier du Devoir et les réactions qui en découlent, juste ici.

Je vous laisse sur cette citation :

« The whole problem with the world is that fools and fanatics are always so certain of themselves, and wiser people so full of doubts. » - Bertrand Russel

lundi 19 mars 2012

Guacamole et spaghetti

Je ne connaissais pas encore PES. Rencontrés par hasard sur la toile, ses petits courts métrages d'animation en stop-motion m'ont rapidement séduite.

De la guacamole, j'adore ça (oui je sais, on dit le guacamole, mais qui dit ça, hein?) Des gens qui ont de l'imagination, du talent et des idées folles, j'aime encore plus ça. Et si on écrase le tout dans un mortier, ça nous donne une des sélections officielles du festival d'animation d'Annecy :






En prime, parce que vous êtes trop gentils de venir nous visiter en si grand nombre jour après jour, un western spaghetti, toujours à la manière de PES :







Bonne soirée et à jeudi! Monsieur Jambon sera là demain! J'espère qu'il sera agréable et tendre envers vous comme seul peut l'être un vrai bon jambon! :)




samedi 17 mars 2012

Bières et Jambon (8) : Saint-Patrick et Brasseurs illimités


C'est la fin de semaine de la Saint-Patrick et Monsieur Jambon se souvient :

1 - Qu'il revendique une fois l'an le petit peu de sang irlandais qui coule en ses veines ;

2 - Qu'il a donné maintes fois par le passé et qu'il a vécu de superbes et rocambolesques Saint-Patrick, alors qu'il se prépare à se coucher tôt ce soir, puisqu'il travaille demain et qu'il veut être au sommet de sa forme - c'est fou, il vient vraiment d'écrire ça ;

3 - Que, somme toute, la Saint-Patrick est un fichu bon prétexte pour présenter une microbrasserie québécoise de haute voltige.

Bref.

Bienvenue à Bières et Jambon !

( Description d'une vidéo d'introduction qui n'existe pas, avec pour musique de fond Tant qu'on pourra de Plume Latraverse - mettons : Monsieur Jambon entre dans son dépanneur fétiche, salue la caissière qui lui sourit comme s'il était une vieille connaissance ; il se dirige vers les frigidaires à bières, sa démarche est celle d'un chasseur ; il reluque quelques bouteilles, s'approche à tâtons d'une caisse ciblée avec un visage satisfait et déterminé, saisit la dite caisse d'un geste vif de chat ; puis il sautille discrètement vers la caisse, heureux de tendre son argent comptant à la caissière - qui n'en peut plus de lui donner son change.)

***

Nous voilà donc à Saint-Eustache, dans les Laurentides, où brasse René Huard, qui oeuvre dans ce métier depuis près de 30 ans. Son antre : Brasseurs illimités. Son trésor : la gamme Simple Malt.

En plus d'être savoureuse et goûteuse, celle-ci est présenté comme peu de bières le sont, avec une pointilleuse description, ce qui inclut des informations comme le type, le taux d'amertume (IBU), la température de service idéal, le verre à prendre et à savoir si c'est une bière de dégustation, de rafraîchissment ou de célébration - ou deux de ces réponses - et ce, sur chacune des bières. 

Par exemple, prenons la Cascade (6,4%) : « India Pale Ale riche et désaltérante misant sur un houblonnage typiquement américain basé sur le houblon Cascade spécialement aromatique, très citronné, très agrume ; puissant et rafraîchissant. » Type : India Pale Ale américaine. IBU : 66 Température de service : 10-12 degré C' Verre : Pinte Dégustation et rafraîchissement.

À noter que plus l'IBU est élevé, plus la boisson est amère. Petite démonstration avec les cinq autres bières que j'ai bues dans ce six-pack de dégustation - à 11,99 $ plus taxes et dépôts, c'est-à-dire peu pour autant de qualité.

- L'Altbier (allemande réhaussée) : IBU 33
- La IPA (India Pale Ale anglaise) : IBU 62
- La Scotch Ale (Wee Heavy écossaise) : IBU 35
- La Double Porter (Robust Porter) : IBU 28
- L'Impériale Stout (Imperial Stout classique) : IBU 61

Ceci dit, appréciant fortement la présence en bouche d'une bière, son amertume et le souvenir qu'elle laisse après chaque gorgée, ce ne sera pas une surprise pour vous si je vous dis que ma préférée est l'Impériale Stout.

Mais avec Simple Malt, il y en a pour tous les goûts.

***

Le site de Brasseurs illimités semblant en construction, je vous réfère sur le site de Bières du Québec - le réseau social des microbrasseries, très intéressant, par ailleurs.

Parlant de construction, Brasseurs illimités s'est inspirée de la corruption dans le domaine l'automne dernier et une bière à la citrouille baptisée La Magouille fut la petite création du moment.

Extrait d'Infoman, par ici.

***

C'est déjà tout pour cette semaine. Merci d'avoir été là.

Qui sacrifie à Bacchus avec intérêt et curiosité finit par faire de belles trouvailles.

À tous,

Prost !

(Monsieur Jambon débouche une bière, prend une gorgée, fait un clin d'oeil et puis tourne le dos à la caméra.)

(Générique sur les fesses dodelinantes de Monsieur Jambon.)



  

vendredi 16 mars 2012

Regarder passer les camions


Franchement, nous sommes bien entourés.

À Ottawa, un gouvernement conservateur qui fonce droit devant lui par idéologie et qui ignore toutes les questions ou réponses qui ne concordent pas avec sa vision du monde bien cloisonnée.

À Québec, depuis quelques décennies, des gouvernements qui gèrent à la p'tite semaine, sans perspectives, sans aucune anticipation, qui ne font que réagir - c'est-à-dire mettre les couvercles sur les marmites qui finissent toujours par déborder (les crises) - et qui surgissent les unes après les autres sans surprise.

Que des mauvais cuisiniers. 

Pendant ce temps-là, il y a tout ces rapports, qu'on résume au ministre, un point de presse, on en parle pendant quelques jours et puis...tiens, ça crame sur le rond de poêle d'à côté, alors on passe au sujet suivant.

***

Actuellement en tournée dans les régions, la Solidarité rurale du Québec (SRQ) et sa présidente, madame Claire Bolduc, prépare un rapport adressé à Québec, sur l'état des régions, dans le but de construire « une future politique nationale de la ruralité ».

En entrevue au Devoir, madame Bolduc dévoile quelques grandes lignes des 22 premières consultations menées (sur 31). Portrait de citoyens laissés pour compte et trop souvent dévalisés par les grosses compagnies - et des citations.

Sur les grandes sociétés commerciales et industrielles, et sur les promoteurs d'ici et d'ailleurs :

« Il n'y a plus rien, sauf des miettes, qui tombent dans les poches des gens de la place. Les gros se servent, transforment le paysage, le village, la vie et s'en vont. »

« La nouvelle aliénation, c'est de regarder les camions passer. C'est pas avec ça qu'on revitalise un village.»

« (...) Mais au niveau gouvernemental, on ferme les yeux alors que la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles est totalement mise en échec par les brokers agricoles, qui vont produire ce qui rapporte sur les marchés boursiers, pas pour nourrir le Québec. »

« (...) les jeunes, même s'ils le désirent, ne sont plus capables d'acquérir de la terre et de former une relève capable de faire soutenir la vie des villages. En Europe, on ne vend pas la terre. Ici, on laisse faire. Il faut agir contre ces phénomènes avant qu'il ne soit trop tard. »

  ***

Que faire ?

« (...) les gens des villages devraient, par leurs élus, être responsables de l'aménagement de leur territoire. Mais en réalité, qu'est-ce qu'ils contrôlent vraiment ? »

Madame Bolduc cite en exemple le village Lebel-sur-Quévillon qui, par sa « résilience » et son « implication citoyenne », a transformé une papetière classique en usine de rayonne, « grâce au dynamisme de son maire».

***

« (...) les gens croient dans leur milieu et l'aiment profondément. Ils veulent s'investir dedans et ont le droit de le faire. Il est temps qu'on réalise que c'est eux, notre principale ressource naturelle en région. »

Autrement dit, il faut donner les moyens aux citoyens de chaque municipalité de lutter efficacement contre les invasions des barbares industriels. Les décisions qui les concernent doivent être prises chez eux et non à Québec ou à Ottawa. Les modèles en économie sociale, comme le mode coopératif, ne manquent pas.

Des régions fortes et des citoyens ruraux bien impliqués dans leur milieu, ça donne des villes qui s'alimentent de produits frais. Et ça donne le goût de connaître les producteurs et leurs passions.

Mais d'ici là, il y a maintes menaces en la demeure.

Et comme pourrait me dire mon cher neveu de dix ans :

« Les lobbyistes, tu connais ? »

 ***

L'article du Devoir que je cite étant sous clé sur la Toile, voici le lien pour le site de la SRQ, ici.

jeudi 15 mars 2012

Tofu en vrac


Voici le premier Tofu en vrac! Un petit mélange de ce qui se passe autour de moi, de mes réflexions en émergence et de niaiseries comme je les aime tant. C’est parti!

Noosphère

Ça faisait des mois que j’écœurais ma famille pour aller manger à ce nouveau restaurant végé sur la rue St-Jean à Québec. Je me disais que ça ferait un excellent article pour étoffer la rubrique Restos Québec, rubrique bien maigre, je vous l’accorde. (Dre Tofu et Monsieur Jambon n’ont pas de budget alloué pour ses chroniqueurs gastronomiques, ni de budget pour autre chose d’ailleurs…) Bref, fin de la semaine de relâche, je sors mes deux hommes direction Noosphère et là, BANG, c’est écrit À LOUER dans la fenêtre. Que s’est-il passé avec ce resto?!?

On m’a reproché mon manque d’organisation, puis on m’a assise devant un bon burger de Chez Victor, juste à côté. J’ai presque tout mangé mes frites en guise de consolation.




Entendu dans un resto

La serveuse dépose une crêpe aux fruits des champs gargantuesque devant mon fils de dix ans. Débordante de crème fouettée et de sauce au chocolat, cette crêpe aurait pu facilement régler une bonne partie de la crise alimentaire en Afrique. La serveuse encourage mon fils en souriant « Je te souhaite bonne chance mon grand pour tout manger! » et au retour « Bravo, tu as presque tout mangé, tu es vraiment un champion! ». Quoi?!? Qu’a-t-il fait pour mériter ces félicitations? Il s’est empiffré comme un porcelet, je l’ai vu. Il s’est forcé, malgré nos recommandations. Il voulait montrer qu’il était un homme, qu’il était capable de tout manger!

Pourquoi encourager nos enfants à vider leurs assiettes? Pourquoi valoriser la surconsommation d’aliments? Pourquoi faut-il nécessairement se sentir bourré après un repas?



Le suppléant

J’ai découvert que je pouvais remplacer les raisins secs par des abricots séchés dans un couscous. Ça tombe bien, car les raisins étaient discriminés dans mes assiettes. Belle découverte qui ne méritait sans doute pas d’être partagée… Ah oui, quand je fais revenir mon couscous 5 minutes dans l’huile avant d’ajouter l’eau, il est bien meilleur. Après dix ans de tentatives plus ou moins réussies, je sais maintenant faire du bon couscous auquel je rajoute aussi des pistaches et moult épices magrébines. Dans tes dents le Maroc!



Magasin d’aliments naturels

C’est moi ou j’ai souvent l’impression que je me fais avoir quand je vais dans un magasin d’aliments naturels? Pas assez de roulement peut-être? Des produits parfois poussiéreux sur les tablettes, pas toujours frais ou expirés et ridiculement chers… Qui achète le minuscule plat en plastique de noix d’acajou bio à 25 $ qui se vide en trois bouchées? Qui? Qui? Qui? Et la musique New Age qui plane dans le magasin ainsi que l’odeur de patchouli, est-ce vraiment nécessaire?


Les lobbyistes

Je parlais, au souper, du fait que je pensais réduire ma consommation de vin. (Pas que je sois alcoolique, mais c’est le genre de bulle qui me passe par la tête parfois et qui me donne bonne conscience pour quelques heures. Le chocolat a subi la même opération sans résultat, la bière aussi, les frites, le temps passé sur facebook, etc.) Je me questionnais à propos des raisons pour lesquelles la consommation de vin était si encouragée depuis quelques années. J’avais déjà lu une recherche qui disait qu’on retrouvait les mêmes propriétés antioxydantes et bla-bla-bla en consommant la peau des raisins rouges. Pourquoi inciter les gens à boire de l’alcool d’abord? Mon fils m’a regardée dans les yeux et il m’a dit d’un air découragé de prépubère : « Euh, les lobbyistes, ça te dit rien? »

J’ai failli m’étouffer avec mon cashew à 100 piastres.





Voilà, c’était tout pour ce premier essai de Tofu en vrac. Si vous aimez, je reviendrai peut-être! Suspense!



mercredi 14 mars 2012

Et si on mangeait de la marde ?


Lundi soir dernier, je suis tombé sur un excellent documentaire à Télé-Québec. Son titre : « La Fabuleuse histoire des excréments : Au nom de la rose ». Vous en avez peut-être déjà entendu parler - il date de 2007- mais pour moi, c'était tout nouveau, tout beau, si fascinant.

Son sujet : la merde. Nos étrons et tout ce qu'on peut faire avec eux, après avoir tiré la chasse d'eau et dit : « Au revoir ! »

On peut imaginer que dans une grande ville, des millions de gens qui chient, ça cause un problème. Car, que peut-on faire de toute cette chiasse ? Une fois les eaux traitées, des montagnes d'excréments s'accumulent - à en faire rêver le maire Labeaume, qui en cherche désespérément pour les descentes de ski alpin - belle ironie, la candidature olympique de la ville de Québec grâce à la petite contribution quotidienne de ses citoyens.

Bon, fallait que je trouve un moyen pour nommer Monsieur Labeaume dans un des mes messages. Tous ceux et celles qui écrivent à Québec le font. Je fais maintenant partie de la gang. Désolé, c'était merdique - comme le sol des différents sites proposés pour le nouvel amphithéâtre.

Je m'égare. Retour sur le documentaire.

Où en étais-je ? Ah oui, les gros tas de merde. Que faire avec ça ?

- De l'engrais pour nos terres agricoles !

- Bonne réponse mademoiselle qui répond toujours la première, dans le fond de la classe !

Saviez-vous que pendant longtemps, nous allions faire nos besoins dans les champs de vignes ? Que les paysans chinois étaient reconnus pour revenir des villages avec des seaux pleins de fèces afin de fertiliser leurs champs ? Même Victor Hugo en parle, dans Les Misérables :

« La science, après avoir longtemps tâtonné, sait aujourd'hui que le plus fécondant et le plus efficace des engrais, c'est l'engrais humain. Les Chinois, disons-le à notre honte, le savaient avant nous. Pas un paysan chinois, c'est Eckeberg qui le dit, ne va à la ville sans rapporter, aux deux extrémités de son bambou, deux seaux pleins de ce que nous nommons immondices. Grâce à l'engrais humain, la terre en Chine est encore aussi jeune qu'au temps d'Abraham. Le froment chinois rend jusqu'à cent vingt fois la semence. Il n'est aucun guano comparable en fertilité au détritus d'une capitale. Une grande ville est le plus puissant des stercoraires. Employer la ville à fumer la plaine, ce serait une réussite certaine. Si notre or est fumier, en revanche, notre fumier est or. »

Et on dit « merci » au monsieur pour tous les synonymes du valeureux mot merde.

***

On peut voir dans le documentaire un artiste incomparable qui a inventé une machine monstrueuse qui se veut une parfaite reproduction de notre système digestif. Il lui donne à manger puis, à la fin du processus, elle pond de jolies petits cadeaux sur un tapis roulant. Au vernissage, l'artiste invite des convives et un chef de haute gastronomie. « Je crois qu'elle n'a jamais aussi bien mangé », dit-il. Puis, douze heures plus tard, il n'y a plus de convives ni de chef, mais...des résultats. 

***

Vous n'avez plus la foi en l'humanité et le fait que la Chine devienne la puissance mondiale vous donne le va-vite ? Ne soyez plus de mauvais foie ! La Chine a pensé à tout et a de la suite dans les idées rapportées par le grand Victor Hugo cité plus haut. Les voitures de l'empire du Milieu rouleront un jour avec du biogaz, soit propulsées par les crottes de 1,2 milliards de Chinois.

Mets-ça dans ta pipeline, Stephen Harper !

***

Le clou du spectacle...heu...de la première partie du documentaire : Le Japon et son caca-burger.

Fallait bien que je réponde à la question : « Pourquoi un titre si vulgaire ? »

Merci à un scientifique japonais qui bosse depuis des années sur la viande de l'avenir.

On dirait des languettes de porcs. C'est encore à l'état embryonnaire comme projet et ça coûte terriblement cher à produire mais le scientifique nippon est confiant.

Qui sera le premier fast-food à s'offrir une tonitruante campagne publicitaire pour vous rappeler tout ces beaux moments aux cabinets depuis votre enfance, comme la première fois où vous l'avez fait tout seul ?

***

Les deux autres parties du documentaire seront diffusées les lundis 19 et 26 mars 2012. Voici le lien sur le site de Télé-Québec, ici.

Et voici la présentation vidéo de la première partie du documentaire :


lundi 12 mars 2012

Une tranche de chat


Vous connaissez la mode des breading cats? Il faut un chat, une tranche de pain, un appareil-photo et un compte facebook. On mélange le tout et ça donne :




Ou encore :




Même les chiens veulent poser avec une tranche de pain!





Plusieurs disent qu'il s'agit de maltraitance envers les animaux, surtout les chats qui sont de nature claustrophobe...

Certains s'offusquent du gaspillage alimentaire...

D'autres croient qu'il s'agit encore d'une mode stupide sur facebook...

Finalement, il y en a aussi qui trouvent juste ça drôle sans se poser de questions!

Vous en pensez quoi ? :)




dimanche 11 mars 2012

Bières et Jambon (7) : Le plaisir de lire


Une petite trève dans les visites chez les microbrasseries québécoises cette semaine - ne vous inquiétez pas, ma dégustation a été faite en bonne et due forme mardi dernier et ce fut un très bel après-midi.

Je consacrerai donc les prochaines lignes à une belle lecture concernant le sujet de la bière, accompagnée d'un lien - que ferions-nous sans lui de nos jours ?

On peut retrouver ce journal au supermarché, au dépanneur ou dans les microbrasseries. Vous l'avez sûrement déjà remarqué, l'avez peut-être saisi et bien enroulé autour d'un petit sac brun, cachant une bonne bouteille déjà débouchée - on n'est jamais trop prudent.

C'est qu'il peut être vraiment pratique en plus, le bimensuel Bières et plaisirs, qui complète sa cinquième année.

Les articles, chroniques et reportages sont bien roulés. On a affaire à des connaisseurs passionnés. Et il n'est pas étranger à l'essor de toutes ces micros partout au Québec. Ne jamais sous-estimer le messager...

Dans la dernière édition, on y retrouve le top 10 des différents intervenants - l'offre de bières est si variée que chacun peut y trouver son compte. Bon, on peut se sentir un peu ignard en la matière, mais il y aura toujours plus à boire de toute façon.

Aussi, la première partie d'un dossier sur la distribution des produits des microbrasseries, qui ont trop souvent Labatt et Molson dans les pattes.

De plus, à l'intérieur, le portrait d'une micro et une entrevue avec son maître-brasseur, vos adresses à Édimbourg, des conseils de brassage à la maison et la finale coups de coeur des dégustations bières et fromages.

À noter que c'est le seul journal où les publicités attirent mon attention !

Bref, si on ne peut pas tout savoir, on peut toujours en savoir plus !

Voici l'indispensable lien.

Merci de nous lire !

Prost !

samedi 10 mars 2012

Éducation : Même combat


Depuis quelques semaines, chacun peut avoir son idée, son opinion ou sa vision par rapport à ce qui se passe dans le domaine de l'éducation au Québec.

La grève étudiante joue à fond dans les médias. C'est le hit de l'heure. Et les lignes éditoriales des différents quotidiens nous le présente chacune à sa façon.

Et on insiste pas mal sur l'aspect économique. On se lance des chiffres par la tête. Ces derniers ne flottent pas mais prennent le fond. Ça s'accumule et puis ça déborde.

***

Je ne suis pas surpris qu'on s'acharne sur les chiffres.  Ils sont faciles d'approche, en moyenne ils ont de la classe, quiconque sait compter jusqu'à trois peut ajouter quelques zéros et se laisser impressionner. 

Mais ils nous font croupir dans l'inaction.

 - C'est trop ! se scandalisent-ils.

 - C'est pas assez ! scandent-ils.

***

Ça déborde et ça ne bouge pas. Mais ça grouille.

Ça grouille parce que ça pense. 

Ça pense à aujourd'hui et à demain.

Nous avons besoin, comme société, des efforts de tous et chacun. Tout simplement pour prospérer, comme groupe. Tout simplement pour que chacun puisse, de par son plein potentiel, s'accomplir et partager ses connaissances, ses savoirs et ses passions.

L'éducation, ce n'est pas une business.

À la limite, c'est un organisme à but non lucratif.

Une coopérative, si vous voulez...

Une coopérative où on ne peut pas se permettre de se priver d'un membre important juste parce qu'il ne peut pas se payer un renouvellement.

***

Isolons le sujet de ce blogue, l'alimentation :

Nous avons besoin de gens instruits et compétents ;

- De vétérinaires auprès des animaux qui finiront par se retrouver dans notre assiette ou dans celle du voisin.

- De chercheurs pour nous informer des nouvelles découvertes.

-  D'entrepreneurs audacieux et à l'affut des plus récentes technologies.

- De communicateurs qui diffusent des informations variées et critiques.

- De passionnés de leur domaine d'étude qui ne nous prenent pas pour des demeurés ou des automates.

-  Même de caissiers qui peuvent vraiment nous conseiller.

- ETC.

ET ces personnes peuvent provenir de partout, du bas jusqu'au haut de l'échelle. 

***

Alors pourquoi, au nom du dollar, vouloir scier celles du bas ?






vendredi 9 mars 2012

La ballade du carbone


Pour ce qui est de brandir les effets écologiques de leurs produits et initiatives, les entreprises et les gouvernement sont devenus des experts dans l'art du maquillage.

Dernier exemple, un projet pilote sur le bilan carbone des produits que nous consommons.

J'explique - pour le tant soit peu que j'en pige.

Chaque produit est un petit, moyen ou grand bourlingueur. De sa fabrication à sa disposition, il passe par sa distribution et par son utilisation. C'est comme sa vie - ah, s'il pouvait nous raconter...

Mais on peut quand même en présumer les grandes lignes et surtout, savoir ce qu'il a pu faire dépenser en énergie (renouvelable ou non) pendant ce parcours. D'où là l'idée du bilan carbone, qui sera affiché (en grammes) derrière chaque produit au Québec, si le projet pilote tient le coup.

Le but est fort simple : faire privilégier aux consommateurs les produits d'ici. À coup sûr, un produit de l'extérieur va toujours avoir plus de grammes de carbone qu'un produit de chez nous - ça va peut-être motiver quelques scientifiques fous à bosser sur la téléportation, mais contentons-nous de la Toile pour l'instant.

D'autres pays le font actuellement - je parle du bilan de carbone, pas du moyen de transport d'un point A à un point B en claquant des doigts. Mais le hic, comme en Thaïlande, c'est le manque de compréhension du grand public.

***

J'insiste sur ce que l'on mange - on devine pourquoi, sûrement parce que je ne pense qu'à ça - mais ce projet concernera aussi les services, comme peuvent en témoigner la présence d'alumineries et de papeteries au sein du projet pilote. Pour le moment, seules les entreprises Ultima (Yoplait) et Interplast (contenants d'oeufs en plastique) participent du côté de l'alimentation.

***

Franchement, je me demande à quoi cela peut bien servir, sinon à d'autres campagnes promotionnelles de la part de ses entreprises genre « Nous sommes verts, plus qu'eux autres, achetez nos trucs, faites pas les caves de pollueurs sales » ou « Vous êtes écolos, vous êtes cools, ben nous aussi, hostie ».

Bref, de belles façades.

Je dis ça un peu parce que le gouvernement va parrainer toute mise en marché jusqu'à 150 000$ par entreprise, sur un budget alloué par Québec de 24 millions. 

C'est un bon départ pour se refaire une beauté.

***

Le lien, ici.

jeudi 8 mars 2012

Le club des déjeuners, des dîners et des soupers


J’ai lu cet article récemment et depuis ce temps, tout ceci me trotte dans la tête. Aux États-Unis et dans certains milieux défavorisés, on offre des déjeuners à l’école aux enfants qui arrivent le ventre vide (on le fait aussi au Québec). Évidemment, ces mêmes enfants n’avaient pas toujours un contenu adéquat dans leur boîte à lunch du midi alors on s’est mis à leur fournir un dîner. Maintenant, on s’interroge. Doit-on aussi leur fournir un souper? C’est ce que plusieurs écoles ont commencé à faire…



Mais où cela s’arrêtera-t-il? Est-ce vraiment à l’État que revient le rôle de nourrir nos enfants?

Je sais qu’un enfant qui a faim ne peut pas apprendre, mais je sais aussi qu’il n’y a pas que des enfants qui proviennent de milieux défavorisés qui ne mangent pas au déjeuner. J’ai enseigné dans les deux types de milieux et j’ai vu plusieurs jeunes issus de milieux aisés qui ne mangeaient pas le matin. Ah si, des fois, des chips au ketchup et une liqueur! Génial! Puis au souper, ils écoutaient la télévision en mangeant ou grignotaient dans leur chambre en jouant à l’ordi. Associer absence de compétences parentales et pauvreté ne devrait pas toujours aller de soi. Ce n’est pas parce que tu ne gagnes que 15 000 $ par année que tu ne peux pas t’occuper de ton enfant et lui donner une rôtie et une pomme avant qu’il quitte pour l’école.

Il faut arrêter de retirer le sentiment de contrôle sur leur destinée qu’ont ces parents issus de milieux défavorisés et leur redonner confiance. Il faut les aider. Il ne faut pas leur donner du poisson, mais leur apprendre à pêcher. Et comme le dit le pédiatre connu Jean-François Chicoine, « un yogourt gratuit, tout seul, dans une collectivité bruyante, et sans services professionnels individualisés pour y voir, ne prévient pas l’échec scolaire ». Ce n’est pas parce que ton ventre cesse de gargouiller que ça va mieux pour toi. Tes problèmes sont les mêmes.



Qui sommes-nous?

Je partage beaucoup l’avis du Dr. Chicoine à ce sujet. Selon lui, « L’attention qui peut être accordée à un enfant lors du petit-déjeuner lui apporte des habiletés comportementales, une saine autonomie, une confiance ravivée en lui et un suprême sens de l’autre. » Comment peut-on retrouver tout cela à l’école?

Arrêter l’offre de petits déjeuners n’est pas une solution, car il est vrai que certains enfants en ont besoin, mais ce n’est pas la majorité des familles pauvres : « Des familles à risque doivent être soutenues, professionnellement, pas par charité, pas à la louche, mais par cuillérées. Qui sommes-nous pour juger massivement de leur niveau d’engagement auprès de leurs enfants? » (Dr. Chicoine).

Des solutions

Le Dr. Chicoine propose quelques solutions très intéressantes :

- offrir un coaching aux familles pour faire une épicerie avec un bon rapport qualité-prix

- encourager les cuisines collectives

- permettre aux familles de rencontrer des travailleurs sociaux qui peuvent les outiller

- créer un lobbying pour attirer des épiceries dans les mauvais quartiers (Oui, car souvent, il n’y a que des dépanneurs présents dans le quartier pour offrir de la nourriture aux familles sans voiture, c’est dégueulasse!)



Journée de la femme

Sans entrer dans les détails de ma vie personnelle, ma famille a dû traverser plusieurs épreuves au cours de mon enfance. Lorsque ma mère s’est retrouvée seule avec nous, le revenu familial a nettement diminué.  Même si je HAÏSSAIS déjeuner lorsque j’étais adolescente, ma mère s’est toujours assuré que je quitte la maison le ventre plein. Pendant un moment, elle a surement dû gratter les fonds de tiroirs pour nous offrir le meilleur, mais il y avait toujours un grand choix au déjeuner : muffin, rôties, œufs, jus d’orange sans sucre, etc. L’engagement parental ne va pas toujours avec le revenu annuel…

Merci maman!



P.S. Avis aux plus vieux, le Dr Chicoine n’a rien à voir avec Chicoine dans Watatatow. :P




Sources : 

Dr. Jean-François Chicoine, Petit manifeste pour un retour à table, dans la revue Ricardo, volume 8, numéro 7.





mercredi 7 mars 2012

Une brillante idée de par che nous


Il y a une heure ou presque, j'hésitais entre un sujet ou un autre. Je ne savais pas. Je me suis dit que j'allais réfléchir à tout ça en allant à mon dépanneur favori - pour fin d'achat d'une bonne bouteille - de bière, on commence à se connaître.

J'avais remarqué plusieurs fois ce camion qui se stationne en face de l'ancienne caserne, à Limoilou. Je connaissais de nom l'entreprise - la Coopérative La Mauve. Parce qu'elle est située dans ma région natale, Chaudière-Appalaches, plus précisement à Saint-Vallier (Bellechasse). Et parce que je connais pas mal la petite famille qui vit au-dessus du commerce.

Alors, pour la première fois - il était temps - je me suis demandé ce que ces gens de ma place faisaient à deux coins de rue de chez moi. Alors que mon souper chauffait, je suis allé faire un petit tour sur la Toile.

Et les réponses obtenues furent plus que des hors d'oeuvres - croyez-moi.

***

La Coopérative La Mauve aura dix ans cet automne. Dix ans à créer des liens entre les producteurs et les citoyens. Dix ans à promouvoir l'agriculture biologique. Dix ans à offrir des produits du terroir de qualité. Dix ans de vigueur au sein de l'économie sociale.

La Coopérative La Mauve offre différents services, comme les paniers, qui sont presque livrés à votre porte. Ces paniers peuvent contenir des légumes (selon la saison), des produits transformés, du fromage, de la viande ou des charcuteries. Ils peuvent être végétariens, mixtes ou gourmets. Ils sont distribués à toutes les deux semaines l'hiver, à chaque semaine l'été - il suffit de s'abonner, tous les détails sont sur le site Internet.

Ce dernier vaut le détour. On y retrouve toutes les informations nécessaires sur la coopérative et ses partenaires. Il y a aussi - entre autres - des recettes et des fiches complémentaires sur les aliments contenus dans les paniers. C'est vraiment complet et absolument intéressant.

Je vous laisse y faire un tour, en passant par ce lien.

Prochaine visite au point du chute Limoilou (350, 5e rue) : Mercredi 21 mars 2012, de 16 h 30 à 18 h 30.

J'y serai et on s'en reparle.

(Demain : Dre Tofu ou enfin de la couleur et des images ! ;)




dimanche 4 mars 2012

Bières et Jambon (6) : L'Alchimiste


Qu'auriez-vous fait à ma place ?

J'allais me préparer à écrire ce message. Ça cogne à la porte. Mon vieux chum Franck entre.

- Salut mec ! que je dis. Tu veux une bière ?

Un tel accueil, ça ne se refuse pas, non ?

Puis, plus tard, le téléphone sonne. Une vieille chum. Et elle se joint à la petite réception improvisée.

Voilà. Ça m'apprendra à ne pas écrire mon texte du dimanche le jeudi, comme je le fais d'habitude.

***

Cette semaine, nous allons faire un petit tour du côté de Joliette, où la microbrasserie L'Alchimiste a vu le jour, en 2001.

C'est Carl Dufour, un natif de Chibougamau, un gars qui a beaucoup voyagé dans le Québec brassicole, qui a eu l'idée de fonder cette brasserie - qui s'est donné pour mission d'offrir « des bières de qualité supérieure accessible à tous. »

En 2005, les bières embouteillées de l'Alchimiste étaient disponibles dans la majorité des commerces spécialisées du Québec.

Aujourd'hui, on les retrouve à l'épicerie. L'aventure et la croissance se poursuivent. Une très belle réussite.

***

La dégustation, c'est un joyeux passe-temps.

L'Alchimiste nous offre une promotion de six bières à 8,99$ avec une gratuite, ces jours-ci. Puisque je voulais tester les variétés disponibles, je me suis acheté une caisse mixte de 12 - j'en ai donc obtenu deux gratuites - vous pouvez le constater, je ne voulais pas que me rafraîchir la mémoire, disons.

Monsieur Jambon ne recule devant rien pour satisfaire la soif de ses lecteurs - et la sienne, by the way.

***

Voici ce que les notes que j'ai prises pendant ma dégustation - on ne peut plus sur le vif :

- Bonne blonde, la Claire. De petites notes fruitées - à prendre sur le balcon, un après-midi d'été - si j'étais un amateur de blonde, car le hic avec celles-ci, c'est la surconsommation, l'abus - elles se boivent comme de l'eau.

- La Bock - là on tombe un peu plus dans ma palette - ambrée ou rousse, même combat. On oublie facilement le goût de la nunuche - heu, la blonde. Bien goûteuse - j'en prendrais pas huit, mais sept, peut-être.

- La India Pale Ale - c'est ma troisième bière de la journée, la langue commence à se libérer : « Je sais, t'as pas fait une longue traversée comme dans le temps, ma belle IPA, mais crisse que je te veux ! Une seule lampée dans ma bouche pis je te jure, devant le Baril je te ferais des promesses - d'une vie à deux peut-être amère, mais c'est mieux que tout seul ! »

- L'Écossaise, la petite brunette...Définitivement très habile, elle sait où me trouver et vient me chercher. Une bonne bière, mais dans les quatre testées, elle termine 2e, derrière la IPA, bien sûr.

***

En allant sur le site de l'Alchimiste, deux autres de leurs produits ont retenu mon attention, l'Eisbock et l'Impériale Stout. Elles attisent ma curiosité à souhait, la première étant brassée selon une vieille tradition allemande, et la seconde correspondant à mes goûts, c'est à dire un croisement entre l'amertume d'une IPA et le goût chocolaté de la noire.

Je compte bien les trouver bientôt - et je vous en dirai des nouvelles.

Voilà. C'est déjà tout pour cette semaine. Merci d'avoir été là. Au nom de Bacchus et du Gros Jambon, je vous en souhaite toute une !

Prost !



samedi 3 mars 2012

Vivre avec la viande (comme animal de compagnie)


Bernard Vallat est un vétérinaire français de 63 ans, qui a longtemps inspecté des fermes en Afrique. Il est aussi directeur de l'Organisation mondiale de la santé animale depuis 2001.

Je souligne, au cours des prochaines lignes, quelques moments forts de l'entrevue donnée à Valerie Borde.

Pour tous les détails, c'est L'actualité du 15 mars qu'il vous faut.

***


Sa priorité : « Mieux encadrer les pratiques d'élevage dans les pays pauvres et resserer les contrôles partout dans le monde, pour minimiser les risques sanitaires à l'échelle de la planète. »

« Des milliards de pauvres, qui souvent ne prenaient qu'un repas par jour, entrent dans la classe moyenne et augmentent radicalement leurs rations de viande, d'oeufs et de lait. »

« Dans le monde, on pourrait dire que la viande est un sous-produit du lait. »

À propos des visions simplistes : « Un exemple : dans le monde, il y a 250 millions d'animaux de trait, qui finissent par être mangés. S'ils sont remplacés par des tracteurs, on ne va pas y gagner du point de vue des GES. »

À propos de la croissance des pays en développement : « Sans un encadrement étroit par des vétérinaires suffisamment nombreux et compétents ainsi que des contrôles serrés, on risque de voir apparaître  des pathogènes incontrôlables. »

À propos de la formation : « Sur les 178 pays membres de l'Organisation mondiale de la santé animale, il y en a environ 140 où la formation des vétérinaires est nettement insuffisante. Les gouvernements vont devoir investir dans les universités pour assurer la formation d'une relève compétente, capable de veiller à ce que les élevages intensifs ne deviennent pas des pépinières de microbes. »

À propos des pays riches : « (...) on réduit souvent les budgets des inspections, par exemple en prenant des échantillons au hasard plutôt que systématiquement dans les conteneurs aux douanes. »

« Souvent en toute bonne foi, on donne aux animaux des antibiotiques contrefaits qui ne contiennent que la moitié de la dose annoncée. C'est le meilleur moyen de faire émerger des bactéries résistantes ! »

À propos de manger bio : " Malheureusement, aujourd'hui, il y a beaucoup de charlatans dans ce domaine, qui nuisent à la crédibilité de la filière et trichent allégrement en toute impunité, faute d'inspections. »

***

Ce que l'on mange au resto nous arrive comme ça, devant nous, tout prêt.

Simple et facile.

Ce que l'on se prépare chez nous, quand on s'en donne la peine.

C'est aussi simple et facile.

C'est la route qui mène le contenu de notre assiette à la portée de la main qui est compliquée et parsemée d'embûches.

Il y a quelques temps, si on m'avait dit que manger était aussi politique, j'aurais probablement eu une indigestion.

Aujourd'hui, ça me donne faim.

Terriblement.

vendredi 2 mars 2012

"Vivre sans viande ?"


C'est le titre de la Une de la revue "L'actualité" du 15 mars 2012. Évidemment, je l'ai acheté, me doutant bien que les textes de ce dossier spécial ne se retrouveraient pas en ligne.

Un très bon reportage signé Catherine Dubé - qui est mon sujet d'aujourd'hui. Demain, ça sera au tour de l'entrevue de Bernard Vallat, directeur de l'Organisation de la santé animale, par Valérie Borde, aussi dans ce numéro de L'actualité - somme toute intéressant d'un bout à l'autre - il y a même un article fascinant sur les Mongols.

Dans ce qui suit, je vous présente tout simplement quelques statistiques et citations du reportage.

***

- Pour satisfaire à la demande mondiale de boeuf en 2050 - puisque les pays émergents en veulent, alors que les Occidentaux en mangent moins, il faudra augmenter la production agricole mondiale de 88 %.

- Admettant que la première proposition ressemble à une mission impossible - ou possible, avec en échange des dommages collatéraux irréversibles à l'environnement - une autre hypothèse : la proportion de protéines d'origine animal (viande, fromage et oeufs, par exemple) de l'Occidental moyen devra passer de 30% à 20% (ration quotidienne). C'est-à-dire l'équivalent d'une boulette de boeuf haché, de deux oeufs et d'un morceau de fromage. Donc, l'assiette du carnivore du futur devra être composée de 80% de produits végétaux.

- 23% de la viande de boeuf consommée par les Québécois vient d'ici. 70% de l'Ontario et des provinces de l'Ouest.

- Il y a 6600 entreprises de bovins de boucherie au Québec - dont 112 entreprises sont certifiées biologiques. Il y a aussi entre 100 et 150 entreprises qui produisent du boeuf de créneau - c'est de la viande sans hormones de croissance ni antibiotiques, mais pas certifiées bio - elles représentent 5000 bouvillons par année.

- Au cours des dix dernières années, la consommation de boeufs des Québécois est restée la même pour 57% d'entre eux et a diminué pour 36% de la population.

- La consommation de boeuf, de porc et de poissons et fruits de mer a reculé au Canada au cours des 20 dernières années. Celle de la volaille et du mouton et de l'agneau a augmenté.

- L'abattage au Québec, c'est 179 100 bouvillons et 236 400 veaux.

***

" D'ici 2050, le boeuf deviendra un produit de luxe. Ce sera le caviar de l'avenir." - Henning Steinfeld, représentant de l'Organisation des Nations unis pour l'alimentation et l'agriculture.

" Même si les enquêtes montrent que les consommateurs se préoccupent de leur santé et de l'environnement, au moment d'acheter, c'est le prix qui reste le critère le plus important." - Michel Dussureault, président de la Fédération des producteurs de bovins du Québec.

"Les animaux ressentent la douleur et ils ont d'importantes capacités cognitives : un porc est aussi intelligent qu'un chien, comme le démontrent les travaux de Donald M. Broom, de l'Université de Cambridge. Ce sont des raisons éthiques suffisantes pour ne pas les exploiter." - Élise Desaulniers, bachelière en sciences politiques et auteure du livre Je mange avec ma tête : les conséquences de nos choix alimentaires (Stanké).

" L'élevage industrielle est sous la loupe, et les producteurs dont les animaux grandissent heureux dans les près seront de plus en plus encouragés par les consommateurs." - Renée Dubé, analyste mandatée pour évaluer les tendances agroalimentaires québécoises, par le MAPAQ.

***

" Un animal heureux possède-t-il une chair plus tendre ? "  - Monsieur Jambon, blogueur un peu lent.

" Est-ce bio de manger une végétarienne ? " - Don Boylau, auteur du livre Dans la moule de la société : un consommateur comme les autres.

( Demain : De la discordance)

jeudi 1 mars 2012

Et on mange mieux!


Bon, bon, bon. Revenons à notre sujet de lundi dernier, le film Food Inc. Tout d’abord, je tiens à spécifier quelque chose. Lorsque je disais que ces pratiques se déroulaient aux États-Unis, c’était en référence au film uniquement. Évidemment, vous comprendrez qu’ici, au Canada, rien n’est vraiment différent étant donné que nous faisons partie des pays qui autorisent le plus grand nombre de cultures OGM sur leur territoire.

Selon le site du MAPAQ, en 2004, au Québec, les superficies cultivées avec des semences GM (génétiquement modifiées) représentaient 43 % du total des superficies cultivées pour ces cultures. Et si l’on pense uniquement à la culture du maïs GM, elle occupe à elle seule environ 42 % des superficies ensemencées.

Et si l’on se dit bah, pas grave, moi, du maïs, j’en mange pas, bien je vous invite à revoir le film Food Inc., car du maïs, vous en mangez pas mal plus que vous le croyez. Votre épicerie et les animaux que vous consommez regorgent de maïs sous toutes ses formes.




Pouvons-nous faire quelque chose?

Pas évident de lutter contre les géants de l’alimentation. Certains diront que rien n’a été prouvé concernant les méfaits des OGM. Sérieusement, une compagnie qui se spécialise dans les OGMet qui empoisonne le monde entier depuis des années en vendant divers produits tous plus nocifs les uns que les autres, ça vous rassure, vous? Pas moi. La puissance de ces multinationales au sein du gouvernement non plus. Dans plusieurs pays, l’étiquetage des OGM est obligatoire. Au Canada, rien de tout ça en vue. Au Québec, le député Éric Caire a récolté 11 000 signatures en faveur de l’étiquetage obligatoire. Où cela nous mènera-t-il?

À nous de jouer!

Je ne crois pas être trop optimiste quand je dis que je crois en nos capacités à faire bouger les choses. Un exemple? La Suisse. Le peuple suisse n’a pas attendu que les lois changent en matière de sécurité alimentaire. Ils se sont unis et ils ont exigé des changements. Résultat : la Suisse est une pionnière mondiale en alimentation biologique. La concurrence est installée parmi l’offre biologique et les consommateurs s’en réjouissent puisqu’elle devient, par le fait même, abordable. Au Québec, les compagnies qui offrent des produits biologiques n’attendent que ça, la concurrence. Plus il y aura de demandes, plus l’offre augmentera. Je vous invite d'ailleurs à visionner ce court reportage diffusé à l'émission la Semaine Verte en 2010:



Au quotidien

On s’implique, on en parle. Il est important de s’informer. À l’ère des réseaux sociaux, on peut partager en un rien de temps l’information. Il faut encourager l’agriculture biologique. Ce n’est pas normal que les multinationales soient largement subventionnées et qu’il ne reste que des miettes pour ce qui est bon pour nous. On mérite beaucoup mieux. On mérite des animaux en santé, des vaches qui mangent de l’herbe et pas seulement du satané maïs.

On s’informe sur l’origine de notre viande, de notre poisson, de nos fruits et légumes.

On encourage les productions locales, la viande biologique.

On achète des légumes de producteurs locaux.

On achète les produits les moins transformés.

On se fait un petit potager. Même quelques plants en pot sur le balcon peuvent faire une différence!

Et on mange.

Et on mange mieux.


Pour connaître des alternatives aux produits contenant des OGM que l’on retrouve à l’épicerie :