Une belle petite découverte cette semaine pendant mes recherches et vagabondages sur la Toile.
C’est un livre, une lecture en attendant, ou de quoi lire pendant nos glorieux moments aux cabinets.
Ce qui n’enlève rien à la qualité. Plutôt ça que des revues…
Il s’intitule Food Rules. L’auteur se nomme Michael Pollan.
C’est uniquement en anglais.
Vous pouvez me lancer des tomates. Mais avant de le faire, rappelez-vous que je ne travaille pas au sein d’un conseil d’administration d’une société d’État québécoise.
Merci de votre compréhension.
Ce sont des maximes, des petites règles où clarté et simplicité sont à l’honneur.
Sur ce site – ma source – vous pouvez y trouver des extraits et une vidéo où l’auteur lit quelques passages – sa voix accompagnée d'illustrations appropriées et bien sûr, colorées.
Ma sentence préférée ?
"Don't get your fuel from the same place your car does...Gas stations have become 'processed corn stations': ethanol outside for your car and high-fructose corn syrup inside for you. Don't eat here."
Un sujet d’actualité qui passe sous le radar mais qui pourrait avoir un impact important sur l’offre alimentaire des années à venir : depuis deux ans, le Canada négocie un accord assez étroit de libre-échange avec l’Union européenne, qui pourrait voir le jour d’ici 2013.
D’un côté, il y a Ottawa et ses succursales – ou Papa Fédéral et ses maîtresses provinciales – et de l’autre, Bruxelles, capitale des 27 pays membres de l’UE. Le représentant du Québec est l’ancien PM Pierre Marc Johnson, qui agit tantôt comme un conseiller, tantôt comme un observateur – statut politique du Québec oblige.
On le sait, les pourparlers de ce type d’ententes ne se déroulent que trop rarement – puisqu’il ne faut jamais dire jamais – sur la place publique. Les informations qui peuvent alors nous parvenir sont filtrées et bien souvent, expirées depuis des mois.
Cela dit, côté gros chiffres astronomiques qui dans le fond n’en disent pas tant, cet accord représenterait pour le Québec l’accès à un marché facilité de 500 millions d’habitants et – tenez-vous bien, prenez un gorgée de café ou de ce que vous buvez en ce moment, mais prenez soin de bien avaler – plus de 30 milliards $ par année de contrats publics seulement pour le gouvernement québécois.
Vite, donnez-moi les papiers et dites-moi où signer, crisse !
***
Une minute, s’il vous plaît – pour notre patrimoine.
D’un côté comme de l’autre, les craintes et les interrogations commencent à pointer leurs bouts du nez.
Le député péquiste Alexandre Cloutier : « Si on entre là-dedans, on touche à nos politiques d’achat local, de développement local ; en fait, à notre capacité de mettre en œuvre des politiques de développement économique. À la possibilité, aussi, de préférer des entreprises à caractère social. »
La députée indépendante Louise Beaudoin : « L’intérêt des Européens, ce sont les marchés publics. C’est pour ça que, contrairement à (ce qui se passe) à l’Organisation mondiale du commerce, se trouvent cette fois sur la table les marchés publics des provinces et des municipalités. »
De l’autre côté de l’Atlantique, Frédéric Viale, militant membre du conseil d’administration d’Attac-France, qui redoute un nouveau chapitre 11 de l’ALENA : « Des entreprises qui ont des moyens infinis vont menacer des collectivités locales. »
Le fameux et controversé chapitre 11 de l’ALENA, la bête noire des altermondialistes ! J’en ai glissé un mot lors de mon dernier article.
Par exemple, un État veut bannir un produit, à cause d’un additif nuisible pour la santé ou l’environnement, selon ses lois. La multinationale, qui vend le produit, courroucée, crie qu’il n’y pas assez de preuves et poursuit l’État, qui finira par s’excuser publiquement et par payer des millions $ en compensation.
Et cela vaut aussi pour les dites « préférences locales ».
On s’en doute, ce sont les grosses compagnies qui salivent devant les ententes commerciales, pas les petites entreprises, qui n’ont tout simplement pas les moyens d’en profiter et qui misent sur les ventes locales et régionales. Et ce n’est pas notre ventre qui devrait se plaindre.
D’où là l’importance de nos choix alimentaires. Avec de plus en plus de gros joueurs dans la mêlée, manger n’aura jamais – tu l’as dit ! – été aussi politique.
(Sources : Le Devoir, Gaétan Pouliot, mercredi 7 décembre 2011 ; Le Soleil, Jean-Marc Salvet, mercredi 7 décembre 2011)
Lundi dernier, je vous ai parlé de la PETA et de leur campagne anti-PFK.
Il ne s’agissait pas d’un article pro-PETA, mais bien d’un questionnement sur
ce que l’on désire, nous, comme consommateurs.
Je cite la PETA, de temps à autre, car par ses campagnes provocatrices,
elle attire l’attention sur des phénomènes peu connus en ce qui concerne l’agriculture,
l’élevage et l’éthique animale. Cependant, il y a des moments où je décroche,
comme lorsque suis tombé sur ce jeu en ligne offert dans la section pour enfants du site :
C’est un jeu vidéo, à la manière de Super Mario Bros, où il faut sauver
la princesse Pamela Anderson (porte-parole PETA) du méchant Colonel Sanders. Ce
jeu, adressé aux enfants, montre comment on massacre les animaux dans la vie et
comment les producteurs sont de monstrueux assassins. C’est drôle et à la
limite totalement absurde, si l’on prend ce jeu avec humour. Surtout que ce n’est
peut-être pas des mains du Colonel Sanders qu’il aurait fallu sauver Pamela
Anderson, mais peut-être plus de ses implants mammaires et de ses vidéos
diffusées sur Internet à une certaine époque… D’un autre côté, j’imagine ces
parents granolas qui font jouer leurs enfants à ce jeu afin de répandre la
bonne nouvelle. La viande, c’est mal m’voyez!
Je suis végétarienne, vous le savez, et je n’accroche pas à ces
campagnes de propagande. Pas plus qu’aux vidéos où l’on montre des cas de
cruauté animale extrêmes et isolés comme dans le documentaire Terriens narré par
Georges Laraque. Pourquoi? Parce que je sais ce qui se passe dans les fermes du
Québec. Ce n'est pas rose, évidemment, mais les producteurs, en général, aiment leurs animaux. Il s’agit
quand même de leur gagne-pain! Et, malheureusement, je sais aussi que l’éthique
animale bat de l’aile au Québec et que nous sommes franchement en retard sur
plusieurs pays d’Europe. Les producteurs sont prêts à changer, mais les
consommateurs le sont-ils vraiment?
Peut-être suis-je dans l’erreur ? Peut-être les scientifiques et leurs études se cherchent-ils un peu de crédit sur le dos de compagnies florissantes ? « Retournez à vos maladies, vos déficiences, vos épidémies, bande de ploucs bardés de diplômes ! Le quotidien de l’être humain, on s’en charge ! »
Peut-être les boissons énergisantes sont-elles la panacée, le prochain pas des Hommes vers de nouveaux sommets de l’évolution ?
Le Grand Singe a toujours su s’adapter depuis la nuit des temps. Il a toujours été bien de son époque. Et dans ce cas-ci, les journées passent vite, alors moi aussi. Tu ne te moqueras pas longtemps de moi, vieille horloge !
« Il n’est pas recommandé que les enfants, les jeunes ou les femmes enceintes consomment notre produit. » N’est-ce pas vouloir ralentir, voir même freiner, les futurs exploits des prochaines générations ? Sommes-nous à ce point abattus, terrassés, médiocres et envieux pour empêcher ceux qui nous succèderons de faire mieux et plus rapidement que nous ?
L’humain, en plus de lui-même, a un nouveau compétiteur : l’ordinateur. C’est qu’il devient de plus en plus féroce, limpide, celui-là. Jamais une telle bête ne s’est dressée devant le poilu à quatre roues. Et en plus, même avec de la sauce à spaghetti, ça ne se mange pas, un ordi. Ça, c’est tout un coup bas pour nos instincts.
À constater certains résultats, nous pouvons croire que les sportifs, eux, ils ont compris. Par exemple, les Espagnols. Ils sont partout. Tennis, football, cyclisme, insérez votre sport préféré, ils sont champions. Le mec qui soufflait entre chaque question du journaliste après l’ascension de tant de cols dans les Pyrénées, il y a cinq ans, prend le même scribe par la taille aujourd’hui et lui raconte dans les moindres détails sa course, avec le sourire grand comme ça, sans haleter, sans point ni virgule. Et vous pourrez le voir plus tard dans une émission de fin de soirée, rigolant et prêt à faire la fête toute la nuit.
C’est qu’ils s’y connaissent, les Hispaniques, en taureaux qui voient rouge et qui courent – volent même, qu’ils disent – dans les rues…
***
Par contre, si tout cela n’est que fantasmagories, que la triste réalité est que les médecins et scientifiques posent les bonnes hypothèses, alors, que doit faire la sphère publique devant autant de questions et un peu moins de réponses ?
D’abord, les municipalités peuvent faire comme Amqui. Ne pas offrir de boissons énergisantes dans les lieux publics où ils ont le pouvoir de règlementer. Plus elles seront nombreuses à le faire, plus elles pousseront le palier de gouvernement suivant – par la bande – à légiférer en ce sens. Nos élus ont un devoir envers la santé publique.
Mais les gens continueront d’en acheter ailleurs, me dites-vous. Interdire ou bannir, ce ne sont pas des voies à emprunter, quelque soit le produit. Cela peut pousser à la contrebande et/ou à la qualité suspecte du produit – pensez à la belle époque de la prohibition.
Mieux vaut garder sous haute surveillance les produits que nous redoutons que de les ignorer. Et obliger les compagnies à indiquer clairement ce qu’il y a dans la canette – et ses répercussions.
De plus, la méthode de la brique et du fanal n’est pas à l’abri de l’article 11 de l’ALÉNA, qui permet à toute entreprise multinationale de poursuivre un État qui maltraite son produit. D’accord, ce jour-là, je ne sais pas ce que nos représentants avaient bu pour abdiquer sur ce point-là, mais il ne faut pas l’oublier.
***
C’était une dernière variation sur ce thème…pour le moment. Voici un site français de l’Institut Régional du Bien-être, de la Médecine et du Sport Santé, assez complet sur le sujet. Vous pouvez y accéder en cliquant ici.
(Demain : Dre Tofu)
(Vendredi : On passe à un autre appel. Oui ? Allo ?)
Ça y est. Nous avons plongé. Après
plus de 50 articles, ça allait de soi. Il fallait passer à l’étape
suivante. Quelles seront les prochaines ? Aucune idée. Mais elles
sauront s’imposer d’elles-mêmes.
Voilà. Un bon élan et hop ! Nous voilà sur Facebook et Twitter.
Sur notre page Facebook, vous
pourrez y trouver des liens complémentaires, d’autres vidéos en lien
avec les sujets publiés et quelques fois, peut-être, des surprises. Vous
pourrez aussi communiquer plus facilement avec nous, partager vos
savoirs et expériences, ou nous proposer des pistes ou des idées.
Notre époque est géniale en ce qui
concerne l’accessibilité aux informations. En quelques clics, nous
pouvons dévorer un sujet – ce qui aurait pu prendre une journée entière
ou des heures de recherches folles, il y a à peine dix ans. Les sources
sont maintenant si nombreuses. Suffit de choisir à quelles fontaines
s’abreuver – car il faut un peu se méfier, certaines peuvent être
imbuvables.
Apprendre, découvrir et partager :
pour nous, ce sont plus que des mots-clés, ce sont des symboles qui nous
guident dans la création de chacun de nos articles.
Pour ce qui est de Twitter,
puisque nous sommes peu familiers avec ce moyen de communication, une
période de rodage sera nécessaire. Mais, au bout du compte, en entrant
en contact directement avec plusieurs intervenants du vaste milieu de
l’alimentation, nous ne pourrons qu’offrir un meilleur contenu.
Bref, nous sommes affamés et tout aussi enthousiastes à poursuivre l’aventure avec vous.
Merci de nous lire ! Et merci à l’avance de partager avec nous !
Il y a quelques années, la PETA lançait une campagne
anti-PFK (ou KFC à l’extérieur du Québec), car l’organisme avait remarqué que le
Colonel Sanders n’était pas très tendre avec les petits poulets. En effet,
rares étaient les futures petites croquettes qui avaient la chance de s’étendre
les ailes au réveil et de piailler entre amis autour d’une nouvelle cuvée de
petits grains. Leur réalité était plutôt celle-ci : élevage dans des
endroits surpeuplés et remplis d’excréments, prise de poids trop rapide qui cause la mort,
stress élevé, transport dans des conditions abominables... Voilà la recette
secrète du Colonel!
En guerre depuis 2003, la PETA et PFK semblaient avoir trouvé
un terrain d’entente en 2008 alors que la chaîne de restaurant s’engageait à
adopter de meilleures pratiques d’élevage et une forme d’abattage moins
cruelle. Peut-être que vous ne vous rappelez pas de tout ça, mais vous vous
souvenez sûrement de cette image prise à Québec lors du lancement du burger
végétarien, autre décision prise par PFK pour devenir plus végé « friendly »
(et ne plus avoir la PETA sur le dos avec ses vidéos dégueulasses) :
Et que se passe-t-il maintenant, en 2011?
Dans la plupart des restaurants PKF où je suis allée, ils ne
servent plus le burger végétarien. Puis si je me fie à ça...
Suggestion de costume d'Halloween de la PETA
et ça...
Manifestation des Angry Birds contre KFC
rien ne semble avoir réellement changé…
«La grandeur d'une nation et ses progrès moraux
peuvent être jugés de la manière dont elle traite les animaux » disait Gandhi.
Un camion plein. Faudrait bien le vider. Une façon qui en vaut bien une autre de livrer la marchandise.
Les boissons énergisantes envahissent maintenant les dépanneurs, les supermarchés, les publicités, les bars – notre quotidien. Les compagnies se multiplient et commanditent de nombreux évènements. Elles ont mis le doigt où il fallait sur notre système nerveux. Elles ont trouvé la faille dans notre mode de vie effréné. Devant la charge de petites modifications que peut entraîner le moindre ajustement dans nos allées et venues, elles ont dressé devant nous l’autoroute de la facilité, du remède miracle et de la potion – pensée – magique. Sur quelques années, subtilement, elles ont transformé une demande passagère en besoin vital. Se reposer, bien dormir, c’est pour les faibles. Les forts, eux, majestueux, se démènent dans tous les sens, n’arrêtent jamais – ils saisissent comme un steak l’instant présent.
J’ai consommé.
La première fois, j’étais à l’université. Je devais me taper une de ces dissertations insipides qui fait soupirer l’inspiration. Devant le pavillon où je m’affairais, j’ai bu d’un trait une petite canette d’énergie et deux options se sont alors proposées à moi : ou bien je me mettais à courir autour de l’édifice, ou bien je me jetais devant l’ordi et me débarrassait de ce long texte tout sauf excitant à écrire. J’ai choisi la seconde option et en moins de quatre heures les quinze foutues pages exécrables étaient bouclées.
J’avais marché sur les eaux.
Des années plus tard, je travaille dans un restaurant, c’est l’été du 400e, il y a des gens partout, ça bouffe, on se fait défoncer à tous les jours et je suis là comme un con plus de 50 heures par semaine.
Bienvenue dans le manège infernal. Aucune baisse de régime ne peut être tolérée. Le café ne suffit plus. Une canette, une autre, accélère, fonce – Adrénaline – t’as un beau nom, tu sais ?
Jusqu’à ce que ça déraille.
Le doigt sur le système nerveux, je disais. Et ses perturbations, j’ajoute.
J’ai choisi l’angle personnel jusqu’à l’abus dans ce message. Mais quand est-il d’une consommation quotidienne de boissons énergisantes, plus ou moins modérée ?
Pour alimenter la réflexion, je vous invite à lire les petits articles sur les liens suivants :
Monsieur Jambon n’est pas un vite – des fois. Il n’est pas gêné non
plus : dire que sa découverte de la semaine, c’est le lait biologique,
c’est accuser des années de retard. On dirait qu’il arrive en ville,
qu’il est né de la dernière bordée ou qu’il sort des boules à mites.
Ce n’est pas son seul défaut : il parle un peu trop souvent de lui à la troisième personne.
Cela dit, je – il – vous propose une petite visite guidée dans le monde du lait bio.
Au-delà
de la combine « nous raffolons du lait comme nul autre » - ah ouais ?
-, Natrel nous offre son lait bio en format de un, deux et quatre
litres. C’est celui que j’ai bu, le 2%. Une nette différence avec le
lait ordinaire.
- Comme l’autre, le Lactantia est offert uniquement au Québec et en
Ontario. La pinte est peut-être affreuse, mais ils disent que le contenu
est « bien plus que du lait biologique, car son goût est plus pur et
plus crémeux ». Le lait bio représente 1% des ventes au Québec, il faut
bien pousser un peu…
- Liberté vend même de petits formats individuels – 236 ml. Sur le site,
on insiste beaucoup sur le fait que le lait est « exempt d’engrais
chimiques, de pesticides et d’herbicides ». Et le contenant est
entièrement recyclable !
- J’ai un préjugé favorable pour les petites entreprises régionales. Nutrinor favorise la transformation locale du lait bio produit par
treize fermes du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Fait intéressant, on peut
retracer l’endroit d’où vient le lait sur la pinte, du moment de la
traite à l’embouteillage, en passant par la cueillette à la ferme. Belle
initiative.
- Plus frais que ça, tu tètes à même le pie – perspective pas très
excitante, c’est une vache quand même, pas une femme – excusez-la. La ferme Groleau, située dans les Cantons-de-l’Est, offre un lait qui se
conserve deux semaines seulement après conservation et de trois à cinq
jours après ouverture. Nul besoin de dire qu’il est préférable d’être
sur place. À visiter, si vous passez dans le coin…
En terminant, vous pouvez aller sur le site de Québec Vrai pour en
savoir davantage sur les règles sévères qui régissent la production du
lait biologique.
- Et Cassandre, une très belle vache, qui avait gambadé toute la journée
dans un champ, philosophant sur ce qui se trouve au-dessus des nuages –
ou en deçà des délectables brindilles, rentrait peinarde et joyeuse à la
ferme, où l’attendait Gaston, celui qu’elle surnommait « l’homme à la
chaudière argentée »… (Extrait du roman « Les vaches de ma vie », v.f.
de Life is a bitch par Don Boylau – c’est qui celui-là ?)
Municipalité du Bas-Saint-Laurent, Amqui devient la première au Québec à interdire par règlement la vente de boissons énergisantes dans ses espaces récréatifs. Bravo !
L’Association des embouteilleurs de boissons gazeuses du Québec (AEBGQ) n’est pas contente, oh que non ! Son « conseiller spécial » prétend que la ville a pris sa décision sur des « prémisses erronées » et qu’il n’y a aucune étude qui fait un lien entre l’obésité et un aliment en particulier.
Aucune étude ? Elle est bien bonne. Si plusieurs nations du monde commencent à taxer vos produits, monsieur – voir mon article publié en octobre – ce n’est certainement pas parce qu’ils vous ont pigé au hasard, puis consternées, ont soufflé : « Dommage, c’est leur tour ! » Si, en plus, elles veulent consacrées ces nouvelles sommes recueillies à la lutte contre l’obésité, c’est qu’elles doivent se baser sur quelques faits. La Coalition Poids, ce n’est pas un club d’haltérophiles !
Aussi, l’AEBGQ se dit outrée « que des pouvoirs et des fonds publiques (sic) soient utilisés afin de ternir injustement l’image (snif) de certains produits et marques et ce en absence de tout fondement ».
Méchante Amqui ! Tu mérites trois coups de bâton ! Gaspiller des fonds publics pour nuire aux bonnes intentions des entreprises privées qui veulent seulement notre bien – dans ce cas-ci, vous dormirez quand vous serez morts !
Le privé et son monopole de la vertu. Un sacré bon gag ! Quand les affaires vont bien, il se pavane. Quand il est dans le trouble, il cogne à la porte de l’État et il quête l’argent public. Très bien placé pour donner des leçons…
D’ailleurs, l’Association s’est inscrite au Registre des lobbyistes. « Bonjour Monsieur le Député, vous me semblez fatigué après cette dure journée…J’ai justement quelque chose pour vous… ».
***
C’est une demande du Comité d’action Matapédia en forme qui s’est transformée en règlement. Le Maire d’Amqui, lui, n’est pas ébranlé du tout par les attaques de l’AEBGQ : « Je trouve ça cavalier la façon dont on nous aborde ; c’est une grosse organisation qui veut faire taire (ceux qui ont des opinions divergentes), ils osent prétendre qu’il y a juste leur discours qui est le bon, mais on a vu neiger. » Du même souffle, il invite d’autres maires et mairesses à faire pareil.
***
Les réactions n’ont pas tardé le lendemain de la publication de la nouvelle. La Coalition Poids – qui regroupe 150 partenaires autour de la problématique de l’obésité, je le rappelle – est prête à soutenir une mobilisation pour appuyer Amqui. Puis, réunis aux Journées annuelles de la santé, des représentants des milieux de la santé, de l’éducation et du monde municipal étaient tout aussi prêts à soutenir la ville, par des lettres d’encouragement ou par d’autres façons.
Devant cette levée de boucliers, l’AEBGQ s’est calmée un peu. Dans une lettre au maire, elle reconnaît « qu’il est de la responsabilité des villes de décider de ce qui peut et doit être vendu dans leurs propres établissements ».
Bien sûr.
Et on y reviendra.
(Sources : Claudette Samson, Le Soleil, mercredi 30 novembre et jeudi 1er décembre 2011)
Aujourd’hui, je vous montre mes petites
trouvailles loufoques sur Etsy, un site de création «handmade» où il est
possible de passer des heures et des heures…
La bouffe est réellement partout! Que commanderez-vous pour
Noël?
J’avais remarqué cette manie chez papa. Vers minuit, il descendait à la cuisine, se versait un grand verre de lait et s’attaquait à une boîte de gâteaux. Disons-le, il se gâtait.
Dans ma tête de petit garçon, j’ai dû me dire : « S’il le fait, alors pourquoi pas moi ? ». On apprend beaucoup par mimétisme à cet âge-là - plus tard aussi, d’ailleurs. C’est fort, la psychologie.
Peut-être je me disais, comme ça, que c’était là une belle occasion d’avoir une activité père-fils. C’est qu’on ne se voyait pas souvent. Il travaillait, j’allais à l’école ; le jeudi, je l’accompagnais à l’épicerie et tous les soirs, je jouais dans le sous-sol et lui dans le salon – à Tetris, sur le bon vieux Gameboy.
Alors, une de ces nuits, je me suis retrouvé à la cuisine, je me suis versé un grand verre de lait et j’ai ouvert une boîte de gâteaux, que j’ai laissé au centre de la table. Puis, je l’ai entendu descendre les escaliers. Qu’allait-il faire ?
Il a fait comme d’hab. Il n’a pas dit un mot. Je le regardais par-dessus mes lunettes, en silence. Son rituel semblait être calculé au quart de tour. Peut-être était-il somnambule ?
Chacun à son bout de table, on bouffait des gâteaux et on s’envoyait des lampées de lait. Puis on se racontait notre journée.
Puis, une fois rassasiée, on retournait se coucher. Et j’étais ravi. J’avais passé un moment fort agréable avec papa.
***
Le lait est un vieux comparse, un compagnon d’apprentissage. Et il se marie bien avec la nourriture en bouche.
Comme avec les biscuits.
Ça, c’était ma routine. Je rentrais de l’école, saluais ma grand-mère, discutais un peu, prenais le journal, la pinte de lait, la grosse boîte de biscuits et m’installais au bout de la table. Et je lisais tout en me régalant. Seulement le cahier des sports, les premières années, puis, en vieillissant, le journal au complet – sauf la section économique, parce que je trouvais ça plate. Et puisque c’était un peu plus long comme lecture, alors je bouffais une rangée de biscuits de plus. Ensuite, j’étais fin prêt et j’allais rejoindre mon pote Simon, puis on jouait au hockey le restant de l’après-midi.
Suffit d’y repenser et j’y vois là un moment fondateur de ma personnalité. Encore aujourd’hui, quand je me tape une revue de presse dans le but de trouver un sujet pour un prochain message que vous finirez par lire sur ce blogue, j’aime bien accompagner ma lecture d’une boîte de biscuits et d’un verre de lait.
Toutes ces histoires pour vous présenter mon sujet et ma découverte de la semaine : le lait biologique. Oui, j’ai basculé. Oui, j’ai osé mettre quelques sous de plus pour assouvir ma curiosité – ok, il était en spécial et dans ce temps-là, la petite gêne prend le bord.
Alors, je retourne à mes recherches, je vais faire mes devoirs et je reviens là-dessus.
L’instant d’un message, j’aurai bercé mes illusions.
Une fois statistiquement reconstituée, le Canadien moyen doit ressembler à un pauvre taré irresponsable. Qu’il se console lorsqu’il aura cessé de fixer son nombril, il n’est pas si différent de la personne moyenne ailleurs dans le monde, à la différence près qu’il se vautre dans son estomac plein, alors que celui des pays sous-développés, bien abusés, ou en voie de développement, chante et gargouille des mélodies affamées.
Un petit hors d’œuvre avant de s’attaquer au plat principal. Il y a plus d’obèses que de malnutris dans le monde : 1,5 milliards versus 925 millions*. Belle victoire pour le capitalisme, dans des circonstances difficiles. Ses leaders s’emmurent dans un rue rien qu’à eux et ses adversaires se déguisent en zombies pour se moquer de ses partisans.
***
Avertissement : Les prochaines statistiques datent de l’an de grâce 2008. Admission générale.
Ils se mangent de plus en plus de fruits au Canada. On peut apprécier le fait que les bleuets, les baies et les canneberges – que l’on peut produire ici – ont la cote. Mais c’est le règne de l’orange - un fruit importé, cueillit même pas mûr, congelé dans des camions, de retour à la température ambiante dans nos épiceries, empiffrez-vous, qu’ils disaient. Une dent contre l’orange, contre l’importation ? Non, plusieurs. Quand je mords dedans pis que ça jute partout.
On raffole du yogourt. À coups de million$, Danonenous martèle bien. Et nous, nous ne lâchons pas le morceau.
Il se mange plus de poulets – le colonel, il danse, regardez-le, il veut de l’attention – autant de porcs – maintenant moins gras, grâce au programme canadien À nous les médailles, créé pour les prochains olympiques porcins – et moins de bœufs, d’agneaux et de veaux – ça doit être parce qu’ils ne savent ce que l’on fait avec les entrailles et les restants – voir yogourt.
Toujours plus de riz, mais moins de légumes. Pourtant, c’est un bon exemple d’un match parfait. Avec du tofu ou du sanglier, c’est selon.
Célébrons l’asperge fraîche, une consommation deux fois supérieures à ce qu’elle était il y a vingt ans.
Mais demandons-nous ce que l’on pourrait grignoter de plus que des croustilles ou des patates frites, lors de l’occasion de notre choix - c'est une question miroir, vous savez.
Alors, qu’est-ce que l’on boit, avec tout ça ? Plus de vins, autant de bières – respectivement 15 et 77 litres par habitant – c’est ça, l’hiver canadien, une fois à l’intérieur, on se réchauffe - bienvenue chez nous !
Alors, voilà pour le tour d’horizon. Toute l’informationici.
N’avez plus qu’à choisir, maintenant. Qualité ou Quantité ?
*Source : Fédération internationale de la Croix-Rouge. Chipée dans L'Actualité, décembre 2011.
Aujourd’hui, lendemain de veille, je vous parle de mes
soirées vins et fromages. Des soirées où tu pars avec de bonnes intentions :
« Ce n’est pas parce qu’il y a BEAUCOUP de vin que je vais forcément tous
les goûter jusqu’à me rouler par terre! » Des moments où tu hésites :
« Je crois que je ne vais pas trop manger avant d'y aller, il y aura plein
de fromages, de fruits, de noix et de pain… c’est comme un
souper! »
Erreur numéro 1, tu goûteras à tous les vins. Erreur numéro
2, tu ne feras que goûter à tous les vins.
Alors, je ne mange
pas trop de fromage à cause de mon intolérance au lactose, pas trop de noix
parce que ça pogne dans les dents, pas de raisins parce qu’il y a en a déjà
bien assez dans mon vin et finalement, le pain, j’en mange une quantité
phénoménale à un moment parce que je me retrouve en face d’une personne bien
ennuyante qui se met à me parler des auditions de Star Académie. Résultat :
lendemain difficile et promesse de ne plus jamais manger de fromage de ma vie,
car évidemment, c’est lui le coupable!
Mais le fromage n’est pas rancunier, il sait que je
flancherai à nouveau un jour ou l’autre devant une belle lasagne ou une bonne
pizza. Par contre, ce qu’il ne soupçonne pas (il n’est pas très perspicace), c’est
la découverte que je viens de faire… Je sais maintenant comment on fait cailler
le lait! Dans tes dents, Fromage!
Vin et jus d’estomac
Je ne sais pas si c’est l’ivresse de ces soirées qui m’avait
caché cela, mais jamais au grand jamais je ne croyais retrouver du jus d’estomac
dans mon fromage. Vous non plus? Pourtant, dans bon nombre de fromages fabriqués
ici au Québec (et ailleurs, évidemment), on retrouve de la présure animale qui
est une enzyme extraite du quatrième estomac de jeunes ruminants abattus avant
sevrage. Cette enzyme qui contient de la chymosine et de la pepsine sert à la coagulation
du lait. Pis non Brenda, on ne peut pas aller chercher la petite enzyme dans l’estomac
du jeune veau sans le tuer au préalable. C’est comme la fourrure ça, on ne fait
pas juste l’enlever à l’animal qui retourne gambader dans les champs pour la
mettre sur ton dos.
Alors, ça commence de cette façon :
Je viens de naître, je suis beau, mes enzymes digestives m’aident à faire cailler le lait de maman dans mon estomac!
Na na na hé hé hé good bye!
Et ça se termine comme ça :
R.I.P Petit veau heureux
On fait un choix
Bon, c’est vraiment horrible comme façon de procéder, mais j’aime
quand même le fromage, que faire? Heureusement, il y a d’autres façons de faire
coaguler le lait. On peut utiliser des enzymes d’origine végétale ou
microbienne, ces dernières étant les plus utilisées comme alternative à la
présure animale. Puis, on lit les étiquettes. Si c’est écrit « présure »,
il est presque certain que c’est de la présure animale, car ceux qui n’en utilisent
pas prennent la peine d’inscrire sur leurs paquets « enzymes microbiennes » ou « sans présure animale » (comme avec le colorant, vous vous souvenez?)
Déceptions
Malheureusement, j’ai eu beau chercher et chercher sur le
Net et sur le site du gouvernement, je n’ai pas réussi à trouver une liste de
fromages québécois qui ne contenaient pas de présure animale. De telles listes
circulent en France, mais ici… Si vous en trouvez une, faites-moi signe! Il y a
beaucoup de fromages mozzarella, cheddar et suisse qui ne contiennent pas de
présure animale, mais du côté des fromages à pâte molle, j’ai beau fouiller sur
le site des Fromages d’ici, ce n’est vraiment pas évident à trouver…
Je vous laisse sur cette chanson de Philippe Katerine (pour copier Monsieur Jambon), parce qu'en écrivant cette chronique, je ne pouvais m'enlever de la tête «et qui dansais en maillot de bain dans la rue parce que j'étais bourré»...
J’ai une plume aiguisée entre les dents aujourd’hui. Et une autre – plus grande – entre les mains. L’écume aux lèvres, entouré de meutes publicitaires : qu’ils y viennent !
Ils sont partout, ces chantres de la pub, ces vendeurs de pacotilles, ces gens qui nous prennent pour des lanternes. Ouvrez vos bouches, bonnes gens, que l’on déverse nos slogans, nos désinformations, nos dits nouveaux produits naturels, nos chants de sirènes vierges et offensées, nos papas qui sont plus forts que les vôtres.
Ils sont partout : dans les journaux, à la télé, sur la toile, dans les chiottes – plus moyen de pisser en paix ! Ce qu’ils nous disent, derrière des formules léchées : vous êtes des demeurés, des incapables, vous avez besoin de nous, achetez avant qu’il ne soit trop tard, avant que votre voisin se pavane devant vous avec rien de plus que son sourire innocent – procurez-vous ces dents séchées, tant par mois, obtenez-les tout de suite, changez le mal de vivre de place – nettoyage gratuit si vous payez comptant !
Des experts se prononcent : quel est le meilleur café dans les grandes chaînes du pays ? Rien à foutre. Le meilleur se trouve à deux coins de rue de chez moi, à la brûlerie, et bientôt, sortant tout chaud de mon torréfacteur.
On veut me faire croire que les porcs ont changé, qu’ils sont moins gras. Quoi ? Ne me dites pas…Ils font de l’exercice ?
Mangez du yogourt, une bouchée et votre future taille svelte va se mettre à danser. On le recommande aussi à vos enfants. Notre produit est gavé de pro-biotiques, ce qui sert aussi à engraisser les poulets et les cochons plus rapidement, mais ce n’est pas grave. Du moins, tant qu’il n’y aura pas un scientifique pour nous démasquer.
- As-tu vu la pub, là, tu sais celle-là, tellement drôle…
- Non, monsieur. Je ne l’ai pas vu. En passant, votre temps de parole est écoulé. Vous pouvez disposer.
***
Je me répète et qu’on se le dise, je n’ai pas la télé. C’est un choix. Ce qui ne m’empêche pas de penser à vos centaines de canaux et à tout le matraquage publicitaire qui les accompagne.
Quand je vais chez ma mère, par exemple, et que je regarde la télé, manette dans la main, dès qu’il y a une pub, zappe, je change de poste. Maman se croise les bras. Elle n’aime pas ça. Je m’excuse, ma très chère. Je suis allergique.
Des fois, j’oublie ce que je regardais et je me stationne à un autre poste – jusqu’à la prochaine pub. « Tu n’écoutais pas cette émission, tantôt ? », qu’elle me dit. Ah, c’est vrai, les fichues pubs doivent être finies. Et j’y retourne, un peu, puis zappe ! Le nouveau produit bouffe super chouette, « tu m’auras pas ! »
Pour conclure, une citation, datée de 1951, de l’essayiste canadien Marshall McLuhan, pour appuyer mon propos :
« Notre époque est la première où des milliers d’esprits parmi les plus brillants ont pour travail à plein temps de pénétrer l’intelligence collective pour la manipuler, l’exploiter, la contrôler. L’exposition constante aux ornières de la publicité et d’une grande partie du divertissement plonge le public dans un état d’impotence mentale. (…) Comme ces forces commerciales sont beaucoup plus riches et influentes que nos pauvres écoles et universités, il serait approprié de renverser le processus et d’aider le public à devenir conscient de l’opération qu’on lui fait subir d’une manière subliminale. »
- Dans The Mechanical Bride
J’ai choisi mon camp et tout ce que je veux, c’est la vérité, donnez-moi de la vérité…
Une vieille nouvelle, datée de fin septembre. Une étude du groupe Tout le monde à table - une initiative d’Extenso (Université de Montréal) – qui concerne les comportements alimentaires des familles québécoises. Quelques 32 000 réponses dans 79 villes du Québec.
En général, les chiffres, on peut les tourner de tous les côtés, les faire parler, ils peuvent faire des courbettes sur demande ou faire les yeux doux. Mais bien souvent – une fois décortiqués – ils sont révélateurs.
44 % des parents ne savent pas, à 17 h, trois jours sur sept, ce qu’ils mangeront pour souper. Si ce n’est pas de l’improvisation, ça. Ça peut donner de merveilleux résultats, comme ça peut donner du n’importe quoi – ou une visite au restaurant, ou une livraison – vite, sortons la carte de crédit !
C’est bien sûr le manque de temps qui est le principal obstacle à manger sainement, chez 35 % des parents. Et pour 21 % d’entre eux, le dit manque de temps fait partie du scénario de préparation du repas – courons, ces petits chérubins ont faim, Constance est sur le bord de perdre connaissance, non Louis, pas la jarre à biscuits !
***
- De quoi tu parles, le célibataire ? Tu ne sais pas c’est quoi, avoir des enfants !
- Mais j’ai déjà eu une famille, j’ai déjà été enfant ! - C’était dans les années 80… - Ah ! Le bon vieux temps !
***
Comme tous les parents, les nôtres étaient débordés. Et on en a bouffé, des viandes froides, du macaroni à la viande, du hamburger helper, des saucisses avec des patates, du steak haché ou non, etc. Et les vendredis, on allait tous admirer les chutes de Montmagny, en ingurgitant du poulet frit ou notre trio favori du McGilles – pas le gars de la télé, le resto.
C’est là que la génétique m’a sauvé. Je pesais encore 135 livres en sortant de la douche à 17 ans.
***
Une famille sur deux dit manger en famille, sans la présence de la télévision. Mais 34 % ne peuvent se passer des émissions passionnantes sur l’heure du souper – nommez-les !
***
Nous, on mangeait en famille. Je n’y ai peut-être pas appris à cuisiner, mais j’ai fini par comprendre qu’il ne fallait pas parler la bouche pleine. Et aussi, en fixant le revers de la main menaçant de Papa, que saper, ce n’était pas cool…
***
D’ailleurs, 56% des enfants disent ne pas cuisiner régulièrement avec leurs parents. L’étude propose – entre autres – le retour des cours d’économie familiale.
Que de souvenirs, ces cours-là. C’est une ancienne bonne sœur qui nous les donnait. Je n’en ai pas tiré grand-chose, à part le fait – indéniable – que je la faisais suer !
Bien d’accord, pour le retour de ces cours. Mais, au secondaire, il est peut-être un peu trop tard.
Et si des chefs faisaient des tournées bimensuelles au primaire ? C’est bien beau les voir aller à la télé, mais en vrai, en personne, c’est beaucoup plus fascinant – et intéressant. En tout cas, plus qu’une bonne sœur…
Son nom, c’était Arthur. Il avait une compagne, Antoinette. C’étaient des cochons. Ils vivaient ensemble dans la grange à l’oncle Normand. Et ce n’était pas très romantique. Arthur était castré – alors on oublie ça, les cochonneries. Ce n’était pas le but de l’expérience, de toute façon. Fallait simplement qu’il grossisse, Arthur. Qu’il bouffe sans arrêt.
Chaque fin de semaine, on allait le voir – on les avait les activités familiales dans les années 80. Moi, Freluquet Jambon – c’était mon sobriquet à l’époque – je constatais à l’œil que l’expérience fonctionnait et je l’imaginais déjà en pièces détachées dans mon assiette. De son côté, Petite Tofu – elle n’était pas encore docteure – le caressait, lui prodiguait des conseils, lui racontait sa journée et le trouvait cute.
Puis, un jour, j’ai ouvert le gros congélateur dans le sous-sol et j’ai trouvé des petits paquets avec le nom « Arthur » inscrit dessus. On allait se nourrir de ce bon vieux Arthur pendant quelques années. J’étais un visionnaire.
***
Au cours des cinq dernières années, le nombre de fermes porcines a diminué de 26 % au Québec. Mais il y a 9% plus de porcs. C’est froid, l’hiver québécois. Mieux vaut être bien entassé pour se réchauffer.
Il y a moins de fermes indépendantes – celles où les cochons sont moins nombreux, où on les connaît tous par leurs petits noms. Elles sont passées de 916 à 756. Et il y a autant de ce qu’on appelle « entreprises porcines à forfait », ou « producteurs industriels », ou même « producteurs à cravate », soit 291.
Ces entreprises à forfait, c’est l’intégral : une ferme, une meunerie et parfois un abattoir. Un tout-inclus. « Ils peuvent posséder des centaines de milliers d’animaux disséminés dans des dizaines de fermes différentes ». Dans ce contexte, la parenté entre les verbes « disséminer » et « décimer » semble plus qu’assonante. Elle est plutôt assommante – François Pérusse, ce n’est pas le moment…
Au fait, le Québec, c’est une production de 7,7 millions de porcs par année. À chaque Québécois, son cochon.
***
Ceux-ci n’ont pas bonne presse, ni bonne réputation. « Tu manges comme un cochon », « ce pervers est un sale porc » ou « vite, ta bouteille, dans ton manteau, vite, v’là les cochons ! ».
À en croire les nombreuses expressions, l’homme semble indissociable du cochon.
Les Romains disaient : « L’Homme est un loup pour l’Homme »
« Homo homini porcus », aujourd'hui je dis.
(Source : Le Soleil, « Moins de fermes, plus de bêtes », jeudi 24 novembre 2011)
Une chanson pour résumer ma pensée, écrite entre les lignes dans ce message. Piggies, des Beatles, par George Harrison.
Comme je le mentionnais lundi dernier, il m’est arrivé de
manger du yogourt à la viande. En fait, j’aurais pu dire des bonbons à la
viande, de la confiture de fraises à la viande, du jus de fruits à la viande… Bref,
de la viande, même si je n’aime pas ça, j’en mange souvent malgré moi.
La gélatine
La gélatine, vous le savez, c’est une protéine qui ne goûte
rien, ne sent rien et qui n’a l’air de rien. Par contre, une fois dissoute dans
l’eau chaude et refroidie, elle se transforme comme par magie en gelée. Tadam!
Et on trouve ça où la gélatine?
Bon, si vous avez un minimum de perspicacité, vous vous
doutez bien que les animaux ont un lien avec tout ça. On ne va pas cueillir de la
gélatine comme on cueille de la salsepareille sur un petit arbrisseau en
discutant de la nouvelle coupe de cheveux de Gargamel avec le Schtroumpf coquet.
Non, non, non. Parler de gélatine, c’est accepter de refouler ces images
bucoliques.
Parce que la gélatine, ça vient du collagène de la peau du
porc ou du bœuf, des os, du cartilage, des ligaments… une vraie saucisse
hot-dog quoi! Puis on aime tellement ça, qu’on en produit 250 000 tonnes
par année dans le monde.
Je m’en fous! Moi je crois les industries, ils connaissent
ça beaucoup plus que toi!
Et vous avez raison, car sur le site Gélatine.org, qui est
en fait le GME (Gelatine Manufacturers of Europe), ils savent reconnaître en
quoi la gélatine est siiiiiii importante pour notre santé, chose que je n’aurais
même pas été capable de faire :
·La gélatine, protéine pure, ne contient pas de lipides, de glucides ou
de cholestérol.
·Contrairement à de nombreuses autres protéines, elle est considérée
comme une protéine non-allergène.
·Grâce à ses propriétés multiples, la gélatine peut aider les
formulateurs à développer des aliments plus légers et plus agréables tout en
préservant le goût et la texture de ceux-ci.
·La gélatine est un aliment à part entière (tout comme la farine et le
sucre) et n'a pas d’E-Number.
Wouah, un aliment à part entière comme le sucre,
génial! En plus, la gélatine est tellement hot que l’industrie tente de nous
faire croire qu’elle est irremplaçable :
«Certaines des
propriétés de la gélatine peuvent être substituées, mais sa multi
fonctionnalité, qui permet de modifier de manière sensible les propriétés des
produits dans lesquels elle est utilisée, est pratiquement irremplaçable.»
Désolée, je dois prendre une pause, on essaie trop
de me prendre pour une conne ici…
Ça m’écoeure tout ça, que dois-je faire?
Malgré ce que l’industrie laisse entendre, il
existe bel et bien des produits de remplacement. Pensons simplement à la
pectine (on la retrouve souvent dans les gelées et les confitures), le konjac (une
plante que l’on retrouve surtout en Asie dans les jujubes) et l’agar-agar qui
est selon moi, un ingrédient de choix pour remplacer la gélatine. Fait à base d’algues,
on peut le trouver facilement dans nos épiceries (si vous n’en trouvez pas
parce que votre épicerie est trop cheap, demandez-le!). À mon IGA, je l’ai
trouvé sous forme de poudre :
Mais on peut aussi le trouver sous cette forme :
Je l’utilise!
Voici une recette de Jell-O sans gélatine super
bonne et santé
1 litre de jus de fruits non sucré
2c. à thé d’agar-agar
Mettre le jus de fruits dans un petit chaudron. Délayer l’agar-agar dans
le jus de fruits. Porter à ébullition deux minutes. Mettre au réfrigérateur
pendant au moins deux heures. C’est tout!
***Ah oui, pour le yogourt sans gélatine, ce n’est pas facile à trouver
à l’épicerie. Jusqu’à maintenant, je n’ai trouvé que le Liberté…***
On le sait. L’argent n’a pas de couleurs, pas d’odeurs, peu ou pas de visions à long terme, pas de sentiments. L’automate domestique parfait pour ceux et celles qui ne vivent que pour et par lui.
Il y a quelques jours, une nouvelle réforme du président Obama était taillée en pièces par la majorité républicaine de la Chambre des Représentants, par pure partisannerie. Celle-ci concernait l’amélioration de la qualité de l’offre alimentaire dans les écoles américaines, souhaitée par l’Institut de la Médecine et le Département de l’Agriculture.
Ces derniers proposaient – entre autres – qu’au moins une demi-tasse de sauce tomate soit considérée comme une portion de légumes. Ce qui est trop de sauce à disposer sur une mini-pizza. Les lobbys des pizzas surgelées, des patates et du sel sont alors devenus furax et ont cogné aux portes des représentants républicains, qui n’en demandaient pas tant.
Bref, la portion de sauce est maintenant de deux cuillères à soupe et la plus simple des pizzas devient un repas santé. Et les grosses industries – citées plus haut - qui font des affaires d’or avec les écoles, vont continuer d’engraisser les petits américains.
Au fond, elles se fichent bien qu’un enfant sur cinq de l’âge de cinq ans soit considéré obèse aux États-Unis.
Malgré cela, mon bonnet d’âne revient à certains districts scolaires qui jugent que cela coûte trop cher de manger mieux et qui marchent main dans la main avec les grosses industries. De beaux exemples pour la jeunesse…
***
L’argumentaire des grasses industries tourne autour du fait que les enfants aiment manger des pizzas et des frites et n’aiment pas manger des légumes. Celui des conservateurs est qu’on ne doit pas dire aux enfants quoi manger.
Qu’ils ne se mettent pas à chanter, ceux-là, car ils faussent avant même d’ouvrir la bouche.
***
Je m’apprête à dire du bien de l’armée américaine. Notez bien la date, l’heure et l’année. Car c’est aussi rare chez moi que le passage de la comète de Halley.
Les gens qui sont préoccupés par la santé alimentaire des enfants ont pu découvrir dans tout ce débat des alliés pas du tout traditionnels : des généraux de l’armée.
Ces derniers estiment qu’il en va de la sécurité nationale, puisque l’obésité vous fait éviter le service militaire. Donc, plus d’enfants obèses, moins de recrues.
Je vous laisse sur les commentaires d’un général à ce sujet. N’oubliez pas de noter la date, l’heure et l’année.
« We are outraged that Congress is seriously considering language that would effectively categorize pizza as a vegetable in the school lunch program. »
Monsieur Jambon aime bien débattre d’un tout et d’un rien autour d’un bon repas. Ajoutez à cela une caisse de 12 et quelques bonnes bouteilles de rouge – ou tout simplement une bouteille de Ricard – et le voilà lancé dans de nouvelles péripéties oratoires.
Sans plus tarder, voici la question d’aujourd’hui.
La tomate : est-ce un fruit ou un légume ?
***
Intuitivement, d’un côté, puisque ce n’est pas sucré comme une fraise, c’est un légume. De l’autre, si on se fit à sa définition botanique, c’est un fruit – comme les concombres, d’ailleurs. Selon l’encyclopédie Encarta, un fruit est « the ripened seed-bearing ovary of a plant. It is usually considered to be sweet and fleshy, as in plums, but may be dry, as in poppies, or be a simple edible supporting structure, as in strawberries. »
L’intuition ou la science ? N’importe quel esprit rigoureux opterait pour la seconde option. Simple réflexion, mais pas pour les Ricains.
Voici la petite histoire de la tomate, chez nos impayables voisins du Sud.
***
En 1883, le Congrès américain vote une loi protectionniste qui impose une taxe de 10% sur les importations de légumes. Un importateur de tomates – un p’tit vite – saisit la balle au rebond et tente de se soustraire à la loi en prétendant que son produit est un fruit. S’en suit une course folle…heu…un affrontement à tous les paliers du système judiciaire américain, jusqu’en Cour Suprême.
Dix ans plus tard, l’instance la plus haute du pays rend son jugement : la tomate est un légume. Même si sa définition botanique indique que c’est un fruit, les juges considèrent que la classification des vendeurs et des clients prime et puisque ceux-ci prétendent que la tomate est un légume, alors l’affaire est ketchup.
***
Malheureusement, il n’y a pas cet extrait dans la Bible, qui aurait pu influencer les juges autrement :
« Jésus venait de prononcer un discours inspiré sur les vertus d’être non-monogame et sur les effets bénéfiques sur la santé d’être poly-amoureux – aimer votre présente comme vos prochaines.
Les pharisiens, qui n’appréciaient pas du tout, cachés dans un coin, attendirent qu’il se la boucle et le bombardèrent de tomates. À cela, le Seigneur, après s’être essuyé le visage et s’être admiré un peu sur la serviette, répondit :
- En vérité, pharisiens, je vous le dis, conservez ce FRUIT de mon Père pour en faire des pizzas et ne le gaspillez à la figure de son Fils. »
Ah ! Comme certaines paroles auraient pu changer la face du monde !
Quand j’ai un petit creux, l’après-midi, j’aime bien
engouffrer quelques petits bonbons aux insectes. Comme dessert, au souper, le
yogourt à la viande comble généreusement mon apport en protéines. Et que seraient
mes nombreuses soirées vins et fromages sans mon jus préféré d’estomac de veau?
Le colorant alimentaire rouge
Sur votre emballage de bonbons préférés est écrit « colorant
naturel ». Rassurés, vous vous dites qu’au moins, ce ne sont pas des
colorants artificiels nocifs qui risquent de vous pourrir la vie. Par contre, « naturel »
ne veut pas nécessairement dire « à base de plantes ». Dans ce cas-ci, il
se peut que ledit colorant soit le colorant rouge E120 créé à base de
cochenilles.
Coche…quoi?
Le mot cochenille désigne une grande famille d’insectes qui
parasitent les végétaux. Malheureusement pour elles, l’égalité des sexes n’est
pas encore très répandue dans leurs forêts d’Amérique du Sud et du Mexique :
les femelles doivent donc se faire sécher afin de laisser extraire de leur
petit corps, du carmin, un colorant rouge utilisé dans l’alimentation.
Du colorant rouge, on en retrouve partout dans les produits
transformés. Cependant, au Canada, les fabricants ont le droit d’écrire tout
simplement « colorant » sur les emballages et non pas le nom du
colorant spécifique utilisé. Alors mangeons-nous ces petites cochenilles
écrabouillées ou du colorant rouge « Allura » (rouge 40), un colorant
azoïque dérivé du pétrole récemment associé au syndrome de l’hyperactivité chez
les enfants?
Pas moyen de le savoir à moins que cela soit écrit sur
certains emballages...
Du E120! Des cochenilles! Dans mes délicieux…
Beurk, je ne veux plus manger de trucs rouges!!!
Des solutions? On privilégie les colorants naturels tels que
la poudre d’urucum, le jus de betterave, le paprika, le curcuma, le thé matcha,
etc. Bizarrement, les compagnies qui produisent des aliments contenant ces
colorants affichent clairement leur provenance. Tiens donc…
Solution numéro deux : on consomme le moins possible de
produits transformés et davantage de produits biologiques. En plus de réduire
votre apport de colorants non identifiés, le choix de produits sera pas mal
meilleur pour votre santé!
Par contre, cela n’aura aucune incidence sur votre
coloration de peau…